34 ANS APRES ... ET ALORS !
1972 - LE DRAME :
LE GENOCIDE DES CITOYENS HUTU DU BURUNDI

GENOCIDE 1972
AGNEWS
BUJUMBURA, BRUXELLES, NEW-YORK, GENEVE, CANADA
AVRIL 2006
1972 - LE DRAME : LE GENOCIDE DES CITOYENS HUTU DU BURUNDI
Alors que le très bon film "Shooting dogs" de Michael Caton-Jones sort dans les divers cinémas du monde, relatant le Génocide Rwandais de 1994, en appuyant sur le rôle de la Communauté Internationale lors du drame, le Burundi commémore ce 29 avril 2006, le 34 ème anniversaire du "Génocide Burundais" .
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AVRIL 1972 : BURUNDI - L'HORREUR...
Dès l'indépendance du Burundi, un petit groupe clanique (HIMA), sans expérience de gouvernance, soutenue par une puissance étrangère (La FRANCE) décidée à occuper GEOSTRATEGIQUEMENT la région des Grands Lacs, se résout à porter "la solution finale" à la Monarchie burundaise dont le socle repose sur l'ethnie Hutu - LA REVOLUTION HIMA est lancée - :
- 1965 : Démantèlement du système royal burundais. Purge des élites politiques burundaises.
- 1966 : Fin du ROYAUME du BURUNDI - Vive la REPUBLIQUE ! MICOMBERO (HIMA) prend le pouvoir.
- 1969 : Purge des élites militaires burundaises HUTU de retour de formation à l'étranger.
- 1971 : Le REGIME HIMA traumatise de manière irrévocable les TUTSI BANYARUGURU tétanisés.
- 1972 : La "solution finale" - 1/3 de la population burundaise succombe. "Le GENOCIDE SELECTIF DES HUTU du Burundi " est en cours ...- 34 ans après, à la veille d'une décade de guerre civile, ayant chassé par les armes et par les urnes le REGIME GENOCIDAIRE, le Burundi continue à vivre les séquelles de la gouvernance "Hima" appuyée par la France jadis. Les plaies sont là ! Tout comme nos frères et soeurs rwandais se souviennent du GENOCIDE DES TUTSI RWANDAIS DE 1994, le BURUNDI commémore le "GENOCIDE DES HUTU BURUNDAIS DE 1972".
Ensemble dans la douleur, RWANDAIS et BURUNDAIS se souviennent ... Ce DOUBLE GENOCIDE interroge les consciences universelles et pèse énormément sur l'Histoire de la Région des Grands Lacs. Enfin, les Peuples RWANDA URUNDI et leurs amis du monde entier se réveillent pour dire : "Non ! Plus jamais çà !
APPEL A La reconnaissance
du génocide hutu de 1972 AU BURUNDI
(Par AVIB 1972, Mémoire et défense
pour les victimes du génocide de 1972 au Burundi, à l’occasion de la visite
du Président du Sénat du Burundi, S.E M. Gervais RUFYIKIRI, à Genève, le 21
avril 2006)
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Suite...

GENOCIDE VITE OUBLIE / COMITE
SOLIDARITE BURUNDI / Gérard RUSHISHIKARA / mars 1976
Petit pays sis au coeur de l’Afrique : le BURUNDI. Il faut nous mettre à l'évidence que ce pays est entré dans sa plus grande crise qu'il n'a jamais connu depuis son existence. En printemps 1972 , « on a tué. On a tué tous ceux qui auraient voulu lever la tête,on a tué dans les universités, dans les écoles jusqu'au niveau de l'enseignement primaire. On a tué dans l'administration, du Ministre au petit employé. On ne saura jamais combien. Au moins 150.000 personnes, Hutu pour la plupart . »(2) On a tué pour quelles raisons ? Seule I'histoire nous le dira.

