Extrême Droite Burundaise/ Institutions - UPRONA : Les "putschistes" et "génocidaires" harmonisent leurs discours anti-démocratiques.
Après avoir laissé cinq mois à la démocratie au Burundi en 1993, Buyoya et ses amis font un putsch sanglant. Ils tuent NDADAYE et provoque, suite à une planification savamment orchestrés militairement et diplomatiquement, un massacre interethnique sans précédent. Le gouvernement autoproclamé décident de destituer tous les élus locaux et les remplace par des militaires. Il refuse l' intervention d'une force internationale de paix et réalise un véritable "génocide". Près de 800 000 citoyen(ne)s Burundais(es) HUTU se réfugient dans les pays voisins. Cela en est trop, la population décide de s'organiser et prend les armes en vue de ramener la Démocratie et les institutions qui viennent de leur être confisqués par une poignée d'individus sans scrupules. C'est le début de la guerre civile au BURUNDI.
Ceux qui ont organisé et réalisé le PUTSCH SANGLANT de 1993 au BURUNDI :
| Noms | Civil(C) Militaire(M) |
Parti politique |
| Major Buyoya | M/C | UPRONA |
| Major Nzobonimpa | M | UPRONA |
| Major Ndayisaba | M | UPRONA |
| Major Rumbete | M | UPRONA |
| Major Busokoza | M | UPRONA |
| Major Isaïe Nibizi | M | UPRONA |
| Colonel Alfred NKURUNZIZA (Beauf de KADEGE) | M/C | UPRONA |
| Lieutenant - Colonel Pascal Simbanduku | M | UPRONA |
| Lieutenant- Colonel Daradangwa | M | UPRONA |
| Lieutenant- Colonel Baribwegure | M | UPRONA |
| Lieutenant - Colonel Jean Bikomagu | M/C | UPRONA |
| Lieutenant- Colonel Charles Ntakije | M/C | UPRONA |
| Lieutenant - Colonel Epitace Bayaganakandi | M/C | (UPRONA - avant) |
| Lieutenant- Colonel Mamert Sinarinzi | M | UPRONA |
| Lieutenant Jean-Paul Kamana | M | UPRONA |
| Lieutenant Ngomirakiza | M | UPRONA |
| Lieutenant Ntarataza | M | UPRONA |
| NGEZE François | C | UPRONA |
| KADEGE Alphonse | c | UPRONA |
| MUKASI Charles | c | UPRONA |
| BARARUNYERETSE Libère | c | UPRONA |
| RUKINGAMA Luc | c | UPRONA |
| MANWANGARI Jean-Baptiste | c | UPRONA |
| MATUTURU Claudine | c | UPRONA |
| (* )Frédéric Ndayegamiye (Directeur de Cabinet- NDADAYE) bonne relation d'amitié avec BIKOMAGU | c | FRODEBU |
| (*) Jean-Marie Nduwabike (chef du Protocole d'Etat) bonne relation d'amitié avec BIKOMAGU | c | FRODEBU |
(*) Etaient au courant du Putsch et ont "trahit" le Président NDADAYE.
Là commence la vraie guerre entre les démocrates et les anti-démocrates. Les anti-démocrates ( ou putschistes et génocidaires), en réalité anciens détenteurs du Pouvoir sous la dictature de 1966 à 1993, n' ayant pas été préparés à la vie d' opposants et aussi par le fait que leurs intérêts d'autrefois étaient réduits considérément, concluent de manière savante, suite à cinq mois d'expérience démocratique au Burundi , que la Démocratie n'est pas faite pour ce pays. Pour eux, les élections de 1993 étaient "ethniques". Il résulte donc qu'il faut créer un ETAT ethniquement organisé. Cela conviendrait mieux disent-ils !
Ils réalisent un document, financé par USAID, et imposent leurs idées dévastatrices aux Accords de Paix d' Arusha de 2000.
L'idée sudjacent : - (1) Anti- démocratique: Ne plus demander à la population Burundaise sont avis ("Non !" au suffrage universelle directe (p.105)). Plutôt passer par des Représentants des citoyens Burundais. ("Non !", à la démocratie car elle est "la dictature de la majorité")
- (2) Oui ! aux quota ethniques(Institutionalisation de l'Ethnisme )
- (3) Contre le scrutin uninominale et pour un scrutin de liste bloqué à la représentation proportionnelle comme en 1993 mais avec un système de quota pour garantir un minimum de présence de chaque ethnie.(p.111)
Quelques exemples :
- Le président serait voté par le parlement au suffrage universelle indirect ou consensus. Les membres du parlement (SENAT - ASSEMBLE)devraient être indirectement élu car pour les rédacteurs de ce document le suffrage universelle directe est injuste pour les TUTSI.
