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L'Extrême-Droite Burundaise
 
 AGNews,2002, Bilal Luqman.
 


Index :

  1. Introduction

  2. La poussée de l'Extrême-Droite

  3. Le retour des réfugiés

  4. La politique de favoritisme envers le Tutsi

  5. Emploi

  6. Ordre social

  7. Le contexte 

  8. Face à la crise

  9. Le réseau d'influence

  10. Panorama des groupes d'extrémistes

  11. La violence, les  attentats, les complots

  12. Recruter les jeunes

  13. L'inquiétude

  14. Les mesures à prendre

  15. Documentation ...

 

 

I.Introduction                 | Menu

Depuis quelques années, nous assistons à une sorte de mutation dans la société burundaise.  Le Burundi est un des pays les plus pauvres de la planète. Une fois la colonisation déchue, l'indépendance vint prendre le pas. Les guerres d'influence dues notamment à la Guerre Froide  installèrent  une dictature militaire au Burundi. Ce sera le début d'une ère nouvelle pour une petite clique qui pour s'assurer à long terme le pouvoir au Burundi va promouvoir un plan de meurtres à grandes échelles (ou génocides à comptes gouttes).  A cette fin, la clique va réveillé les esprits tribals, claniques, ethniques et régionales.  De cette politique va naître d'une manière structurée au sein de la société burundaise: la haine entre la population. 

AGnews  attire l'attention sur l' Extrême-Droite  Burundaise (EDB) qui comme toutes les Extrêmes-Droite  du monde se comporte comme une pieuvre. Elle ronge la société jusqu'en son sein.  Il est demandé à la société burundaise d'être vigilent. 

Le Tribalisme, la Xénophobie , le Fascisme ou autres formes d'intégrismes  sont à combattre pour permettre un Burundi démocratique.

 

Voici ce que pensent  certains burundais sur les questions de  l'Extrême-Droite ,du Tribalisme et des Camps de Concentrations au Burundi.  Il s'agit d'extraits d'interviews  de 5  personnalités différentes. L'échantillon se compose d'une femme et d'un homme de la société civile , d' un politicien de l'opposition Burundaise , d'un écrivain engagé et d'une personne d'âge avancé (ex-militant politique) :

 

1/  Mme Alice NZOMUKUNDA, porte-parole du RAFEBU, de retour de Makamba.    

A MAKAMBA, parle t'on  de l' Extrême-Droite  Burundaise (EDB) ?  Parle t'on du leader du PA Amasekanya libéré la semaine dernière ?

A.N.: Cet homme "Diodème" exprime un "extrémisme des Tutsi". C'est dommage que des gens de cette nature existe. Ce sont des gens qu'il faut combattre. Mais ce que "Diodème" exprime, c'est ce que certains ne disent pas tout haut. Les militaires par exemple mettent en pratique ses idées. Je voudrais que le monde ne prête pas attention à ce qu'il raconte. "Diodème" a un "mouvement exclusif" tandis que le CNDD-FDD est pour tout le monde.

Vous qui vivez en Europe, voyez-vous une similitude entre ces mouvements de la société civile tels " PA Amasekanya" et "AC Génocide" noyautés par l'UPRONA  et le courant de Jean Marie le Pen en France, le FRONT NATIONAL Français ?

A.N.: C'est exactement cela. Eux, ils excluent non pas les "étrangers" mais bien leur frère.

C'est un  véritable apartheid dès lors ?!

A.N.: Oui, si l'on veut. Eux, "ils s'imaginent qu'ils peuvent vivre dans le Burundi seuls". Depuis 1993,après la victoire de NDADAYE, un brin de vent "xénophobe"  a emporté les partisans de l'ancienne classe dirigeante. La peur du lendemain, le système n'était plus réellement en leur pouvoir.  Le gâteau désormais se partageait... C'est là que naissent ces courants d'Extrême Droite autour de l'UPRONA. Ils ne savent pas que le système démocratique est un système  pour tous. Il suffit de voir l'Occident aujourd'hui. "Je leur demanderai de penser plutôt à une nouvelle politique et d'accepter de partager avec tout le monde. Il ne faut pas exclure".

 

2/  Le  Commissaire à l'information et à la communication, M. Onésime Nduwimana.

Le CNDD-FDD est un mouvement contre l' "Extrême Droite" et ses idées. "L'Extrême Droite Burundaise"(EDB) pourrait se définir comme étant l'état d'esprit de  gens (citoyens Burundais),organisés,  ayant "un esprit sans partage" pouvant conduire jusqu' à l'élimination physique  de l'autre.  Notons que  le tribalisme au Burundi est utilisé par certains milieux politiques afin d'asseoir  leur assise.  Cela est un "mal" anti-démocratique. La clique au pouvoir depuis la 1ère République  est un mal pour le Burundi.  Les exemples sont : l'excuse pour la répression  légaliser de l'UPRONA (ex-parti Unique)qu'est  le  "Péril Hutu", le plan "Simbananiye ou Muhirwa"; à cela est liée  idéologiquement des organisations tels  les J.R.R, les SANS-ECHECS SANS DEFAITE, AC-GENOCIDES, PA-AMASEKANYA , GARDIENS DE LA PAIX  etc.  Ce qui est ignoble pour ces organisations satellites de l'Extrême Droite burundaise, c'est de voir que ce sont des intellectuels qui les représentent comme des professeurs d'Université, des ingénieurs ...C'est un véritable problème.  Tout cela est l'oeuvre de "cette clique politico-militaire ( de Hima de Bururi)" au pouvoir depuis 1966; comme le gâteau du Burundi est petit, très petit... Tout prétendant au pouvoir doit être éliminer. Le plan Simbananiye, encore en cours, consiste à réduire la population Hutu du Burundi (85%)  à celle  du nombre de Tutsi(14%). On parle de "Génocide à comptes gouttes".  L'esprit de partage est inexistant chez ces gens- là.

Que pensez-vous des "Camps de regroupement"  ou IDPS (politique initiée par Buyoya depuis 1997 )? Vous! Vous les appelez, ainsi que Mandela d'ailleurs, "Camps de concentration" ? Rappelons  que près de 600 000 citoyens du Burundi (principalement des HUTU) sont concernées...

O.N.: Ce sont de véritables mouroirs... Pour le gouvernement en place, il assure que c'est la seule manière de combattre efficacement la rébellion. Mais en réalité, c'est le "Génocide à comptes gouttes" qui continue. Depuis 1997, cette politique de regroupement existe mais nous sommes toujours là. 

 

 

 

3/  M. KUBWAYO Félix, Président du SAB, Synergie Africaine en Belgique.. 

Venons en un peu à votre pays d'origine... Vous, militant de la Société Civile, comment analysez vous la situation sociale au Burundi ?

F.K.:  Il y a deux critères à retenir ? 

D'abord, il est pratiquement impossible qu'une Société Civile se développe dans un Etat totalitaire. Or le Burundi, depuis 1965 à aujourd'hui (excepté la période de 3 mois sous NDADAYE, en 1993), vit sous la dictature. Nous ne sommes pas dans un ETAT DE DROIT.

Deuxième critères, le phénomène de la Société Civile, comme on le dit en Flamand "Zelf Organisaties". Ce sont des associations qui naissent d'elles même. Elles ne sont pas stimulés par le Pouvoir. 

Or si on regarde au Burundi, que ce soit le PA-Amasekanya ou Puissance d’Autodéfense «Amasekanya », l' AC-GENOCIDE Cirimoso + (Ramifications), la J.R.R. OR Rwagasore Revolutionary Youth, la Coalition contre la dictature OR Coalition against Dictatorship, SOJEDEM (Solidarité de la jeunesse pour la défense des minorités), l' U.F.B. (Union des femmes Burundaises. OR Burundian Women's Union), le Réseau International des Associations qui luttent contre l’idéologie du génocide au Burundi  ,les Gardiens de la paix , les Sans échecs & sans défaites  Etc. 
Elles sont toutes stimulées par le pouvoir en place ou les partis politiques , issues du Parti Uprona, qui soutiennent la Dictature depuis que le Burundi est indépendant.  
Ce ne sont pas des structures réalisées par les citoyens, ce sont plutôt des para-étatiques, des milices privées, ou  apparentés au Pouvoir. On ne peut parler de Société Civile. 
La Société Civile par essence est un mouvement de citoyens qui naît spontanément en fonction d'intérêts divers  pour un  bien commun. Au Burundi, nous avons plutôt des organisations qui soutiennent  une "idéologie du pouvoir", une" idéologie de domination", une "idéologie de dénie de démocratie". Là, on ne peut pas parler de "Société Civile" comme on le ferait dans des ÉTATS DE DROIT.

Ancien membre actif, auprès d'Amnesty International, que pensez-vous du paradoxe des ONG's (organisations non gouvernementales) autour de la problématique des Camps de Concentrations au Burundi ?