SELECTIVE GENOCIDE IN BURUNDI
Minority Rights Group
Professor René Lemarchand and David Martin
July 1974
GENOCIDE VITE OUBLIE / COMITE SOLIDARITE BURUNDI / Gérard
RUSHISHIKARA / mars 1976
Petit pays sis au coeur de l’Afrique : le BURUNDI. Il faut nous mettre à
l'évidence que ce pays est entré dans sa plus grande crise qu'il n'a jamais
connu depuis son existence. En printemps 1972 , « on a tué. On a tué tous ceux
qui auraient voulu lever la tête,on a tué dans les universités, dans les écoles
jusqu'au niveau de l'enseignement primaire. On a tué dans l'administration, du
Ministre au petit employé. On ne saura jamais combien. Au moins 150.000
personnes, Hutu pour la plupart . »(2) On a tué pour quelles raisons ? Seule
I'histoire nous le dira.
In 1972 violence erupted across Burundi as Hutus rose against the Tutsis. The Tutsi government responded to this rebellion with vengeance. The government-sanctioned killing began in April, reached its height in May, and ended by August. A story of Hutu plots for genocide against the Tutsi and insurgent uprisings was created to justify the mass action. In Burundi, 100-200 thousand Hutus were killed. Reports from witnesses said that the Tutsis maintained lists of targets for assassinations, mainly government employees, the educated few, and those with any material wealth (anyone with property or some small luxury). People were publicly arrested, tortured, and killed in prisons. International reaction to the genocide at the time was negligible at best.
Les origines du génocide au Burundi/Les Tutsi ont voulu
régler le sort des Hutu pour vingt ans
Mais le pouvoir,
lui, dispose de la force (l'armée) et de l'organisation. Sa répression sera plus
vaste, plus systématique et cyniquement dirigée vers une «solution finale» du
«péril hutu ». Face à la rébellion, les Tutsi oublient leurs dissensions et font
bloc. Il s'agit cette fois de régler le problème pour les vingt années à
venir. On va radicalement exterminer l'élite et par l'élite il faut entendre
tous ceux qui savent lire et écrire ou qui ont quelque influence. «Génocide»
qualifie bien cette politique délibérée: fonctionnaires, commerçants, prêtres,
catéchistes, écoliers, petits employés, bref tous les hutu qui ne sont pas les
simples paysans illetrès des collines sont menacés et souvent sommairement
passés par les armes, cinquante mille morts semble un chiffre confirmé
officiellement.
Rapportés par des témoins rentrés en Belgique/Des récits effroyables sur les
massacres au Burundi/Les enfants seraient pris dans les écoles pour être
exécutés
Dans cette sinistre
hiérarchie de la liquidation, ils en étaient, la semaine dernière, à venir
enlever dans leurs écoles techniques des élèves de 14 à 17 ans et commençaient à
s'en prendre aux femmes et aux jeunes filles. Il y a une huitaine de jours, les
estima tions les plus sérieuses du nombre des victimes du génocide allaient de
cinquante mille à cent mille. Mais depuis lors le massacre s'est' poursuivi.
Notre confrère de la B.R.T., M. Geerts, a vu, à Bujumbura, des captifs étendus
en couches super posées dans un camion, emmenés vers le lieu de leur supplice.
Une heure après le couvre-feu, chaque soir, il voyait des camions chargés de
cadavres roulant en direction du champ d'aviation à proximité duquel une fosse
commune se comblait peu à peu de corps.
Les témoignages se multiplient /La population Hutu du Burundi est l'objet d'une
liquidation systématique /Il y aurait entre cinquante et
cent cinquante mille morts
Cependant, les
témoins rapportent que la répression contre les Hutus a dépassé en horreur cette
révolte. On cite les cas de petits élèves hutus qu'on irait chercher dans les
écoles pour les tuer. Des centaines de personnes seraient soumises à des séances
de matraquages par des membres des Jeunesses révolutionnaires. Les
blessés seraient laissés sur place jusqu'à ce que mort s'ensuive. A Bujumbura,
l'armée s'ést emparée d'étudiants hutus et les ai mis à mort dans les camions
qui les emportaient, parfois à l'arme blanche. Des professeurs hutus ont
également été massacrés. Cette répression systématique ne viserait pas seulement
les élites, mais également les éléments hutus qui, au niveau du primaire et du
secondaire, en étaient au stade de l'alphabétisation.
