LA CRIQUE DE BURURI : Qu'est que c'est ?

Concrètement, tout commence à la période postcoloniale, par la prise du pouvoir en 1965 de cette crique qui est représenté par une oligarchie politico-militaire imbue d’une idéologie de supériorité "raciale" et insoucieuse des problèmes de société burundaise, qui personnifie excessivement le pouvoir par les chefs militaires qui se sont succédés issus de la même ethnie (tutsi), du même clan (hima), de la même province (Bururi) et des mêmes communes (Rutovu , Matana et Vyanda. ), qui est un processus de "patrimonialisation" des ressources du pays où le pouvoir d’Etat est l’unique moyen d’accumulation privée de richesse. Il s'agit bien d'une mainmise ethnique, clanique et/ou locale très rude sur tous les secteurs importants de la vie nationale : l’économie, l’éducation, l’administration publique et parapublique, notamment la justice, l’information, la sûreté de l’Etat, l’armée, la gendarmerie nationale, la police municipale, etc . C'est cela qui est pratiquée au Burundi depuis le milieu des années soixante. Dans ce contexte, la minorité Tutsi est privilégiée, jouit en permanence de passe-droits : postes de haute responsabilité, avantages extra-salariaux, commissions occultes, crédits sur crédits, extorsions de terres paysannes, etc.

Un dès procédé que cette crique a utlisé pour régner sur le Burundi, c'est le fameux "génocide intellectuel" (parti intégrante du plan SIMBANANYE, premier projet de la 1ère République Burundaise)qui a ainsi fonctionné, des années durant, sans susciter la moindre esquisse de réprobation chez les Tutsi hors jeu:les Banyaruguru. Mais vers la fin du régime Bagaza, cet apartheid scolaire apparut intolérable du fait que les Tutsi, hors Bururi, Bujumbura-mairie et Muramvya, finirent par avouer qu’ils en étaient également victimes. En effet, le système avait poussé le bouchon trop loin en doublant, ces barrières aux recrutements, d’une implacable discrimination en infrastructures : "l’on a concentré la quasi-totalité des cycles de formation débouchant sur l’université dans la seule province de Bururi ainsi que dans les centres urbains où les pions hima dominaient la situation. Les rares établissements d’enseignement général ou écoles normales donnant accès à l’enseignement supérieur furent dans la plupart des cas transformés en simples écoles de formation d’instituteurs sans débouché à l’université. Des instituts para-universitaires furent mis au point, apparemment pour accueillir les rejetons hutu ou tutsi des provinces défavorisées. Le pouvoir, lui, prétendait vouloir former une classe moyenne de cadres de l’Etat, moins coûteuse mais performante. Le jeu était cependant bien remarqué : il s’agissait bien d’affiner la discrimination au service d’une seule ethnie, d’une seule province"(2)

 

Sur le plan régional, cette crique repose sur le fameux agenda caché du plan HIMA, qui est celui d'un "empire HIMA" dit "République Unie du Kilimandjaro" dont le sous-secrétaire d’Etat américain Herman Cohen annonça l’émergence vers le milieu des années 90. En effet, le projet d’intégration sous-régionale des pays des Grands Lacs avait commencé d'être évalué en 1986 en vue de la création de cette empire.

Mais les troubles fêtes étaient là : la rébellion Burundaise.

 

 

NOTE:

 

( 1) On doit d’abord souligner l’existence de deux catégories distinctes de Tutsi, ceux de la "caste inférieure" ou Tutsi-Hima et ceux de la "caste supérieure" ou Tutsi-Banyaruguru, littéralement "ceux qui viennent du Nord". Il faut noter aussi que le terme "ruguru" a d’autres significations, voulant dire "venant d’en haut" et donc de régions de plus haute altitude ou, au figuré, possédant une condition supérieure, c’est-à-dire "proche de la Cour".

 

 

(2) Déo Hakizimana, 1991, Burundi : le non-dit, Vernier, Les Editions Remesha, pp. 35-36.

 

 

 

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