F.K.: A travers le monde, la conscience est à géométrie variable. Vous avez observé, il y a peu, les deux avions qui se sont percutés en Allemagne. Ce fut une catastrophe que ce soit en Allemagne, en Belgique, en Suisse ou encore en Russie. Mais au Burundi, ce sont  600 000 personnes concernées (soit environ 10% de la population burundaise); vivant dans des "camps  de concentrations" que l'on a déjà vu sous d'autres cieux, sous d'autres régimes, et visiblement cela ne soulève pas l'opprobre, l'indignation aux yeux du monde. Évidemment, on dira que les humanitaires si elles ne sont pas là, la situation risque d'être encore pire parce qu'il n'y aura pas de témoins. Mais je me rends compte tout de même que certains s'en accommodent. Et là, c'est révoltant !

 

 

 

4/ M. RUSHISHIKARA Gérard, ex-secrétaire générale du "SOLIDARITE BURUNDI" et  président  du mythique parti politique  TABARA 

Comment définissez-vous le tribalisme des Barundi ? 

R.G.:  Le  Tribalisme des Barundi, instauré à l'aube de l'instauration de la République se définit comme suit :  les TUTSI  vont plutôt vers une tendance idéologique libérale tandis que les HUTU  vont vers une tendance Chrétienne.  Ni les Chrétiens ni les Libéraux ne sont tribalistes. Mais il n'y a pas de mélange à ce niveau. J'ai une anecdote la dessus. 
En Belgique, il y avait une maison que l'on appelait " la   Mésaf" (La maison africaine). Là, tous les étudiants africains qui arrivaient en Belgique   y étaient  envoyés. Pour les Barundi par exemple, on avait une  personne  qui nous recevait et assurait d'une certaine manière  - notre service social -.  Figurez-vous que ,nous , nous avions un responsable social  Belge pour les HUTU et un autre pour les TUTSI.  Deux bureaux différents.  Pas d'amalgame possible.  Nous étions là divisée sur base idéologique et ethnique.   Le tribalisme se trouve à ce niveau. Il est entretenu.  

L'Extrême-Droite Burundaise (EDB) se manifeste disons à partir de  1993 au Burundi, avec les milices telles  les Sans Échecs Sans défaites, Sojedem  etc.  La situation devient grave. L'insécurité règne. L'Extrême droite est entretenue  par  l'Armée burundaise qui est politico-militaire. L'Uprona est concerné (Buyoya)mais aussi le PARENA (Bagaza).   Attention la haine n'est pas une idéologie, c'est un sentiment.  L'idéologie, c'est comme je l'ai dis plus haut. Elle est structurée  mentalement. En France, un homme comme Le PEN a une idéologie.  En Chili ,du temps de Pinochet, l'armée avait créée des milices d'extrême droite, comme on a au Burundi.  Buyoya , après son putsch en 1996,  intègre ces jeunes " Sans Échecs Sans défaites" dans l'armée nationale, son armée.

Que pensez-vous des "Camps de regroupement"  ou IDPS (politique initiée par Buyoya depuis 1997 )? Vous! Vous les appelez, ainsi que Mandela d'ailleurs, "Camps de concentration" ? Rappelons  que près de 600 000 citoyens du Burundi (principalement des HUTU) sont concernées. 

R.G:  C'est un drame humain. Empêcher quelqu'un de vivre dans ses terrains et ensuite le faire vivre ailleurs dans des conditions inhumaines où il est humilié. Il n'est plus un homme. Il n'est plus une père de famille. Il vit de  mendicité.Et la mendicité qu'on ne lui donne même pas !
Buyoya ne peut se prétendre un chef d'État.  Le plus intrigant, c'est le parti FRODEBU qui ose participer au pouvoir d'ARUSHA sans résoudre cette question. Ils ont même le toupé d'aller chercher les réfugiés Barundi  et de leur demander de rentrer au pays.   Non!  Être réfugié dans son propre pays ! Il faut lutter sur le plan politique pour élucider ce problème. Que tous les Barundi soient conscients que ces camps de concentrations doivent être démantelés.  

 

5/ Interview  de M. SINDAYIGAYA Jean-Marie, "Homme politique et Homme d'écriture".

Le tribalisme, au Burundi, comment le vivons nous ?

S.J-M.: Le tribalisme ... Non seulement au Burundi  on a des esprits régionalistes mais il y a aussi des clans. Le tribalisme est une réalité. Mais, c'est dommage que le problème ethnique occulte tout le reste. En 1971, on a eu un problème entre Tutsi, les Banyaruguru et les Hima. C'était un problème sérieux. Mais au  sein des Hutu aussi, on a du régionalisme. On le sait et on le voit. Mais, le simple régionalisme-voisinage est  positif. Par exemple, je ne peux pas ignorer  le sort de mon voisin hutu ou tutsi et prétendre résoudre le problème de quelqu'un se trouvant à l'autre bout du pays. C'est quand on commence à privatiser l'Etat que le régionalisme devient une nuisance extrême.  Et dès que le problème  ethnique perd de son acuité, il y a résurgence des autres tares dont le clanisme.  Il y a des clans qui se disent supérieurs aux autres.

Les gens, à défaut de pouvoir défendre un projet politique, chacun s'installe et prend les alliances, là où il peut. Tous les moyens sont bons. C'est une dynamique socio-politique inévitable dès que l'arène met en scène des groupuscules pensant intérêts sectaires et non intérêt collectif national.  Ce manque de vision devient même obscurantisme. Le tribalisme devient  un comportement délirant. 

Par exemple:

a.)  A Bujumbura  certains bistrots étaient tenus par des Tutsi  méprisants auxquels vous demandiez une bière et qui vous la refusaient  uniquement parce que vous êtes Hutu ou un Tutsi qui ne leur plaît pas. Pour ces gens, l'argent a une ethnie. Ce comportement de la part d'un commerçant est purement et simplement paranoïaque. Moi je croyais plutôt que pour embêter les Hutu ou les Tutsi il fallait leur faire tout dépenser afin qu'ils n'aient plus un seul sou!

 b.) Tu vas au marché, tu demandes  "la banane coûte combien ?" et on te répond "elle est vendue". 

 c.) Vous avez des qualifications et vous avez des noms qui sonnent mal ou un visage qui ne plaît pas. Vous vous présentez pour avoir du travail et on vous dit: "la place vient d'être prise". 

Cela tu peux le trouver aussi bien chez les Hutu que chez les Tutsi.

 

Y -a -t'il une "Extrême-Droite Burundaise"(EDB) ?  Existe t'elle ?