Tutsi Genocide of Hutu in Burundi
1972:
"the
events of 1972 became the source of considerable tension within the Tutsi
minority"
Histoire du MWAMI NTARE V CHARLES
NDIZEYE et les massacres de 1972.
Au mois de
mars 1972, Artémon Simbananiye, ministre des Affaires Etrangères était à
Bruxelles. Par hasard, il logea pendant quinze jours dans le même hôtel que
Ntare V. Ils se rencontrèrent à plusieurs reprises. On en conclua qu'il y avait
une négociation secrète du retour de Ntare V au Burundi.
Le 21 mars 1972, Ntare V quitta l'Allemagne et partit pour l'Uganda où il fut
l'hôte du président Idi Amin.
Le 30 mars 1972, Ntare V gagna Bujumbura, accompagné du fils de Léopold Biha
ainsi que des officiers ugandais. Dès que l'avion du général Idi Amin repartit,
Ntare V fut placé dans un hélicoptère et conduit à Gitega. A l'arrivée au camp
militaire, Ntare V avait des menottes aux poignets.
Comment porter secours aux Hutus encore vivants par CÉLINE COSSETTE
On dresse les premiers bilans de l'hécatombe et une horrible arithmétique officielle répartit même les victimes par zones géographiques. Avec toujours un même total 50 000 morts. "En vérité les massacres ont été beaucoup plus importants que ne l'admet la version officielle. Et ils continuent encore avec cependant un peu plus de discrétion." "Selon nos sources, la tuerie aurait fait 200.000 morts et constituerait l'horrible aboutissement d'un plan conçu par un ministre du colonel Micombero, M. Artémon Simbananiye , que l'on retrouve à chaque étape de la répression contre les Hutus. Un "plan diabolique", échafaudé en juillet 1967, visant à amener les deux ethnies (Tutsis 15% et Hutus 85%)à égalité."
Le tribalisme érigé en politique
S'il s'agit de distinguer des choix
Politiques dans les relations avec l'étranger, dans la politique à
l'éducation... dans l'attitude à l'égard de l'affairisme de l'Association des
commerçants barundis ou à l'égard des capitaux étrangers, etc, il me semble
qu'il y a là des options idéologiques et dans ce contexte le "tribalisme" est
un outil au service d'un groupe dominant des élites urbaines ( certains
parleront de "bourgeoisie nationale"). Le tribalisme, ce n'est pas une
fatalité raciale comme on le croit facilement: c'est une politique.
La cruauté de la répression (1972)
Les massacres organisés par les rebelles le 29 avril et les jours suivants en
province de Bururi ont peut-être acculé à la répression les Tutsis effrayés. Il
ne reste qu'une jacquerie paysanne, soutenue - sinon provoquée - par les
nostalgiques de la révolte que sont les Simbas congolais, donne maintenant au
pouvoir militaire un prétexte pour frapper durement ceux qui ne demandent qu'à
prendre légitimement en main leur avenir.
GÉNOCIDE SÉLECTIF AU BURUNDI
Voici comment Jeremy Greenland décrit le
déroulement des opérations de nettoyage: Des Tutsi de l'endroit arrivaient au
lieu dit, appréhendaient instituteurs, dirigeants de mouvements ecclésiastiques,
infirmiers, fonctionnaires, commerçants, Hutu, et leur faisaient signe de monter
dans leurs Land-rovers. Des bandes de Tutsi ratissaient les faubourgs de
Bujumbura et emmenaient des camionnées de Hutu vers une destination inconnue.
