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Memorandum sur les massacres répétitifs des hutus au Burundi.(PDF)
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Memorandum sur les massacres répétitifs des hutus au Burundi.
"La Convention de
l'ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide définit
ce dernier comme étant "l'un quelconque des actes commis dans
l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national,
ethnique, racial ou religieux". Cette Convention condamne les actes
suivants . le génocide,
l'entente en vue de commettre le génocide, l'incitation directe et
publique à commettre le génocide, la tentative de génocide et la
complicité dans le génocide.La Convention de lONU sur
l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité condamne ces crimes,
même si ces actes ne constituent pas une violation du droit interne des
Etats où ils ont éte commis.
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Des centaines d'innocents
sont torturés et massacrés ! /Quand on n'est pas Tutsi, c'est
un crime de savoir lire...
C'est un véritable bain de
sang. Et personne ne peut prévoir où s'arrêtera cette répression aveugle. On
fusille les gens sans qu''ils sachent pourquoi. On les torture pour qu'ils en
dénoncent d'autres. Et ainsi de suite. Au Burundi, quand on n'est pas de la
race des seigneurs Tutsi, c'est un crime de savoir lire. A la prison du Opimba,
la plus terrible pour ses tortures, on force des malheureux à dénoncer les Hutu
qui savent lire et qui risquent, dès lors, d'être eux aussi
massacrés...
Les témoignages se multiplient /La population Hutu du Burundi
est l'objet d'une liquidation systématique /Il y aurait entre cinquante et
cent cinquante mille morts
Cependant, les témoins rapportent que
la répression contre les Hutus a dépassé en horreur cette révolte. On cite les cas de petits
élèves hutus qu'on irait chercher dans les écoles pour les tuer. Des
centaines de personnes seraient soumises à des séances de matraquages par des
membres des Jeunesses révolutionnaires. Les blessés seraient laissés
sur place jusqu'à ce que mort s'ensuive. A Bujumbura, l'armée s'ést emparée
d'étudiants hutus et les ai mis à mort dans les camions qui les emportaient,
parfois à l'arme blanche. Des professeurs
hutus ont également été massacrés. Cette répression systématique ne
viserait pas seulement les élites, mais également les éléments hutus qui, au
niveau du primaire et du secondaire, en étaient au stade de l'alphabétisation.
Rapportés par des témoins
rentrés en Belgique/Des récits effroyables sur
les massacres au Burundi/Les enfants seraient pris
dans les écoles pour être exécutés
Dans cette sinistre hiérarchie de la
liquidation, ils en
étaient, la semaine dernière, à venir enlever dans leurs écoles techniques
des élèves de 14 à 17 ans et commençaient à
s'en prendre aux femmes et aux jeunes filles. Il y a une huitaine de jours, les
estima tions les plus sérieuses du nombre des victimes du génocide allaient
de cinquante mille à cent mille. Mais depuis lors le massacre s'est' poursuivi.
Notre confrère de la B.R.T., M. Geerts, a vu, à Bujumbura, des captifs étendus en couches
super posées
dans un camion, emmenés vers le lieu de leur supplice. Une heure après le
couvre-feu, chaque soir, il voyait des camions chargés de cadavres roulant en
direction du champ d'aviation à proximité duquel une fosse commune se
comblait peu à peu de corps.
Des massacres du Burundi - A la prison de
Bujumbura,
les prisonniers sont exposés au soleil jusqu'à ce que mort s'ensuive
Passant outre à la consigne du
silence qui leur avait été donnée par le représentant diplomatique de la
Belgique à leur départ de Bujumbura, des ressortissants belges récemment
rentrés du Burundi témoignent de l'ampleur du génocide
des Hutus mené par les Tutsi,
dont une des cinq grandes familles
du pays détient actuellement le pouvoir. Il s'agit du groupe des Bahimas du
Sud, par ailleurs mal considéré, rapporte-t-on, par les autres grandes
familles, royales celles-là.