S.J-M.: C'est un sujet très délicat. Une chose est certaine: celui qui s'aventure à en parler rationnellement se retrouve entouré par rien que des ennemis. Comme j'en ai l'habitude d'être pris par certains pour un inconscient, je vais m'y aventurer. Une parenthèse : quand j'ai écrit à Bujumbura « Sortir de la violence au Burundi » en critiquant le parti unique seul maître à bord et en taxant l'armée burundaise de quasi mono-ethnique, quelqu'un m'a dit que la Sûreté n'a pas osé m'arrêter parce qu'on m'a pris pour un fou. Mais la vérité est que quand la Sûreté se préparait à m'empoigner, c'est un dignitaire de ce même parti unique qui a intervenu pour leur dire qu'il y avait du vrai dans l'écrit et que m'empoigner aurait l'effet contraire de celui recherché.  Je vais m'exprimer sans détours. Au Burundi il n'y a pas d'Extrême Droite ni d'extrême quoi que ce soit.. Il y a juste des Burundais qui, pour se mettre en évidence afin de se hisser au pouvoir ou de s'y maintenir ne reculent devant aucune recette y compris la plus criminelle. Quand on parle des Nazis, je n'ai jamais entendu que l'un des tenants de cette idéologie tels que Goering ou Himmler aient adopté des attitudes fluctuantes envers les Juifs et  les autres peuples qu'ils disaient inférieurs. Au Burundi des camps se traitent mutuellement de génocidaires. Ils prennent l'opinion comme faite rien que d'imbéciles. Quand Mukasi traite Minani et d'autres de génocidaires, est-ce aujourd'hui qu'il apprend leur existence ? Quand il y eut les négociations de partage du pouvoir en 1994, Mukasi n'a pas refusé de s'asseoir à côté des cadres du FRODEBU qu'il traite aujourd'hui de génocidaires. Mais parce que la distribution des postes qui a suivi les négociations ne se déroula pas comme lui le souhaitait il a changé le fusil d'épaule et il a commencé à voir des génocidaires. Bien plus il y a des choses que les Burundais ignorent encore mais elles seront dites le moment venu. 
Quand Buyoya est revenu au pouvoir le 25 juillet 1996, Mukasi l'a aussitôt pris en chasse quelques mois après la mise en place des organes du pouvoir Buyoya. Savez-vous pourquoi ? Pour la raison que je vous ai donnée en amont. Je continue. Dernièrement on a rappelé sur les sites Internet au Député Ngenzebuhoro, alors Président du Groupe UPRONA qu'il avait sorti une déclaration de son Groupe où il accusait Minani d'avoir lancé le « Génocide "des Tutsi" sur Radio Kigali. Dites-moi comment le même Ngenzebuhoro est assis à la droite du même Minani à l'Assemblée Nationale ? Ou il a menti ou alors il tolère des génocidaires.  Restons toujours dans le cas de ceux que les Hutu appellent les extrémistes tutsi. Parlons de Rutamucero Diomède, Président de PA-AMASEKANYA. Il en arrive même à se vanter d'être au chômage depuis des années. Dans une interview paru sur internet les lecteurs se souviennent que le journaliste lui a fait remarquer que pour quelqu'un qui est au chômage il menait un grand train de vie. Quand il n'est pas en prison il voyage même là ou d'autres ingénieurs burundais hutu comme tutsi n'ont pas la possibilité d'aller. Il est plus puissant que la majorité des chefs des partis politiques et beaucoup sont tentés de le copier pour survivre politiquement. 
Tous ces gens détestent Buyoya parce qu'il jongle mieux qu'eux et qu'il arrive à faire marcher tout le monde ou presque. Dans le camp d'en face la situation est aussi grotesque. Quand nous étions à Arusha, Domitien Ndayizeye était de ceux qui critiquaient les méthodes de l'armée pour avoir lui même été malmené et frappé. Mais voilà donc que hissé au sommet c'est lui qui va à l'État Major féliciter l'armée qu'elle fait du bon travail. Il est le seul à croire que ces officiers le croient. Quand il était au pouvoir, Ntibantunganya a ouvertement dit que c'est lui qui envoyait l'armée en opérations quand on lui demanda de s'expliquer sur des massacres commis en Province Kayanza si mes souvenirs sont bons. Peu après ces mêmes militaires le chassaient l'obligeant à se réfugier à l'Ambassade des USA. Diplomatiquement il y a effectué une visite de courtoisie. Quand Ntibantunganya commettait des erreurs, certains Hutu disaient « Soyez cléments envers notre petit Hutu ». En ce qui me concerne si un Hutu me coupe un bras, je ne lui présenterai pas l'autre. Uniquement parce qu'il est Hutu comme moi.  Qui est extrémiste et qui ne l'est pas. Tous ceux qui crient aux génocidaires et autres criminels étaient hier à leurs côtés ou y seront demain et changeront de bout en bout de discours. Il n'y a donc pas d'idéologie véritablement extrémiste au Burundi. Une idéologie, quand on en a une, est quelque chose qu'on n'abandonne pas au vestiaire du jour au lendemain et qu'on récupère à volonté.
Dans mon entendement il n'y a pas d'extrémisme de droite ou de gauche au Burundi. Pour qu'on soit à droite ou à gauche il faut d'abord avoir une idéologie. Mais on peut entendre par extrémisme de droite les forces conservatrices du statu quo. Dans ce cas il faut toujours prévenir. Parce que dans le monde actuel est de droite celui qui adhère au système libéral. Et être libéral n'est pas synonyme d'être conservateur au sens des changements qu'on veut imprimer à la société. Celui qui projette le libéralisme dans un pays séculairement, géré comme un système socialiste, n'est pas conservateur, mais réformateur. 

Pour mieux comprendre, il faut aller à la genèse de ces milices.  Le pays a connu réellement des massacres à grande échelle. Je suis entrain de faire un travail là dessus. Prenons comme exemple  la province de KARUZI qui n'était pas très peuplée. Selon des chiffres approximatifs, car ce n'est pas de la comptabilité des morts qui fait le constat, c'est réellement l'horreur. Il y a eu plus de douze mille Tutsi tués et plus de douze mille Hutu tués dans KARUZI. La seule petite province de KARUZI qui n'était pas déjà très peuplée. 
En quelques trois mois pas plus ! Lorsque vous avez des morts à ce rythme cela génère beaucoup de chose. Il y a par exemple des groupes de déplacés Tutsi qui s'organisaient pour aller se faire justice. Et cela, c'est un cercle de violence continu. Il y a d'autres qui prétendent défendre les Tutsi  alors qu'ils font tout cela uniquement pour se positionner afin qu'un jour ils puissent conquérir le pouvoir en disant: "Moi je défendais les Tutsi". Alors qu'il n'en était rien. Ce sont des actions politiques. 

Ces mouvements d'extrémistes burundais n'ont rien à voir avec les mouvements extrémistes d'Europe que l'on connaît. Les mouvements extrémistes d'Europe ont une idéologie. Ils sont de droite. Au Burundi, les milices sont ni de droite ni de gauche. Elles sont ethniques. Lorsque l'on dit que ce sont des milices d'extrême droite, on peut le dire à condition de  préciser qu'on parle de conservatisme. Lorsqu'en Europe, on dit que vous êtes de droite; c'est que vous êtes plutôt libéral. Si vous êtes d'Extrême Droite alors vous êtes fasciste. Les milices extrémistes au Burundi ne se définissent pas par une idéologie politique extrémiste. Elles recourent à des amalgames opportunistes. Et l'opportunisme est une recette mais pas une idéologie.  Au Burundi, les politiciens qui inspirent voir créent ces milices, ne sont eux-mêmes ni  à droite ni à gauche. Ils sont uniquement là d'où ils peuvent louvoyer. Les partis politiques au Burundi pourraient être supprimés que cela ne changerait rien. Vous entendrez souvent des politiciens  qui disent des choses qui n'ont rien à voir avec ce qui est inscrit dans la Charte de leur parti. Ce n'est pas leur problème. Et c'est cela qui est gênant.

Il faut qu'au Burundi  les gens  qui veulent réellement parler politique, qu'ils parlent de "projet de société" ou de vie collective. Quand on parle de vie collective, c'est toute une société. Une société ne change pas du jour au lendemain. Elle ne change pas de cap en une journée. Elle se meut sur base de projets durables. On manque encore cruellement de tels projets.

 Que pensez-vous des "Camps de regroupement"  ou IDPS (politique initiée par Buyoya depuis 1997 )? Vous! Vous les appelez, ainsi que Mandela d'ailleurs, "Camps de concentration" ? Rappelons  que près de 600 000 citoyens du Burundi (principalement des HUTU) sont concernées. 

S.J-M.: Le régime Buyoya a pris en otage la population prétextant que c'est pour accélérer la fin de la guerre il y a six ans. Il s'agit d'un crime contre l'humanité dont les responsables devront répondre. Les Organisations de défense des droits de l'homme et même le Département d'Etat américain ont dénoncé en vain ces pratiques absolument inhumaines. Mais ici il faut faire une mise au point. Sont aussi punissables que ceux qui ont commis les crimes ceux qui détiennent des moyens d'agir et qui laissent faire. Ce n'est donc pas Buyoya seul qui devra en répondre. La Convention pertinente précise bien que sont également punissables ceux qui ont les moyens d'agir et qui laissent  faire. Que ces camps aient tant duré n'est pas l'oeuvre du seul Buyoya et de son système auquel certains appartiennent en feignant de ne pas le savoir. Quand vous soutenez quelqu'un vous êtes aussi comptable que lui de ses actes. Etienne de La Boétie disait: "Du tyran. Ne le soutenez point. Il tombera tout seul comme un colosse qui a perdu ses pieds ". Un système dure par les soutiens qu'il reçoit. Et à la cour les courtisans sont pires que le roi.

 

 

II. La poussée de l'Extrême-Droite au Burundi (EDB).                | Menu

 

Disons que la date à retenir au Burundi reste 1972.   L'armée avec la complicité de son gouvernement et de certaines organisations comme la JRR ont en moins de deux mois  massacré  10% de la population burundaise. C'est ce que LEMARCHAND a appelé le "GENOCIDE SELECTIF". La plupart des victimes étaient majoritairement de l'ethnie Hutu. Mais certains de l'ethnie Tutsi qui n'était pas du clan de la clique au pouvoir ont été aussi massacrés.

La haine du HUTU ou du TUTSI qui n'appartient pas à la clique sera entretenu pour le parti unique UPRONA jusqu'en 1993.

En réponse à cette haine du Tutsi envers le Hutu naîtra plus tard en Tanzanie le PALIPEHUTU. Une organisation ségrégationiste où seules les  Hutu pouront être membres. 

En 1993, Melchior NDADAYE ( du FRODEBU) est élu  lors des premiers élections démocratiques face à  Buyoya (de l'UPRONA).  Tout le réseau de la classe dirigeante déchue est surprise. L'UPRONA ne l'entend pas de cette oreille.  Les gens de la clique au pouvoir depuis l'indépendance relancent tout leur réseau d'influence afin de terroriser la population. Certaines milices se mettent en actions.  Pour cause,  certains membres de la classe dirigeante d'hier se retrouve sans emploi. Du jour au lendemain, l'"ancien pauvre" accède à la place de l'"ancien riche".