Durant tout le mois de mai et jusqu'à la mi-juin les excavatrices fonctionnaient
chaque nuit à Gitega et à Bujumbura, aménageant les fosses communes. Dans les
écoles secondaires les maîtres assistaient impuissants aux ratissages
d'étudiants ... Ceux qui étaient arrêtés étaient pour la plupart liquidés la
nuit même, souvent dévêtus et assommés à coups de trique sous les bâches des
camions avant même d'arriver à la prison, puis achevés sur place, à la nuit
tombante à coups de gourdins. Il ne fallait pas qu'on gaspille inutilement des
cartouches.
Un "Génocide selectif"
("Le
Peuple", 29 novembre 1972
M.Eyskens:
"un véritable génocide au Burundi"
(La Cité, 21-22 mai 1972)
Génocide
(Le
Peuple, 25 mai 1972
Le génocide des Hutus se poursuit dans le plus pur style
hitlérien.
C'est ainsi, disent nos correspondants, qu'on casse les membres des victimes
pour les faire tomber puis on les achève en les écrasant sous les roues de
camions ou encore on les parque dans des camions pour les y tuer par un système
d' électrodes dès avant d'aller' les enfouir dans des charniers. Ce ne sont
là, que es exemples, entre autres, cités par nos informateurs
Naufrage
au Burundi
Ligue Belge pour la Défense des Droite de l'Homme./ Section de Louvain.Septembre
1972 Ed. resp. G. Beauthier, B. Dejemeppe./
On a tué. On a tué tous ceux qui auraient voulu lever la tête on a tué dans
les universités, dans les écoles jusqu'au niveau de l'enseignement primaire. On
a tué dans l'administration, du Ministre au petit employé. On ne saura jamais
combien. Au moins 150,000 personnes, Hutu pour la plupart. Dans ce pays sans
statistiques et sans informations libres, comment pourrait-on savoir ?
Qu'importe.
TÉMOIGNAGES SUR UN GÉNOCIDE (Le Monde)
Plusieurs lecteurs,
témoins des troubles au Burundi, nous adressent des précisions sur les massacres
qui, selon le premier ministre belge. M. Gaston Eyskens. ont pris les
proportions d'un " véritable génocide " ("le Monde" du 26 mai)... Depuis une
semaine, la répression qui fait suite à la rébellion du 29 avril s'est
considérablement aggravée. Elle prend l'allure d'une élimination systématique
des intellectuels hutus, et, en général, de tous ceux qui savent quelque chose
ou possèdent quelque bien. Dans la capitale, les arrestations et les exécutions
sommaires se poursuivent. Excités par la Voix de la Révolution, qui encourage «
les forces vives de la nation à débusquer les ennemis du peuple »,les Tutsis,
surtout les membres du parti Uprona, dénoncent tous les Hutus qu'ils
connaissent, collègues de travail, subordonnés, supérieurs, voisins,
condisciples... Quarante-cinq noms figuraient sur la liste des arrestations,
mais une vingtaine d'élèves en fuite n'ont pas répondu à l'appel.
UN JOURNALISTE BELGE CONFIRME QU'UN VERITABLE GENOCIDE A LIEU ACTUELLEMENT AU BURUNDI
Le journaliste a affirmé que des camions ont transporté de nombreux corps qui ont été inhumés près de Bujumbura. Même des étudiants de 15 ans auraient été exécutés, selon lui. A l'issue du Conseil de cabinet de vendredi dernier, on s'en souvient, le Premier ministre, M. Eyskens, avait déclaré que la situation au Burundi était particulièrement alarmante et qu'on était, en réalité, confronté à un gigantesque génocide.