NB: Pour l' Assemblé, ils évoquent le suffrage directe mais obligent un système de quota (1/3 au moins pour chaque ethnie)
Une fois sur deux, le président serait issue d'une ethnie différente.
- Au niveau communale, le Bourgmestre serait voté au suffrage universelle indirect.
- On y parle d' un Conseil des sages (~SENAT)
- Si il y a un premier ministre, il serait de l' ethnie différente du président.
- Le gouvernement devrait être ethniquement équilibré (p.108)
Août 1996
- ETUDE D'UN SYSTEME INSTITUTIONNEL ADAPTE AU BURUNDI ;
FONDATION POUR L'UNITE, LA PAIX ET LA DEMOCRATIE/USAID ;
Il présente une étude réalisée en 1996 sur la demande de M. Pierre Buyoya. L'idée était de trouver un modèle institutionnel démocratique différent de celui de 1993 basé sur la Constitution de 1992. Les experts qu'il a mandaté ont par ce travail instaurer l'institutionalisation de l'Ethnisme au Burundi. En effet, les Accords d'Arusha sont les conséquences de ce document. A partir des pages 102 vous pouvez comprendre qu'en réalité l'esprit des institutions qu'on nous annonce pour le Burundi, n'est pas très démocratique. Ces fameux experts "UPRONISTES",pour la plupart, se basent sur une expérience démocratique de 5 mois pour conclure, en d'autres mots,que c'est la faute de la Constitution de 1992 que l'armée Burundaise a du faire son putsch en assassinant le Président vainqueur des élections démocratiques. Ainsi ils proposent que l'on crée un modèle démocratique dont le fondement est l' "ethnisme" où le président serait voté par le parlement. Une fois sur deux, il serait issue d'une ethnie différente. Au niveau communale, le Bourgmestre ne serait pas voté au suffrage universelle direct. Et tout cela est argumentée par une enquête non significative réalisée en avril et mai 1996 en pleine guerre civile, avant le putsch de 20 juillet 1996. (Une enquête totalement contradictoire du raz de marée qui a fait que NDADAYE soit élu en 1993.)Sources : http://www.burundi-sites.com/agnews_guerre_institutionelle.htm
Maintenant que l'on vient de connaître les attentes institutionnelles de l'UPRONA, voyons ce qu' en 2000, les signataires des Accords D'Arusha ont signé :
Lisez ce document :
LES DISPOSITIONS DE L'ACCORD D'ARUSHA RELATIVES A LA JUSTICE EN TRANSITION ET A LA PROTECTION DES DROITS HUMAINS
La Constitution stipule qu’à l’exception de la toute première élection présidentielle, le Président de la République est élu au suffrage universel direct, chaque électeur ne pouvant voter que pour un seul candidat ( II, 1,A7,p.35).
En ce qui concerne l’Assemblée nationale, le système électoral est celui des listes bloquées à représentation proportionnelle. Aux termes du Code électoral révisé, les listes doivent avoir un caractère multiethnique et tenir compte de l’équilibre entre les hommes et les femmes. Pour trois candidats inscrits à la suite sur une liste, deux seulement peuvent appartenir au même groupe ethnique, et au moins un sur cinq doit être une femme (II, 2,A20,p.52).
Pendant une période à déterminer par le Sénat, la force de défense nationale ne compte pas plus de 50% de membres appartenant à un groupe ethnique particulier, compte tenu de la nécessité d’assurer l’équilibre ethnique et de prévenir les actes de génocide et les coups d’Etat (III, 2,A14,p.70).La correction des déséquilibres dans les corps de défense et de sécurité est abordée progressivement dans un esprit de réconciliation et de confiance afin de sécuriser tous les Burundais (III, 2,A16,p.72.) ...Une commission nationale est chargée de la sélection des candidats à tous les échelons de la force de défense et de la police nationale, en veillant à assurer l’équilibre ethnique nécessaire (III, 2,A17,p.73).