C'est ce scrutin qui va faire apparaître l'image réelle de l' Extrême-droite burundaise. L' UPRONA du Major BUYOYA et le PARENA de son cousin BAGAZA sont les structures idéologiques de ce courant.

En Octobre 1993, le Président NDADAYE est assassiné par une groupe politico-militaire. Ce sont notamment des membres de l'UPRONA qui sont responsables de cet acte.  Des milices sont lancées dans les rues pour terroriser ou massacrer des civils. 

 

 

III. Le retour des réfugiés                | Menu

Depuis 1965 à nos jours, plus d'un million de réfugiés burundais (en majorité des HUTU)  vivent à travers le monde. A peu près 500 000 vivent en Tanzanie dans les camps de réfugiés.  (NB: Situation des réfugiés  Barundi en 1972 seulement dans les pays limitrophes.)

Le retour des réfugiés au Burundi est un des problèmes qu'évoque l'Extrême-Droite Burundaise (EDB). 

Cette phobie des réfugiés est une des causes qui ont poussé l'UPRONA  a mettre en oeuvre  sa politique de camps de regroupement ou (de camps de concentration) . Près d' un dixième de la population burundaise vit dans ces camps internes. Ils vivent dans une misère indescriptible. Ce sont des camps qui nous rappellent les camps  qu'ont connu les Européens pendant la seconde guerre mondiale.  

 

IV.  La politique de favoritisme envers le Tutsi...                | Menu

La clique au pouvoir entretient une politique cliéntéliste. C'est d'abord le groupe. Il n'est pas bon de naître HUTU au BURUNDI.  Et si on est TUTSI, il n'est pas bon d'être du NORD du pays.

 

V.  Emploi                | Menu

Effectivement dans un pays, où l'emploi reste encore le seul vestige de l'ETAT.  Il n'est pas étonnant de voir certains comportements de rejets de l'autre. Surtout si la discrimination est entretenue par le pouvoir en place.

 

VI.    Ordre social                | Menu

L'Uprona et le Parena  sont pour un syndicalisme contrôlé par l'Etat. Sinon pour ces derniers, il risquerait de torpiller la Nation. A cette fin, L'Uprona et le Parena proposent un certain nombre d'aménagements du droit de grève qui illustre bien leur volonté de "rétablir l'ordre mais aussi(...) l'ordre social".

La société civile burundaise est  tournée autour de ces deux mouvements politiques. Il faudrait que cela puisse changer un jour car elle est devenue un instrument de propagande de l'idéologie tribale, xénophobe et de haine. Ex. AC Génocide tous les organises des rencontres entre Tutsi sur "le thème du Génocide des TUTSI". 

VII.   Le contexte                 | Menu

Peut-être aurait-on pu ignorer cette apparition au grand jour d'un courant extrémiste n'y voyant qu'une « réaction de mécontentement spécifiquement Burundais » visant la démocratie, si, au même moment, une tendance ne s'était pas également développée dans d'autres pays, caractérisée par la vogue des groupuscules d'Extrême-Droite et des idéaux tribalistes ou fascistes.

VIII.  Face à la crise                | Menu

 

Introduction.

 

Pour mieux appréhender ce chapître, je conseille un lecture de ces trois documents.

 

A) Bref historique de l'idéologie raciste,tribale et xénophobe :

 

I.a) Avant la colonisation : avant 1885

Les Barundi sont un peuple xénophobe de nature, ce ne sont pas les Rwandais, les Arabes et les colons Allemands qui le démentiront. C'est pour cela que certains expliquent la cause de l'échec de  la plupart des tentatives de conquête qui ont eu lieu au Burundi. l'enclavement du pays , n' y pas non plus pour rien. L'esprit clanique existe aussi et provoque aussi un grain de sentiment xénophobe entre autochtone. On peut parler d'un sentiment anti-étranger très prononcé. On a peur de l'autre que l'on ne connaît pas. On ne se livre pas facilement.  C'est certainement notre culture. Ce n'est pas du racisme face aux"Arabes" ou aux "Blancs", c'est plutôt une peur de l'inconnu, l'autre. Surtout si ce dernier est agressif et non pacifique. 

I.b) Pendant la colonisation : 1889 -1961

Entre barundi, il existe déjà un "esprit tribal" comme je le décris plus haut. 

Les Allemands, puis les Belges vont eux amener le "racisme" c'est à dire  la différence entre des êtres humains de couleurs (races) différentes; "noire - blanc": les théories de la supériorité de la race blanche.
On découvre  que l'Arabe n'est pas un blanc. Et qu'il est mauvais. Lorsque vous lisez les aventures de Stanley et Livingstone, on en perçoit les prémices. Mais pendant la période de colonisation, je dirais plutôt que c'est sous forme d'une guerre des religions. Certains Barundi parlaient "swahili". Ils  étaient "arabisés". Les missionnaires voyaient cela d'un mauvais oeil. L'antisémitisme  montrait son bout de nez.

Entre barundi, on fera désormais la différence entre les "Blancs" et les "Nègres", entre  swahilophones et les autres...

Les colons vont se créer en appliquant le fameux "divided at imperium", "une race blanche" parmi les barundi.  Ils vont instruire  ceux qui seront désignés comme "Batutsi" pour qu'ils deviennent leurs intermédiaires auprès des autochtones. C'est en instituant les haines « ataviques » opposant « Bantous et Hamites », la prédominance politique de groupes « pastoraux » avec l'image de la "vache" (exprimant la culture pastorale) et de la "houe" (l'agriculteur), 
que l'ethnisation de la société Burundaise va se reconstruire. Car il s'agit réellement de rebâtir les mentalités pour les rendre "civilisées".  Par exemple, dans une classe de 20 élèves, on pouvait trouver un ou deux Hutus contre 18 ou 19 Tutsi.

On introduira  l'anthropométrie, les barundi en dessous d' 1,70 m  seront considérés comme "Hutu" (Hans Meyer).  Physiquement, on aura la différence entre les "longs ou géants de plus de deux mètres" et les "courts".  Le premier recensement à lieu, on nous apprend qu' il y a 85% de HUTU, 14% de TUTSI et 1% de TWA.

Voilà ce que M. Jean-Pierre Chrétien (un Français, spécialiste du Burundi), nous dit sur le fait d'être "Bahutu" ou "Batutsi" : " Les appartenances hutu et tutsi représentent un jeu d ' identification sociale en principe héréditaire et notamment, par rapport au pouvoir, une segmentarité des clientèles politiques ( comme les rapports « claniques » en Somalie). Bref une ethnicité réelle, mais sans ethnies au sens strict du mot."

Après la seconde guerre mondiale,  on en vient  aux discours  révolutionnaires. Le syndicalisme apparaît dans la société burundaise. On parle du « peuple » contre l' « aristocratie », de "majorité" contre  "minorité", des « esclaves » contre « seigneurs » ou encore de "paysans" contre ces mêmes "seigneurs"... L'« apartheid tribal » se montre au grand jour.  

A.b.1. Au point de vue idéologique :

En Europe et au USA:

Pendant cette période se crée une "droite" et une "gauche" partout dans le monde. Il y a la "révolution Russe". Deux guerres mondiales auront eu lieu. Entre temps, l'Europe "colonisatrice" s'est découverte "anti-sémite" . Près de 6 millions de juifs sont morts dans les "camps de concentrations". Après la victoire de alliés, la "guerre froide" s'installe. La course à l'armement commence. On aura la "salle guerre" de l'indochine. A Bandoung, on décidera de rendre les pays colonisés indépendants.  
En Europe et au USA , parmi les milieux intellectuels,  lorsque l'on évoque le RWANDA-URUNDI, on sait qu'il  y  a les Hutu (petit, bantou, négroïde, laie, rustre) et les Tutsi (grands , hamites, d'origine "Blanche", beau, noble).  

Au Burundi à cette période :

Certains pensent  qu'ils sont supérieurs aux autres. Les "blancs" leur sont "supérieurs". Certains barundi apprennent  qu'ils sont  le "peuple" et qu'ils sont dominés.  Je dirais que le burundais en générale est perçu " à droite" dans l'échéquier politique mondiale.  Il a été  très évangélisé par les missionnaires. La personnalité du roi (umwami) reste très importante. Entre les années 1920 et 1940,  deux femmes "révolutionnaires" ont  fait  parlé d'elle :  Runyota Kanyarufunzo et Inamujandi.  Runyota Kanyarufunzo était révoltée par les impôts que les colons exigés aux autochtones surtout lors des périodes de famine. Disons que l'esprit de gauche est portée par une tranche de la population  intellectuelle ou par les travailleurs  (la plupart HUTU) qui ont bénéficié des formations syndicales.  Au sein du milieu TUTSI, certains voient d'un bon oeil le départ des colons prévu par Bandoung. Comme les colons s'en vont, une place se libère.   Si les idées  révolutionnaires peuvent chasser les colons, devenont de "véritables révolutionaires".  On peut  penser que le fameux "plan HIMA" qui est une idée d'expansion des Tutsi de ce même  clan en Afrique des Grands Lacs (OUGANDA,TANZANIE, BURUNDI, RWANDA et EST-CONGO). Peut-être prend il réellement jour à cette période ?   Le comportement de certains  TUTSI va même irriter les colons Belges  entre autre RWANDA puis au BURUNDI.