Selon le représentant permanent de Bujumbura à l'O.N.U.: LES TROUBLES DU BURUNDI
AURAIENT FAIT DE 50 A 60.000 MORTS
"Le Burundi,
contrairement à la Belgique, est une nation au plein sens du mot", a déclaré
devant la presse, à Genève, l'ambassadeur Nsanze Terence, représentant permanent
du Burundi auprès des Nations-Unies. Si celui-ci admire le fait que Wallons et
Flamands ont fini par constitue la nation belge, il a tenu à souligner que les
Burundais, quant à eux, ne sont divisés en Hutus et Tutsis que "par la
fantaisie des premiers colonisateurs et sur le simple critère de leur
taille"... Le
"génocide sélectif "
imaginé par les organisateurs de la rébellion fut alors
transformé par ceux-ci en un carnage sans distinction, dans le sud-ouest du pays
surtout. Les "rares" monarchistes du pays pensèrent pouvoir profiter de la
situation, et c'est pourquoi le Roi fut jugé et exécuté. Le rôle du gouvernement
et de l'armée fut celui, démocratique de la défense de l'ordre :" Quelques
mesures punitives furent prises, c'est tout."En indiquant comment, à la suite de
survols systématiques des régions frappées par ces événements, le nombre de
50.000 à 60.000 victimes fut établi avec précision, l'ambassadeur du Burundi a
sévèrement fustigé ceux qui ont donné des "versions fantaisistes" des faits,
notamment certains organes de presse et plus particulièrement les agences
catholiques.

Une des premières photos des massacres du Burundi:
ce camion rempli de cadavres.
(Source: La Libre Belgique,29-05-1972)
La répression contre les Hutus'est déchaînée le 7 mai après un appel lancé à la
radio (Source: La Libre Belgiques,29-05-1972)
Les événements qui se sont déroulés et se dérouleraient encore au Burundi,
apparaissent d'une extrême gravité. En dépit du black-out systématique imposé
par les autorités, on commence à avoir des détails - grâce aux témoignages
d'Européens qui ont quitté le pays récemment - sur le véritable génocide que
l'armée, la police, les militaires du parti unique et la « jeunesse
révolutionnaire » ont entrepris à l'encontre des Hutu.
La répression contre les Hutu
Un appel à la
radio : Le dimanche 7 mai, au matin la radio a annoncé que les tribunaux
militaires, ayant siégé le samedi, avaient prononcé plusieurs condamnations à
mort sans en préciser le nombre et que les jugements avaient été aussitôt
exécutés. Mais la radio a demandé aussi aux militants du parti unique,
l'UPRONA, et à la "jeunesse révolutionnaire RWAGASORI" de demeurer
vigilants, d'arrêter tous les suspects, au besoin de les désarmer et de les
livrer aux autorités militaires...Le dimanche matin, aussitôt après l'appel
lancé par la radio, la jeunesse révolutionnaire et les militants du parti
ont procédé à des arrestations dès la sortie de la messe dans plusieurs
localités. lis ont également arrêté, dans les hôpitaux, des infirmières, et des
médecins africains. L'un d'eux a été battu à mort. Lorsque sa femme, mère de
huit enfants, est venue proposer un matelas pour son mari, les gardes lui ont
dit qu'il n'en avait plus besoin.
Selon le secrétaire de l'O. N. U.: «Les dimensions de la tragédie au Burundi
sont effarantes»/Les efforts de développement ont été gravement affectés
" Le
gouvernement du Burundi lui-même, indique le rapport, a informé la mission
spéciale que 80.000 personnes avaient trouvé la mort depuis le 29 avril, et que
cinq cent mille autres, parmi lesquelles 50.000 veuves et des dizaines de
milliers d'orphelins. étaient en proie à de graves souffrances et avaient besoin
d'une assistance humanitaire"
L'ONU déplore une « tragédie aux dimensions effarantes
« Le
gouvernement du Burundi lui-même, indique le rapport, a informé la mission
spéciale que quatre-vingt mille personnes avaient trouvé la mort depuis le 29
avril, et que cinq cent mille autres, parmi lesquelles cinquante mille veuves et
des dizaines de milliers d'orphelins, étaient en proie à de graves souffrances
et avaient besoin d'une assistance humanitaire. La mission spéciale a également
été informée que quarante mille personnes environ avaient cherché refuge au
Ruanda, en Tanzanie et au Zaïre, pays voisins du Burundi. »
TÉMOIGNAGES : L'extermination d'une ethnie (Le Monde, 01/06/1972)
L'E.N.S. (2) a
perdu soixante élèves (tous Hutu), l'U.O.B. (3) cent étudiants (tous Hutu). Le
massacre continue. Par camions entiers on charroie, nuit et jour, des cadavres.