Pendant la période de transition, l’exécutif de transition prend également en compte la nécessité de maintenir un équilibre ethnique, religieux, politique et entre les sexes dans ses décisions et nominations(II, 2,A15,p.46). Les premiers Président et Vice-Président de la République de la période de transition viennent de groupes ethniques et de partis politiques différents(II,2,A15,p.46).
Le Sénat est composé de deux délégués de chaque province, élus par un collège électoral composé de membres des Conseils communaux de la province considérée, provenant de communautés ethniques différentes et élus par des scrutins distincts(II, 1 A6, p.33). Le Sénat veille à ce que les Conseils communaux reflètent d’une manière générale la diversité ethnique de leur électorat. Le Sénat est mis en place par le Président de la République et le Bureau de l’Assemblée nationale en veillant au respect des équilibres politiques, ethniques et régionaux (II, 2,A15,p.44).
Il précise que le pouvoir judiciaire devra être structuré de façon à promouvoir son idéal, à savoir, refléter dans sa composition l’ensemble de la population (II, 1,A 9, p.36 ). Il prévoit aussi la création d‘un Conseil supérieur de la magistrature dont la composition est équilibrée sur le plan ethnique (II, 1, A 9, p.37 ).
Les principes relatives aux élections :
-L’AAPR prévoit pour le Burundi un système électoral conçu pour assurer des équilibres de représentation sur base ethnique et de genre, surtout pour les élections législatives et communales. Le Sénat doit veiller à ce que au moins 33% des administrateurs communaux soient issus d’un groupe ethnique différent. Les élections à l’Assemblée Nationale sont aussi conçus pour assurer qu’un groupe ethnique ne puisse avoir au delà de 67% des sièges dans l’assemblée. Ceci est garanti par un système de listes électorales basées sur la représentation proportionnelle, où les électeurs devront choisir entre des listes présentées par des formations politiques. Ces listes vont intégrer au préalable l’équilibre ethnique et de genre, car au moins un candidat sur trois qui figure sur ces listes devra être issu d’un groupe ethnique différent des deux autres, et au moins un candidat sur cinq doivent être une femme.
Maintenant voici ce que dit Buyoya :
Alphonse KADEGE, ex-président de l'UPRONA
|
M. KADEGE n'est pas "raciste" mais il est "Ethno-Tribaliste".
M.
KADEGE est : ·
Contre
le suffrage universel;
Il veut autre chose pour le Burundi; quelques choses qui
prennent en
compte les réalités ethniques. Car la population
Burundaise est majoritairement d'une ethnie. Il ne peut y avoir qu'un
vote ethnique. M. KADEGE pourtant ne dira pas qu'il est contre. ·
Contre
la démocratie ; Il
se base sur une expérience démocratique de 5 mois au Burundi,
en intellectuel sûr de lui, il pense que l'on ne peut pas faire
confiance au peuple Burundais. Car, pour lui, la population
Burundaise est majoritairement d'une ethnie. Ainsi, il ne peut y avoir
qu'un vote ethnique. Mais il oublie de faire une analyse sociologique en
argumentant de la sorte. La
population Burundaise a vécu 27 ans d'injustice sociale à cause du régime
ségrégationniste et régionaliste sous la dictature.
La système démocratique que M. KADEGE Alphonse veut sanctionner et
effectivement contre son intérêt premier qui est celui de
retrouver "pour
les siens" les rennes du pouvoir qu'il a connu
dans le temps. En cela cette interview d'ARIB permet de comprendre
les visions sociétales qui s'affrontent dans le Burundi d'aujourd'hui.
M. KADEGE est un anti-démocrate. Mais pourtant, il se dit Démocrate.
·
Tribaliste,
et ethniste : M.
KADEGE nous dit qu'il aurait "honte de représenter telle
ethnie, à l'exclusion des autres ou contre eux". Son parti a pour idéologie
la ségrégation ethnique et régionale. Elle se base sur
ce que l'on appelait jadis, pendant la dictature (1966-1993), "LE
PERIL HUTU" et aujourd'hui le Génocide
de TUTSI . Pour un représentant politique au
Burundi, c'est honteux
d'être autant révisionniste. C'est cela l'entrée en la
matière de son parti. Si bien que l'aile radicale de son parti (UPRONA
DE MUKASI - actuellement en prison pour son racisme affiché),
connu comme extrémiste (ethniste, ANTI-HUTU et nostalgique d'un
passée révolu désignant l' Epoque de 1966-1993) n'hésite pas
à afficher sa vision radicalement ethniste dans ces propos. Un
diplomate étranger nous disait que lors des Accords D’Arusha, l'idée
d'une répartition sur base ethnique des Institutions Burundaises, avait
pour origine l'UPRONA qui s'en posait comme porte flambeau.