Comment peut on qualifier l'extrème droite burundaise à cette période ?  C'est  un "esprit tribal aigüe"( Les Tutsi  (hamites)sont supérieurs aux Hutus (Bantus) ou aux Twa (Pygmoïdes) ou inversément). Dans les comportements, le Tutsi méprise le Hutu et réciproquement.   Elle s'appuye sur la  différence entre les races, une pensée raciste.  Le TUTSI  est "un descendant du Blanc", le TUTSI  vient d'ailleurs. C'est  une certitude. La plupart des  défenseurs du Plan Hima  ont cette esprit, il faut lire ce plan haïneux.  L'extrême droite Burundaise n'aiment  pas les swahilophones parce qu'ils sont arabophones. Ils ne sont pas chrétiens. Elle est antisémitisme. 

 

A.c) L'indépendance à 1972

Au niveau mondial,  on a  les assassinats politiques de leaders nationalistes en Afrique et en Amérique latine . Aux U.S.A., ce sont des assassinats racistes de leaders "Noir" (X et Martin Luther King ). Les américains peinent au Viétnam pendant que leur jeunesse est plutôt "WoodStock"  avec le fameux "Peace and Love".     En Europe, il y a  "mai 1968", les étudiants se rebiffent contre le "conformisme". Ils épousent les idées de la révolution chinoise ou russe.

Au Burundi à cette période :

L'enjeu est de taille qui va diriger le pays après le départ des  Belges ?   Au sein de la communauté "Tutsi", des guerres de succession pour la domination du pays s'engage entre clans. Certains ont peur de la perte des acquis de la colonisation, surtout par rapport à leur position privilégière que leur concédait les colons belges.   Du côté de la communauté burundaise intellectuel, c'est l' "esprit révolutionaire" qui règne.   L'arrivée massif au Burundi, des réfugiés Rwandais (TUTSI) défaits par la révolution "HUTU" rwandaise,  apportent au sein de certains Barundi  TUTSI, la  haïne à la fois  vis à vis du "Blanc" (le Colon Belge) et du  citoyen HUTU.  Le prince RWAGASORE est  assassiné, lui qui se présentait comme une personnalité révolutionaire. Suivra  le premier ministre NGENDADUMWE Pierre,abattu par un réfugié TUTSI  Rwandais. Le groupe TUTSI du clan des "Bahima"  de la région de Bururi  viendra s'imposer dans la politique Burundaise en destituant la Monarchie. La république est née.

Idéologiquement, l'image  politique du pays est celle de  l' "Uprona",la tendance est plutôt à "droite" malgré que le climat  des indépendances  africaines voisines est  résolument à gauche, à l'image de  Nyerere (en Tanzanie), Kwame N'Krumah (Au Ghana), Lumumba (Au Congo), Naser (en Egypte)... L'esprit du Burundais en générale est Royaliste. Mais seules, les Bahima sont résolument républicains. Il faut dire qu' au sein de l'Ethnie TUTSI, les Bahima sont un clan marginalisé. C'est un clan magoritairement représenté plus tôt au Rwanda et en Ouganda.  Les autres  qui pourraient être républicain, ce sont les marxistes. Mais ils sont peu représentatifs. 

Le courant haïneux de l'extrémisme se  trouve d'une façon manifeste chez les réfugiés TUTSI Rwandais. Ils aspirent aux idées d'un tribalisme aigüe.   Chez les Bahima, l'esprit est aussi haïneuse envers les autres clans et ethnies .

 

A.d) De 1966  à 1993 : La République ou "dictature militaire"

Les Bahima de Bururi  ( plus précisément "la clique de Bururi ") arrivent au pouvoir, et instaurent  un plan que l'on appèlera le Plan  "Simbananyie".  Il s'agit  de réaliser le plan Hima au Burundi.  Il faut arriver à créer un équilibre entre les HUTU et les TUTSI (50%, 50%). A cette époque, les HUTU représente 85% de la population.
La  clique  de Bururi va  s'accaparer du parti UPRONA, créer  la JRR , l'UTB et UFB. Comme la sous région est plutôt  révolutionaire, la nouvelle république se donne un masque à gauche. 

En 1969, la clique élimine des officiers Haut gradé ainsi qu'une première vague d'intellectuels. Tous sont des citoyens Burundais de l'ethnie Hutu.

En 1972,  l'armée de la clique de Bururi tue le prince NTARE V.  Le fameux "Génocide sélectif" s'en suivra. Entre 200 000 et 500 000 citoyens Burundais "HUTU"  sont assassinés par l'Armée Burundaise. La population Burundais comptaient à peu près 3 millions d'âmes. La Belgique stoppe en protestation sa coopération militaire avec le Burundi. La France arrive pour la remplacer. 

Les autres clans TUTSI du Burundi vont être aussi discriminer, tout au tant que les HUTU. A cette époque, à l'école, on met un "U"ou un 'I' pour distinguer les élèves HUTU ou TUTSI.

Les citoyens Barundi  HUTU  réfugiés, vont créer des mouvements politiques comme le MEPROBA, TABARA, UBU  qui sont des marxistes (gauche) puis d' autres comme le CARHB, PALIPEHUTU et le FNL (à droite, controlé par l'Eglise catholique).

En 1987, Buyoya prend le pouvoir. C'est un fait politique important car au sein de la clique va naître deux orientations. La tendance Buyoya (à droite, exerçant de bonne relation avec l'Eglise catholique) et celle de Bagaza (à gauche, en bon terme avec les courants "Libres Penseurs"). 

En 1988,  100 000 citoyens Burundais "HUTU"  sont assassinés par l'Armée Burundaise.

A partir de 1990, le Burundi va vers une tentative de démocratisation après le discours de la Baule par le Président Mitterrand (Français). La clique est contrainte à créer des institutions démocratiques sans quoi ses rentrés seront revues à la baisse.

Les élections sont prévues pour 1993, les burundais les  préparent.
On se dirige vers une bipolarisation de la vie politique Burundaise.
D'un côté, l'UPRONA (ex-parti unique (Buyoya)) , le PARENA (Bagaza)   conduites par la clique de Bururi et de l'autre le FRODE dire les citoyBU représentant tous les mals aimés de la dictature. C'est àens  HUTU  mais aussi les autres clans TUTSI  écartés  par le système.

L'extrême droite Burundaise  se transforme à  cette période, en une organisation assez  structurée à la taille d'un état ou une nation.  On est passé de la forme plutôt tribale (ethnie, clan) à celle d'un système étatique (Nation). Elle est représentée structurellement  par  la clique de Bururi  au sein  de l'UPRONA et de tout son tissu associatif (JRR, UTB, UFB) qui prône un état "fasciste". Il est à noter aussi l'influence toujours présente de la minorité des TUTSI du Rwanda qui persiste dans leur tribalisme aigu.  Ils  sont  d'une grande utilité pour la clique. Par exemple, on se souvient de la mort du premier ministre  Ngendadumwe en 1965 et de l'implication de cette communauté dans le Génocide Sélectif  de 1972.  L'esprit  tribal aigu va naître chez certains  citoyens Burundais HUTU  sous la forme d'un parti politique en exil:Le PALIPEHUTU.

 

A.e) De 1993 - 2002 : (Election + Guerre Civile au Burundi )

1993, le président NDADAYE est assassiné par l' Armée avec la complicité de l' Extrême-droite.

Naissance de plusieurs organisations et milices d'Extrêmes-Droite (Sojedem, Sans échec Sans défaite, Ac Génocide, Pa Amasekanya ...).

1996-2002 : Les camps de concentrations apparaissent au Burundi avec la politique de regroupement des civils par le Major Buyoya.

En 1996 : Les massacres de citoyens Burundais dans les camps de réfugiés  au Zaïre.

 

L'Extrême Droite est là et bien présente. Face à ce fléau,  des  citoyens démocrates s'organisent et prennent les armes pour  le combattre ; C'est la Guerre civile.

 

En Résumé : 

Le type du Burundais ou  de la Burundaise  tribaliste, xénophobe ou  raciste:

 

  • Il ou elle est membre ou à des affinités idéologiques  avec les partis suivants :  UPRONA, PARENA ou PALIPEHUTU

  • Quelques caractéristiques idéologiques tribalistes, xénophobes, racistes ou fascistes

 

B) l'UPRONA et le PARENA     | Menu

Les mesures proposées, au Burundi, par l'UPRONA ex parti-unique (ou le PARENA) ne sont pas tombées du ciel. Montrer du doigt le HUTU comme un bouc émissaire, mettre en place des politiques d'exclusion, telle est l'apparence de ces mesures.