On arrête tous les « suspects». On les oblige à se dévêtir. On les fait coucher
à plat ventre, les mains derrière la nuque. On les cogne à coups de crosse, de
bâton, de pierres. On les torture. Puis on les transperce à la baïonnette. Les
bulldozers font le reste.Sans parler des innombrables règlements de comptes !
Dans les écoles, les élèves tutsi assassinent leurs camarades à coups de
pierres, de machette, de bâton...La J.R.R., constituée en groupes d'autodéfense,
«ratisse» les collines, tue les gens, incendie les fermes.
Des massacres du Burundi - A la
prison de Bujumbura,les prisonniers sont exposés au soleil jusqu'à ce que mort
s'ensuive ( Le Soir, 25.05.1972)
Passant outre à la
consigne du silence qui leur avait été donnée par le représentant diplomatique
de la Belgique à leur départ de Bujumbura, des ressortissants belges récemment
rentrés du Burundi témoignent de l'ampleur du génocide des Hutus mené par les
Tutsi, dont une des cinq grandes familles du pays détient actuellement le
pouvoir. Il s'agit du groupe des Bahimas du Sud, par ailleurs mal considéré,
rapporte-t-on, par les autres grandes familles, royales celles-là.
Les relations entre le Rwanda et le Burundi sous le signe de la franchise et du
réalisme /Kayibanda
: « Arrêtez les tueries et reconnaissez l'identité de chaque ethnie»
Pour le chef de l'Etat rwandais, il est "inutile de se réfugier derrière des
théories inconsistantes", mais il faut, au contraire, oeuvrer pour la paix en
reconnaissant l'identité propre de chaque ethnie et en abordant le problème de
leur coexistence avec réalisme et avec justice.
Le sénateur Edward Kennedy alarmé par les évènements sanglants au Burundi.
/WASHINGTON.
- Le sénateur Edward Kennedy, qui est préssident de la sous-commisslon
sénatoriale pour les réfugiés a demandé ait secrétaire d'Etat, M. William
Rogers, de faire preuve publiquement d'une certaine inquiétude au sujet des
tueries et des réfugiés, au Burundi.Le sénateur démocrate du Massachusetts a
déclaré, devant le Sénat: "Il est désolant de voir qu'après plusieurs
semaines de carnage au Burundi, il ne semble toujours pas y avoir de
manifestations sérieuses d'inquiétude de la part de certains gouvernements, y
compris le nôtre"
Burundi:
ce n'est pas fini /Signalons
d'autre part que des informations fraîches en provenances du Burundi font état
de nouveaux massacres de Hutus.L'indignation dans les pays limitrophes du
Burundi est telle que certains se demandent si les présidents Mobutu Sese Seko'
(Zaïre) et-Nyerere, ne seront pas amenés à ne concerter pour exercer une
pression déterminante sur le ,régime de Bujumbura. Mobutu choqué Le
président Mobutu Sese Seko a été choqué, dit-on, d'apprendre qu'il avait été mal
informé par M. Simbananye lors de la demande d'assistance militaire burundaise.
Sous la pression de leur gouvernement :
Les étudiants hutus du Burundi sont obligés de quitter l'École royale militaire
La persécution
des Hutus, leur écartement de la vie sociale et de la vie tout court, se
poursuivent au Burundi en
défit des déclarations périodiques de la " Voix de la révolution"; qui annonce
le retour au calme, la réconciliation, le pardon.Au moment où la radio de
Bujumbura déclarait que le' Procureur général de la République, M. Philippe
Minani, avait pris des mesures visant à restaurer l'unité nationale telles que
des restitutions de biens aux familles des personnes condamnées, on apprenait
que les élèves-officiers hutus de l'Ecole militaire belge devaient quitter cette
école de par la volonté expresse du gouvernement du Burundi qui voulait aussi
leur extradition. (Voir "La Cité" du 2 octobre). Un grand émoi s'était même
manifesté parmi les professeurs et étudiants belges qui craignaient que leurs
camarades butus ne soient ramenés en avion de force et, ainsi, envoyés à la
mort.