Le projet politique de son parti consiste actuellement à
instaurer des institutions "Ethnico-Démocratique" |
Pour Libère BARARUNYERETSE , il est clair qu'il est un anti-démocrate et un ethniste,
Libère BARARUNYERETSE : http://www.arib.info/Interviews.htm
Interview ARIB :
5. La Rédaction : Il est dit que l’institution que vous présidez, le Sénat, a été introduite dans le corps du texte de l’Accord d’Arusha à la veille de sa signature, le 28 août 2000, ce qui signifie que sa création n’était pas le fruit d’un consensus, ni d’un compromis de la part des signataires de l’Accord, mais le fait des seuls partis FRODEBU et UPRONA qui, avec la complicité de la médiation, l’ont inséré dans l’accord. Quel est votre opinion à ce sujet ?
Libère BARARUNYERETSE :
A part le Gouvernement et les partis du G10, aucune partie n’a assorti la signature de l’Accord d’Arusha d’une quelconque réserve. Et que je sache, aucune réserve n’a été exprimée à propos du Sénat.
Ce que certains partis du G7 ont appelé « amendements » n’en sont pas. L’Accord d’Arusha ayant prévu en son sein la procédure d’y apporter des amendements, il ne suffit pas que telle ou telle partie en exprime le vœu pour qu’il soit considéré comme effectif.
Les dispositions de l’Accord d’Arusha relatives au Sénat ne souffrent donc d’aucune remise en cause digne d’intérêt. Que le Sénat ait l’appui des principaux partis politiques ne peut que constituer un atout supplémentaire pour cette institution.
6. La Rédaction : Le Sénat est aujourd’hui une des principales institutions politiques consacrant une division des Burundais entre Hutu et Tutsi. Sachant que vous vous êtes exprimé en faveur de la prépondérance des programmes politiques sur les identités ethniques, s’agissant notamment de promotion et de concurrence entre projets de société, estimez-vous souhaitable que cette institution continue à fonctionner sur les mêmes bases au-delà de la période actuelle de transition, ou êtes-vous partisan d’une réforme, voire de l’abolition à terme l’actuel Sénat ?
Libère BARARUNYERETSE :
Le Sénat est une institution qui a été mise en place pour refléter et garantir les équilibres globaux de la société sur les plans ethnique, politique, régional et de genre. C’est donc la meilleure thérapie contre le divisionnisme et l’exclusion.
Bien entendu, le Sénat devra poursuivre ses missions au-delà de la période de transition. C’est une institution qui fera dorénavant partie intégrante du paysage institutionnelle burundais. Ce sont les choix qui ont été consacrés.
Mon point de vue est qu’il faudrait le renforcer, tant il me semble que c’est l’une des principales innovations capables d’impulser la réconciliation nationale avec quelques chances de succès. Cela étant, personne ne peut raisonnablement accuser le Sénat de diviser les Barundi entre Bahutu et Batutsi. Vous me concéderez tout de même que ce n’est pas le Sénat qui a inventé les ethnies !
Ainsi que le Parti Uprona le faisait remarquer dans une réflexion déjà parue sur votre site, refuser toute référence à la réalité ethnique relève de l’hypocrisie. C’est une manœuvre de ne pas le dire pour mieux le faire.
7. La Rédaction : A l’issue du dernier round de négociations, qui s’est clôturé dimanche 2 novembre à Pretoria, on vient d’apprendre que la question de la participation des FDD au Sénat de transition n'a pas été résolue. L’enjeu n’est-il pas justement la remise en cause ou la légitimation du Sénat par les FDD de NKURUNZIZA ? Comprenez-vous les motivations de ce blocage et que proposez-vous pour résoudre cette question dans l’intérêt général ?
Libère BARARUNYERETSE :
Nous y avons décelé une tendance à rester dans le sillage de la fameuse théorie de la «démocratie du peuple majoritaire». Nous n’avons pas osé y croire, parce que les résultats de cette approche de la démocratie sont fort et bien connus. C’est le génocide, l’exclusion et toutes sortes de drames. Je pense que c’était une position de négociation et que le CNDD va entrer au Sénat.