Mais elles s'inscrivent aussi, à leur manière, dans une tentative plus vaste, qui vise à définir les nouveaux concepts et les nouvelles formes d'organisation et de contrôle  de cette société touchée de plein fouet par la guerre civile.

Il s'agit  d'une bataille idéologique qui , sous prétexte de résoudre la crise,  tend en fait à s'opposer frontalement  aux notions de droits de l'Homme.

Idée de base de l'UPRONA  (Attention, c'est un document très rusé) (ou du PARENA)  :  La démocratie, qui donne un pouvoir trop accrue au peuple, c'est du passée. La démocratie n'est pas fait pour le Burundi.  L'UPRONA (ou le PARENA) prônera  plutôt une conception  limitative de la démocratie et de la liberté d'expression et de critique notamment , à l'encontre  de ceux qui saperaient les fondements de leurs orientations politiques.

Derrière l'UPRONA ou le PARENA se trouve la clique de Bururi. Cette dernière est contre  le peuple burundais. Elle prône au contraire la ségrégation. Elle est contre tout forme d'Etat de droit. La clique donne le droit.  Elle est pour un marché clientéliste. Elle défend ses intérêts particuliers.  Voici quelques caractéristiques générales :

  • Elle souhaite son avantage personnel (Elle impose le tribalisme).
  • Elle impose l'ignorance des autres groupes. Celle-ci vient de l'isolement social, du manque d'instruction.
  • Elle entretient  les tensions nationales (notamment ethniques, claniques ou régionales)
  • Elle craint la concurrence et défend ses intérêts propres. Oui, il y a des raisons économiques.
  • Elle utilise une diversion politique : "le Génocide des Tutsi",  " l'idéologie d'autodéfense" etc.  Ainsi que des thèmes qui tournent autour. ex: AC Génocide ... 
  • Elle a horreur des différences. Par exemples, les réfugiés HUTU on en veut pas. C'est une sorte d'"ethnocentrisme". Elle a tendance à nier la diversité ethnique du Burundi et à la supprimer, lorsqu' elle se rend compte de son existence.

Il n'est pas anodin de noter que bon nombre des théoriciens et des idées de  l'E.D.B.  trouve aujourd'hui  leur place au sein de partis plutôt conservateurs .  C'est-à-dire à l'UPRONA, au PARENA ou encore dans  des partis satellites à l'UPRONA ou au PARENA.

Le PALIPEHUTU est une réponse à cette état de  fait. Dans ce sens elle fait parti de l'E.D.B.  

         

         NB:    E.D.B. = Extrême-Droite Burundaise.

 

 

IX. Le réseau d'influence

L'influence de l'E.D.B. s'étend bien au-dela des frontières du pays, des partis, des groupements qui la composent. Elle s'exerce à travers tout un réseau d'instituts, d'associations, de cercles culturels et socio-professionnels, de clubs. Ces structures permettent l'échange des idées et la rencontre entre militants et sympathisants de l'E.D.B. et parfois des conservateurs qui regrettent le "passée perdu". En un mot, elles servent de passerelles. Idéologiquement, tout le réseau d'influence tourne autour de l'UPRONA ou au PARENA. Et plus en profondeur, on retrouve la clique politico-militaire au pouvoir. Les tentacules de la pieuvre s'étendent à travers le Monde.

Par exemples, le "Génocide TUTSI" ou encore "l'Autodéfense" sont des thèmes qui servent fréquemment de prétexte à de tels rapprochement et il existe des structures qui permettent ces rencontres. Les militants d' E.D.B. et des Ultra-Conservateurs (par ex. des membres du parti UPRONA ou du PARENA ou encore petits partis satellites )  viennent  et échangent leurs informations et leurs analyses géopolitiques  sur le modèle des "think tanks" américains.

 

1/ A.C. GENOCIDE.

Ici ,  c'est la création du réseau UPRONA.  Le nom pourrait sembler noble mais détrompez vous! En effet, c'est l'oeuvre de gens intelligents. Par exemple,  pour AC Génocide, M Venant BAMBONEYEHO son président est professeur, se cache sous la couverture d'une ligue des droits de l'homme Burundaise.(SONERA).

Ses idées :

- a) Ce qu'elle pense :

- b) Ce qu'elle dit et écrit: (Incohérence)

Son site internet:

Ce qui est vraiment dangereux dans cette organisation, c'est son président.

 

2/ L'INSTITUT DE HAVILA

Il s'agit d'un réseau plutôt de tendance PARENA.  Son but est d'attester la thèse Hamitique  pour dire que le TUTSI est différent du HUTU et que la différence est sur le fait que  le TUTSI est juif.  L'idée est à la fois de créer une différence culturelle du peuple Burundais, et  de là donner du crédit à  la discrimination envers le HUTU. Cette discrimination existe déjà. Surtout HAVILA, grâce à cela, essaye de se connecter à certains réseaux d'obédience JUIVE pour un positionnement politique mondiale. Notons que le PARENA autrefois, a tenté la même chose avec les réseaux "ARABES" notamment  par le biais de la LIBYE de KADAFI. Ce réseau est aujourd'hui au main de l'UPRONA.  

A) Lisez comment l'Institut HAVILA est décrit par M.  Erik Kennes du  CEDAF : 

Un "Institut des GRANDS-LACS" existe depuis un certain temps et regroupe dans la plus grande discrétion les grands intellectuels tutsis a travers le monde. Dans les milieux tutsis, il s'appelle "Institut de Havila" et "rassemble pas moins de sept centres de Recherche, d'Intervention et de Rayonnement, implantés sur presque tous les continents". Ces centres ont l'objectif commun de restituer et de faire revivre la «mémoire perdue» des douze codes hébraïques qui ont caractérisé, depuis des millénaires, la civilisation des peuples kushitiques de l'Abyssinie Méridionale (Rwanda, Burundi, Buha, Ankole, Buhavu, etc.) et gardiens des Mines du Roi Salomon'. 

Chacun de sept centre de l'institut de Havila a sa mission. Selon l'importance de sept centre de l'institut de Havila, mentionnons:

1) Le Centre «GEDEON»: 'observatoire de la situation sécuritaire et stratégique des peuples shébatiques de Havila.  Il fait régulièrement rapport a l'Institut afin que les membres de Havila s'habituent a avoir les pieds sur terre c d'avoir l'œil rive sur les contradictions de l'histoire présente, faites de crises transitionnelles, d'affrontements armés. 

2) «Le Centre «ROI SALOMON», s'occupe de l'Analyse économique et financière dans Havila. 'Comme par hasard, devons-nous rappeler des expressions véhiculées par les promoteurs de cette conquête en Afrique centrale: "Mines du roi Salomon" (le Kivu), les 'Pipelines du Roi Salomon' (projet en cours avec le gouvernement Kabila pour offrir l'eau du Fleuve Congo a Israël) . En essence, comme pour le cas du nom "Mulenge" dans la guerre actuelle qui a commence au Kivu, la mission que se donne 'le Centre Roi Salomon' de l'Institut Havila, soulève la curiosité de savoir ce qui restera aux Congolais en tant que peuple.

3) Centre «HAKIM» rassemble des spécialistes en Médecine, en sciences naturelles, en Écologie, charges d'étudier les conditions Ecosystemiques dans lesquelles ont émerge les civilisations anciennes de Havila, le mode de vie et d'alimentation des peuples de Havila, qui en ont fait dans le temps des peuples de centenaires, comme les caucasiens.

4) Le Centre «MULENGE» a la mission de maîtriser ce qu'on appelle les Nouvelles Technologies de Communication; il doit rassembler la documentation, les pièces d'archives, relatives a Havila, mais aussi publier, dans les Annales de Havila des dossiers documentaires sur toute question jugée cruciale par la direction de l'Institut. Le Centre d'«ISHMGO», qui appuie <MULENGE>, s'occupe notamment des questions logistiques ; il est charge entre autres de collecter des pièces de Musée caractéristiques des peuples anciens de Havila, d'organiser des manifestations culturelles et folkloriques spécifiques aux civilisations de Havila, de faire fonctionner la «Fabrique d'Ishango» au sein de laquelle des artisans spécialises reconstituent l'art et l'artisanat salomonique de Havila 

5) Le Centre «TECHOUVHAH» s'occupe de la connexion mémorielle des peuples shébatiques du Nil Blanc : Havila (GRANDS-LACS) et du Nil Bleu : Guihon (Éthiopie, Somalie, Érythrée, Ogaden, Ghana, Nigeria), etc.

6) Le Centre «SACEGA»: Souvenir de l'institution du bâton de justice et de gouvernement dans Havila. En Kirundi ce bâton "Intahe" rappelle "la déconnection physique et mémorielle des peuples de Havila par rapport a la mémoire de l'antique Israël, dont ils gardent néanmoins les codes salomoniques et mosaïques, coules dans des traditions multimillénaires, jusqu'ici épargnées de toute tentative de décodage systématique".