Après la tourmente:Bilan tragique et sombres perspectives au Burundi /En ce qui concerne le corps enseignant, on signale que tous les professeurs hutus des écoles secondaires ont été arrétés, ce qui veut dire qu'ils sont morts, ajoute-t-on. Il en est de même des quatre cinquièmes des moniteurs hutus des écoles primaires sauf dans 3 ou 4 paroisses.
1972-1997: maccabre anniversaire d'un génocide qui continue
En 1972, le Premier Ministre belge, Gaston EYSKENS, fut le premier Chef de Gouvernement étranger à qualifier cet acte innommable de « GENOCIDE ». Celui-ci n'épargna personne: des ecclésiastiques, aux simples fidèles, des militaires aux civils, des cadres politiques aux enfants d'écoles primaires,... Tous furent touchés ou prirent le chemin de l'exil. Pour couronner le tout, les autorités politiques burundaises expulsèrent tous les témoins étrangers gênants, spécialement des missionnaires et des coopérants.
A propos de ce génocide, le Professeur René LEMARCHAND (Génocide sélectif au Burundi, MRG, Rapport n°20, novembre 1974, p 13), a écrit en 1974: « On assiste à une sorte de violence « prophylactique » visant non seulement à décapiter la rébellion mais pratiquement toute la société hutu. Ainsi, s'ébauche à coup de baïonnettes un nouvel ordre social(...). Une société où seuls les Tutsi sont qualifiés pour accéder au pouvoir, l'influence et à la richesse. L'ethnie hutu, c'est-à-dire ce qu'il en reste, est à présent systématiquement exclue de l'armée, de la fonction publique, et pour ainsi dire de l'Université et de l'enseignement secondaire ».
Curieusement, des pays dits démocratiques comme la France s'empressèrent de voler au secours de cette dictature en assurant la coopération militaire que venait de suspendre courageusement la Belgique. Tout le monde se tut, y compris l'Eglise Catholique, malgré l'assassinat de 22 prêtres, religieux et religieuses. Par ailleurs, contrairement à d'autres génocides déjà reconnus dans le monde, la communauté internationale, l'ONU en tête, refuse de reconnaître le génocide hutu de 1972 au Burundi.
Une dépêche venant de Dar Es-Salam
confirme les informations dont nous faisions état hier : le génocide des Hutus a
repris vigueur au Burundi.
La Tanzanie a accusé mercredi le Burundi d'avoir bombardé trois villages
tanzaniens, tuant trente six personnes parmi lesquelles huit Tanzaniens et
vingt-huit réfugiés originaires du Burundi .
Un communiqué du ministère des Affaires étrangères déclare que des avions
militaires burundais ont violé l'espace aérien tanzanien le 15 mars et ont
bombardé les villages de Kakunga, Kibuti et Mubarazi, situés dans le nord du
district de Kigoma près de la frontière tanzano burundaise.
TANZANIE: Trois villages ont été bombardés par un avion burundais / La Cité /
24 - 25 mars 1973
Un porte-parole du gouvernement tanzanien a réaffirmé que les villages
bombardés, la semaine dernière, par un avion du Burundi, sont bien situés en
Tanzanie, écrit le journal gouvernemental de Dar-es-Salam, "The Daily News".
Le porte-parole a précisé que ce bombardement, qui a fait trente-six morts et
seize blessés, avait eu lieu à 500 mètres à l'intérieur du territoire tanzanien.
Il a indiqué qu'un avion avait été mis à la disposition de l'ambassadeur du
Burundi en Tanzanie pour qu'il se rende dans le secteur bombardé et puisse ainsi
juger de lui même.