Pour Libère BARARUNYERETSE , il est clair qu'il est anti-démocrate car il faudrait qu'il nous définisse ce qu'est la Démocratie. Il est pour des quota ethniques dans les institutions.
J. Baptiste MANWANGARI , Président UPRONA : http://www.partiuprona.org/actualite/invite/index.htm
INTERVIEW DE L'HONORABLE J. Baptiste MANWANGARI Jean Baptiste Manwangari (JBM) ... Revenons cependant à votre question. Pour moi les principaux défis sont ceux de l'établissement d'une paix durable, de la démocratie et de la réforme du système électoral, du bon aboutissement de la réforme des services de sécurité, de la lutte contre l'impunité, et celui de la corruption qui risque de détruire l'Etat.
SU: Venons-en maintenant aux questions internes fondamentales. Ce sont lesquelles de votre point de vue?
JBM: J'ai déjà dit qu'il s'agit notamment des défis de la démocratie et du système électoral sous réserve que la paix soit restaurée ; parce que la démocratie, les élections ne sont pas possibles sans paix sociale. Il y a bien entendu un autre défi important : l'éradication du génocide.
Dans ce pays il faut un débat profond et urgent sur la question de la démocratie. Il y a aujourd'hui des assertions caricaturales et dangereuses qui réduisent la démocratie à la représentation démographique et ethnique du pays.
Vous pouvez les retrouver notamment dans une certaine littérature diffusée sur l'Internet qui fait croire que les partis et les citoyens Hutu sont " démocrates " par naissance. La question de la démocratie est au centre du conflit burundais parce que chez nous certains continuent, malgré les réalités de la guerre, à accréditer la thèse de " la démocratie du peuple majoritaire " si chère au journal Kangura le tristement célèbre journal de Hassan NGEZE au Rwanda d'avant le génocide
Lorsque le CNDD-FDD persiste à remettre en cause de manière hypocrite les compromis historiques d'Arusha, c'est qu'il ne cache plus ses véritables intentions . La démocratie, au Burundi ne peut être viable que si elle prend en compte les réalités sociales et historiques de la Nation . Ces réalités sont notamment les aspects ethniques et politiques au nom desquels les CNDD tuent les Tutsi, les Hutu non acquis à leur cause depuis le début de cette guerre.SU: Jusque là vous n'avez rien dit sur votre vision de la démocratie ?
JBM: J'ai cru que vous compreniez. La démocratie c'est avant tout des valeurs fondamentales. C'est plus ce qui se fait et ce qui se vit avant pendant et après les élections. Dans tous les pays du monde les valeurs fondamentales de la démocratie sont la paix, la cohésion sociale, la concorde entre les citoyens, la stabilisation de la société. Le cadre constitutionnel est une architecture qu'on ne saurait mettre debout que dans des conditions rassurantes.
J'ai la conviction qu'à l'effet de la crise, beaucoup de burundais ont compris qu'il faut raccorder les violons sur cette question. C'est ce que j'ai cru lire à travers les résultats de l'enquête récente de l'IFES ( Fondation Internationale pour les systèmes électoraux ).SU: Les élections ! Cela reste l'objet d'une grande préoccupation tant au niveau de leur faisabilité qu'au niveau de leur opportunité. L'opinion s'interroge à ce sujet.
JBM: Vous avez totalement raison. Il y a certainement des interrogations en rapport avec les élections et de façon accessoire la date de leur tenue.
Nous disons que la question de la réforme du système électoral est au centre du conflit burundais. Tout comme des compromis ont été réalisés au sujet de la réforme de la justice et des services de sécurité, il faut que le système électoral burundais soit réformé pour s'adapter aux compromis historique de négociation d'Arusha d'un partage de pouvoir équilibré entre familles politico-ethniques.
Le système institutionnel, le système électoral d'un pays dessinent l'organisation du pouvoir. Or dans une société divisée comme le nôtre, dont l'histoire est chargée de violences la gestion du pouvoir a une influence importante sur la sécurité, même physique des citoyens.
Comme nous le voyons ailleurs, le système institutionnel, le système électoral sont inspirés par les réalités sociales et historiques de chaque pays. Ils ont comme finalité première notamment d'assurer la paix, stabiliser la société, créer la cohésion entre les citoyens, consolider la Nation dans toute sa diversité.
Contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas un ou deux modèles électoraux, il y en a une diversité. Au Burundi il faut créer un système qui puisse répondre à nos réalités et à notre histoire. N'ayons aucun complexe à assumer nos choix.SU: Si je vous perçois bien, vous êtes contre le mode " un homme, une voix " ?
JBM: Il s'agit d'un amalgame que certains développent autour d'un principe. On ne peut refuser ce principe qui affirme l'égalité des citoyens. Là ou cela pose un problème c'est que ce principe a été manipulé dans le sens de faire croire qu'en démocratie la seule valeur de référence est celle qui se fonde sur le primat de la majorité démographique. Vu sous cet angle ce principe serait porteur de dangers pour le pays.
La démocratie de notre époque est d'essence représentative et participative. Toutes réalités doivent être prises en compte dans le système de représentation comme la représentation linguistique, ethnique, religieuse, celle des Etats s'il s'agit d'une fédération etc.
Ainsi par exemple au Sénat américain, les Etats les plus peuplés comme le Texas, la Californie sont représentés par deux sénateurs au même niveau que le Maryland qui a une population de loin inférieur. La Suisse a créé un système qu prend en compte ses réalités linguistiques ; ainsi les italophones qui sont plus ou moins 4% de la population ont leur tour pour présider le gouvernement fédéral.
Si on ne tenait compte que du facteur démographique, aucun néerlandophone ne serait élu dans les institutions gouvernantes de la Région Bruxelloise.
Au Burundi, certains sont surpris lorsque vous leur dites que le Sénat du Canada n'est pas élu mais désigné. Et pourtant personne ne conteste que le Canada soit une démocratie.
Beaucoup d'autres exemples peuvent être cités. Il faut réaffirmer l'argument de base que les systèmes institutionnels et électoraux doivent procéder des réalités sociales et historiques de chaque pays.SU: Dans ce cas quel est le système électoral que vous proposez pour le Burundi ?
JBM: Lors des négociations d'Arusha nous avons constaté après de long et laborieux débats que le conflit burundais était de nature politique et ethnique.
Le système institutionnel et électoral qui convient pour le Burundi est celui qui produit des institutions gouvernantes inclusives et équilibrées sur le double plan politique et ethnique. A l'image des institutions de transition convenues à Arusha.
Ces institutions éviteraient l'exclusion et rendraient les élections intéressantes et significatives pour toutes les catégories politiques et ethniques de la population. Dans le cas contraire, nombre de citoyens n'auront aucun intérêt à participer aux élections. Notre système électoral doit également procurer aux dirigeants un consensus et une légitimité de portée nationale et éviter des légitimités qui pourraient être perçues comme étant d'essence ethnique.
Si ces arguments sont reçus, le reste n'est qu'une question de techniques ou d'ingénierie comme certains le disent.
J. Baptiste MANWANGARI est un démocrate de convenance en réalité un anti- démocrate. Il joue avec les mots. Pour lui, "peuple majoritaire" dans la citation " la démocratie du peuple majoritaire " est travesti en "majorité démographique". Et en cela, ce n'est pas bien car, pour JBM , cela sous-entend que l' ethnie majoritaire au BURUNDI , les HUTU en l'occurrence, sont favorisés par cette "Démocratie". Le suffrage universelle, J. Baptiste MANWANGARI le comprend dans le même raisonnement ( One man, one voice = "majorité démographique"). Ainsi, la démocratie en tant que telle, nécessite qu' on lui donne des aménagements notamment "des institutions gouvernantes inclusives et équilibrées sur le double plan politique et ethnique."
Ce que J. Baptiste MANWANGARI oublie de dire, lui l'intellectuel, qui a participé à l'élaboration de cette démocratie qu'il critique aujourd'hui. C'est que « le peuple est majoritaire et qu'est souveraine l'opinion de la majorité » (ARISTOTE, 384-322 Av. J-C - Les Politiques [livre IV, 4,1291 b, trad. P. Pellegrin, coll. GF, Flammarion] ) Ce n'est donc pas le sens qu'il voudrait lui donner.
J. Baptiste MANWANGARI est un des comploteur de l' assassinat de NDADAYE en 1993. Après cinq mois d'opposition, l'UPRONA "mauvais perdante" a préféré sanctionner la démocratie et les institutions. Une preuve encore de son rejet de la démocratie. Oui ! Le 21 octobre 1993, "ils" l' ont fait et la guerre civile a commencé.