7) Le Centre «BILKIS-REINE DE SABA» qui avait organise cette conférence, est charge de l'Analyse et de l'Intervention politique et diplomatique pour les questions relatives au destin des peuples de Havila;

Pour les tutsis, la prophétie a ses caractéristiques: pas le retour historique vers Israël 'mais le retour vers l' Israël prophétique que figure la «Techouvha»,  l'espérance de la réunification des "Tribus perdues d'Israël " qui est l'espérance mystique centrale du peuple d'Israël, dispersé aux quatre coins de la terre, depuis la destruction du premier Temple et la déportation a Babylone (-586) qui marque la dispersion dans les Nations'.

Les sources de GRANDS-LACS Confidentiel indiquent que les grands intellectuels tutsis ont célèbré le 'troisième millénaire', par 'la réunification physique des tribus perdues de Havila, de Guihon et du Fouta Djalon' . Une 'gigantesque festival' était tenue pendant 10 jours (du dimanche 24 octobre au mardi 2 novembre 1999) a AGULERI dans l'Igboland (au Nigeria). Période conforme à la fête juive de la sortie de l'esclavage d'Égypte

B) Voici ce que dit  M. SINDAYIGAYA Jean-Marie,sur la Thèse Hamitique ou Chamite :

La thèse Hamitique... Cela ne tient pas debout. C'est du vent. Je ne suis pas  anthropologue. Mais l'anthropologie est une science. Les TUTSI seraient des "Juifs". Très bien. Mais leur langue, elle est partie  où ? Ils l'ont laissée où ? Normalement, quelque part, on retrouverait la langue des Tutsi, de "ces Juifs venus aux Grands Lacs".  Maintenant, il y a des gens comme Jean Bwejeri (HAVILA) qui inventent des théories.  Ils disent que quand un grand éleveur rencontrait un autre il lui disait: "Amasho!" (lui souhaitant d'avoir beaucoup de vaches"... un grand troupeau).  HAVILA dit que cela ressemble au salut juif "shalom". Aucun linguiste n'acceptera de cautionner leurs élucubrations. Les vrais Juifs devraient leur demander d'arrêter parce qu'ils les ridiculisent. C'est de la malhonnêteté.   Aujourd'hui, il y en a qui reçoivent le financement de  on  ne sais quel lobby. Mais cela ne durera pas. Ils profitent des luttes de positionnement géostratégique en Afrique. Entre la Bible et la science, il y a une différence. Il y a des thèses qui disent même que  les premiers habitants de la "palestine" n'étaient pas juifs.  Les juifs seraient  venus et ils les auraient  chassés. D'où, ceux qui ont été chassés vers l'Afrique n'étaient pas juifs. Bwejeri, qui est- il alors ? Les coutumes et le mode de vie contredisent souvent les théories les plus prétentieuses.  Une anecdote: J'ai vécu pendant quelques années au Kenya, lorsque l'on voit l'habitat des hima au Burundi, on retrouve le même habitat et certains traits de  mentalité chez les Kikuyu du Kenya . Mais les uns on les dit Bantou et les autres Nilothiques. C'est au pifomètre qu'on classe les humains.

 

 

3/ Puissance d'autodéfense (PA) Amasekanya

Elle est issue du réseau UPRONA. Lisez ce qu'en dit HIRONDELLE NEWS AGENCY le 18 janvier 2002 :  Une organisation extrémiste rejette l'assemblée de transition:
Puissance d'autodéfense (PA) Amasekanya, une organisation extrémiste tutsie, a déclaré rejeter l'Assemblée nationale de transition burundaise, affirmant qu'elle est dominée par des "responsables du génocide des Tutsis". Dans une pétition publiée jeudi, 1327 membres de PA-Amasekanya écrivent :"Nous Burundais, membres de PA-Amasekanya et nous, qui soutenons le combat de ce mouvement qui résiste contre le génocide des Tutsis soutenu par FRODEBU-CNDD-FDD, le PALIPEHUTU/FNL et leurs alliés, portons à la connaissance de la communauté nationale et internationale que nous rejetons la soit-disante assemblée".

4/ D'autres organisations en vrac :

U.F.B. (Union des femmes Burundaises. OR Burundian Women's Union)

Le Réseau International des Associations qui luttent contre l’idéologie du génocide au Burundi (NKUBANYI Mélence)

SOJEDEM (Solidarite de la jeunesse pour la defense des minorites)

RADECO (Rassemblement pour la Démocratie des Communautés au Burundi)

NETPRESS (AGENCE DE PRESSE - TRIBALISTE)  diffuse l'ensemble de la presse d'E.D.B. et dispose de soutien financier d'ex- dignitaires. 

ITEKA (ligue ITEKA)

 

ETC.  (Pour plus de détails)

 

Ces quelques exemples, qui sont bien loin de constituer une liste exhaustive, montrent l'étendue des contacts que les partisans de l'E.D.B. sont à même de tisser. Ils montrent aussi qu'il n'est pas besoin d'alliances formelles, de partis à partis, pour que des liens se nouent entre ultra- conservateurs (ex-fanatique du parti Unique) et l'E.D.B., en particulier quand des laboratoires d'idées communs sont à même de fournir des argumentaires et des analyses indistinctement utilisés par les uns et par les autres.

NB:    E.D.B. = Extrême-Droite Burundaise.

 

 

 

X. Panorama des groupes d'extrémistes     | Menu

 

Voici quelques exemples : (pour d'amples détails cliquez ici)

 

1/ La JRR:

JRR

The Jeunesse nationaliste Rwagasore (JNR), Rwagasore Nationalist Youth, a youth wing of the former ruling Union pour le progrès national (UPRONA), Union for National Progress party, was the first organized political group to be involved in widespread killings overtly sanctioned by national political leaders in Burundi.
The JNR, named after Burundis first Prime Minister, Prince Louis Rwagasore, was later renamed Jeunesse révolutionnaire Rwagasore (JRR), Rwagasore Revolutionary Youth. The Tutsi-dominated youth wing was made up of secondary and university students, school leavers and unemployed youths. It claimed to represent Burundi nationalism. The JNR and JRR played a significant role in January 1962 when Hutu trade unionists were hunted down and in massacres of Hutu in 1972.  The Tutsi-dominated youth wing was, however, set up as a civilian unarmed group to defend the government and Tutsi.Before the current civil war began in 1993, there were two main Hutu armed groups. These were the Parti de libération du peuple hutu (PALIPEHUTU), Party for the Liberation of the Hutu People, and the Front de libération nationale (FROLINA), Front for National Liberation. There were no publicly known Tutsi armed groups. This appears to be mainly because the Tutsi community was not in conflict with the government and expected government forces to protect it. However, during intercommunal violence or when there were attacks by PALIPEHUTU or FROLINA, JRR youth wingers took part in military counter-insurgency operations and reprisal attacks on Hutu. The victims of armed JRR gangs were virtually always Hutu. Hutu armed groups attacked members of the security forces, government officials and Tutsi and Hutu civilians who did not support them. (AMNESTY INTERNATIONAL

Le Sigle de Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore est mouvement de jeunesse créé en 1967 et affilié au parti unique Uprona. Depuis septembre 2001 (Signature d'Arusha), la JRR s'est tournée vers l'UPRONA de MUKASI.  Elles ont participé activement avec l'aide de l'ARMEE à la purge des HUTU en 1972 lors du Génocide de 1972. La JRR ,tout comme les autres mouvements d'extrême droite, multiplie dans ces communiqués les termes évoquant les HUTU tels "terroristes génocidaires". Pour cette jeunesse, les Hutu sont des génocidaires et ne comprennent pas comment certains TUTSI ont pu signer les accords d'ARUSHA ou négocient avec des HUTU. Son côté nationaliste on la retrouvre dans cette phrase : "LA JRR ESTIME QUE SANS UN SURSAUT PATRIOTIQUE NATIONAL, LE PAYS EST ENGAGE SUR LA VOIE DE LA DECHEANCE NATIONALE." Pour cela il faut conscientiser les jeunes TUTSI. Voilà ce que la JRR  dit: "LE DEVENIR DE LA NATION PAR LA MOBILISATION DE TOUTE LA JEUNESSE EN VUE DE BARRER LA ROUTE AUX IDEOLOGIES GENOCIDAIRES EN VOGUE AU BURUNDI ET CONSACREES A ARUSHA". Pour la JRR, il faut comprendre par GENOCIDAIRE les HUTU du BURUNDI.   Ce sont ces codes qui permettent de comprendre le langage que l'extrême droite Burundaise  utilise pour ne pas  se faire surprendre ou démasquer.

 2/ Les Sans Echecs Sans Défaites.

"Au début 1994 à juillet 1996, plusieurs gouvernements bi-ethniques et multipartites ont successivement essayé de résoudre les différences fondamentales concernant la gestion du pays. Ils ont échoué. Durant cette période, la plupart des groupes d'autodéfense ont cessé leurs activités mais quelques-uns se sont organisés en milices à base ethnique qui ont sporadiquement entretenu la violence de la fin 1993. Les milices tutsi basées dans la capitale et dans d'autres zones urbaines (par exemple, les Sans Echecs ou les Sans Défaites) ont bloqué les initiatives gouvernementales en réduisant la vie urbaine au point mort à travers des opérations dites villes mortes. Tout au long de 1995 et 1996, ces milices ont chassé un grand nombre de civils hutu de Bujumbura et d'autres zones urbaines et ont également vaincu des groupes armés de jeunes Hutu, parfois avec l'aide de l'armée. Certains membres des forces armées burundaises ont formé des milices tutsi ou leur ont fourni des armes à feu, des munitions et des grenades. En échange, ils comptaient sur ces milices pour avancer leurs propres intérêts politiques et personnels ainsi que leur programme ethnique.  Le commandant Pierre Buyoya prit le pouvoir lors d'un coup militaire en juillet 1996, promettant de restaurer l'ordre. Il prit le contrôle des milices tutsi, en partie en incorporant nombre de leurs membres dans l'armée.

3/ Les Gardiens de la Paix.

Ce groupe paramilitaire est intéressant car il permet de comprendre le lien qui se situe entre les autorités politiques (Tutsi) , l'armée national (Tutsi) et les groupes d'extrème droite (Tutsi) confondus au sein d'une société civile douteuse. Lisez ce qu'en dit Human Right Watch :

- En cherchant à masquer la nature officielle de ces programmes, les autorités burundaises ont prêché l'idéologie de "l'autodéfense". Prétendant que l'état n'avait pas les moyens de protéger ses citoyens, les autorités ont invité les gens (Tutsi) à assurer leur propre défense. Une telle invitation ne peut qu'accroître les peurs déjà existantes dans une situation de graves tensions ethniques, conduisant chaque groupe à croire qu'il a le droit - peut-être même le devoir - de protéger ses propres intérêts. Des hommes politiques ou des officiers de l'armée cherchant à mettre en avant leurs propres objectifs personnels ou ethniques pourraient tenter d'exploiter l'impulsion de "l'autodéfense".

C'est une milice para-militaire armée, entraînée par l'armée qui se livre à de nombreuses tueries, viols et pillages. Ils font parti du programme d'auto défense sponsorisé par le gouvernement Burundais: "Protéger les Burundais". Ils sont responsables de nombreuses violations du droit humanitaire international. L'armée, dont les effectifs sont insuffisants pour maintenir la sécurité dans tous les villages et les hameaux isolés, a recruté des civils qu'elle a armés et entraînés pour la suppléer. Ces Gardiens de la paix, qui évoluent par petits groupes, encadrés à chaque fois par un militaire, sont essentiellement des Hutus. Certains sont d'anciens rebelles , prisonniers de guerres ou prisonniers politiques, que l'armée oblige sous peine diverses à devenir des gardiens de la paix. Par la suite, ils sont envoyés dans les provinces encadrées par des responsables militaires et administratifs. Ces paramilitaires sans uniformes ont confessé tuer leurs victimes à l'arme à feu, à la machette, à la baïonnette ou même à la serpette. Les soldats de l'armée qui les encadrent assistent aux meurtres commises par ces derniers. Human Rights Watch (HRW) a appelé le gouvernement burundais à "démobiliser cette force paramilitaire responsable de nombreuses violations du droit humanitaire international".

Si on quitte le domaine particulier, on s'aperçoit vite qu'il existe bien d'autres passerelles entre certains partis conservateurs étrangers (ex- parti dictatoriaux ou autres pouvoirs coloniaux ) et l'E.D.B.

 

 

XII.  La violence, les  attentats, les complots  | Menu

 

L' E.D.B. baigne depuis des années dans un climat de grande violence. On ne compte plus les agressions de TUTSI  contre des HUTU  directement inspirées par ce groupe. De nombreux actes de vandalisme ont lieu chaque année.

De même, les militants d'extrême-droite n'hésitent pas à recourir à la violence physique contre leurs contradicteurs lors de réunions publiques, de distributions de tracts ou de manifestations. Mais certaines organisations ont délibérément choisi la violence et le terrorisme comme seul mode d'expression politique. C'est le cas de milices Sans Echecs ou  Gardiens de la paix. 

La stratégie de la tension, mise en place par des officiers des services secrets, des militaires de haut rang, des industriels et des militants d'extrême-droite va laisser des traces sanglantes pendant près d'une décennie. Il s'agit d'organiser, par des attentats et des provocations, la prise de pouvoir par l'armée et les secteurs les plus conservateurs, pour s'opposer à toute avancée des forces démocratiques.  La résultante est les diverses massacres qu'a connu le pays.  

 

C'est dans ce climat de violence organisée, revendiquée, partie prenante du discours de la « force », de l'« action », de la « virilité », que s'inscrivent les multiples agressions ethniques évoquées plus haut. Si la plupart des attentats et des actes violents sont le fait de groupuscules extrémistes et sont formellement dénoncés par les partis à la recherche de respectabilité, comme l'UPRONA ou le PARENA, le discours d'exclusion, le culte du chef, les slogans simplistes professés par ces mêmes partis ne sont pas étrangers, tant s'en faut, à ces explosions de violence. Le passage à l'acte est parfois inévitable, dès lors que les militants ou les sympathisants n'arrivent plus à faire la différence entre ce qui relève de la rhétorique de tribune et ce qui remonte de peurs, de rancoeurs accumulées et de pulsions violentes. En ce sens, un discours politique comme celui de l'UPRONA ou du PARENA, même s'il reste le plus souvent dans le cadre de la légalité, ne peut, en remettant en cause les valeurs démocratiques et les droits de l'Homme, en maniant les invectives les plus grossières contre ses adversaires, que faire pencher dangereusement la balance dans la direction de la violence politique.


XIII.  Recruter les jeunes  | Menu

Il s'agit de la vulnérabilité de certaines franges de la jeunesse à ces idées, aux pratiques de violence qui les accompagnent et au mépris de l'organisation sociale qui en découle.

L'E.D.B a  créé des structures particulières destinées à recruter les jeunes, lycéens et étudiants, bien sûr, et nous y reviendrons, mais,aussi, et c'est relativement nouveau, les jeunes issus  des milieux défavorisés . Là comme ailleurs, les thèmes de propagange sont les mêmes, issus des dommages que tant la crise que les méthodes employées pour la résoudre ont infligés à leur milieu.
Bien sûr, les organisations de jeunesse des groupes d'extrême droite   ayant pignon sur rue,comme la J.R.R.  se défend d'entraîner leurs recrues dans des actions violentes ou illégales, mais on peut tout de même noter la tonalité plus dure de leurs slogans, le caractère moins nuancé de leurs publications, leur tribalisme moins bien camouflé derrière les thèmes « Génocides des Tutsi ou encore autodéfense  ». 

XIV. L'inquiétude  | Menu

Avoir constaté et vérifié qu'il existe au Burundi  une tendance à la xénophobie, et que, simultanément, des groupuscules radicaux de l'E.D.B. continuent à sévir dans de nombreux coins du pays tel les "gardiens de la paix" et entretiennent malheureusement des relations avec le pouvoir en place, tel est le résultat conclue par les rapports de Human Right Watch  et Amnesty International au Burundi. Telle était la quintessence des auditions publiques: dans tout le Burundi, l'intolérance à l'égard de certaines tranches de la population, en l'occurrence les HUTU,  s'accroît.  Les réfugiés de retour dans leur pays , sont l'objet de discriminations. Souvent ils sont directement amener dans les camps à l'intérieur du pays (I.D.Ps ou Camps de concentration ou camps de regroupement). Voilà pourquoi il convient d'établir une corrélation entre le sentiment  d'insécurité ressenti par certains individus face aux combats entre le gouvernement et les rebelles d'une part et  aux retours massifs de réfugiés Hutu  de l'autre; et qui se mue en hostilité, d'une part, et en tribalisme et en fascisme, d'autre part.

Cette constatation se complète par la conclusion évidente à l'issue des rapports d' Amnesty International que ces tendances xénophobes créent un climat propice à l'extrême-droite dans toutes ses nuances. Cette évolution qui touche des milieux plus larges de la société emprunte une voie qu'ont toujours fréquentée les tribalistes et les fascistes. Ce parallélisme est une source d'inquiétude même si ces tendances xénophobes ne sont pas, au premier chef, l'œuvre des extrémistes de droite et n'aboutiront pas forcément à élargir leur audience ou à conforter leur position. Mais les terrains d'entente sont par conséquent plus nombreux que si ce parallélisme n'existait pas.

En effet, les thèmes chers à l'extrême-droite font de plus en plus fréquemment l'objet de débats publics, par exemple  à l'Assemblée Nationale de transition ou au Sénat de transition, où l'on parle plus ouvertement, c'est-à-dire avec moins de honte et de réserve.