Selon
le secrétaire de l'O. N. U.: «Les dimensions de la tragédie au
Burundi sont effarantes»/Les
efforts de développement ont été gravement affectés
" Le
gouvernement du Burundi lui-même, indique le rapport, a informé
la mission spéciale que 80.000 personnes avaient trouvé la mort
depuis le 29 avril, et que cinq cent mille autres, parmi
lesquelles 50.000 veuves et des dizaines de milliers d'orphelins.
étaient en proie à de graves souffrances et avaient besoin d'une
assistance humanitaire"
Les origines du génocide au
Burundi/Les Tutsi ont voulu régler
le sort des Hutu pour vingt ans
Mais le pouvoir, lui, dispose
de la force (l'armée) et de l'organisation. Sa répression sera plus vaste,
plus systématique et cyniquement dirigée vers une «solution finale» du
«péril hutu ». Face à la rébellion, les Tutsi oublient leurs dissensions et
font bloc. Il s'agit cette fois de régler le problème pour les vingt
années à venir. On va radicalemept exterminer l'élite et par l'élite il
faut entendre tous ceux qui savent lire et écrire ou qui ont quelque influence.
«Génocide» qualifie bien cette politique délibérée:
fonctionnaires, commerçants, prêtres, catéchistes, écoliers, petits
employés, bref tous les hutu qui ne sont pas les simples paysans illetrès des
collines sont menacés et souvent sommairement passés par les armes, cinquante
mille morts semble un chiffre confirmé officiellement.
L'ONU déplore une «
tragédie aux dimensions effarantes
« Le gouvernement du Burundi
lui-même,
indique le rapport, a informé la mission spéciale que quatre-vingt mille
personnes avaient trouvé la mort depuis le 29 avril, et que cinq cent mille autres,
parmi lesquelles cinquante mille veuves et des dizaines de milliers d'orphelins,
étaient en proie à de graves souffrances et avaient besoin d'une assistance
humanitaire. La mission spéciale a également été informée que quarante
mille personnes environ avaient cherché refuge au Ruanda, en Tanzanie et au
Zaïre, pays voisins du Burundi. »
TÉMOIGNAGES : L'extermination
d'une ethnie (Le Monde, 01/06/1972)
L'E.N.S. (2) a perdu soixante
élèves (tous Hutu), l'U.O.B. (3) cent étudiants (tous Hutu). Le massacre
continue. Par camions entiers on charroie, nuit et jour, des cadavres. On
arrête tous les « suspects». On les oblige à
se dévêtir. On les fait coucher à plat ventre, les mains derrière la nuque.
On les cogne à coups de crosse, de bâton, de pierres. On les torture. Puis on
les transperce à la baïonnette. Les bulldozers font le reste.Sans parler des innombrables
règlements de comptes ! Dans les écoles, les élèves tutsi assassinent leurs
camarades à coups de pierres, de machette, de bâton...La J.R.R., constituée en
groupes d'autodéfense, «ratisse» les collines, tue les gens, incendie les
fermes.
Selon le représentant
permanent de Bujumbura à l'O.N.U.:
LES TROUBLES DU BURUNDI
AURAIENT FAIT DE 50 A 60.000 MORTS
"Le Burundi, contrairement
à la Belgique, est une nation au plein sens du mot", a déclaré devant la
presse, à Genève, l'ambassadeur Nsanze Terence, représentant permanent du
Burundi auprès des Nations-Unies. Si celui-ci admire le fait que Wallons et
Flamands ont fini par constitue la nation belge, il a tenu à souligner que les
Burundais, quant à eux, ne sont divisés en Hutus et Tutsis que "par
la fantaisie des premiers colonisateurs et sur le simple critère de leur taille"...
Le
"génocide
sélectif " imaginé par les organisateurs de la rébellion fut alors
transformé par ceux-ci en un carnage sans distinction, dans le sud-ouest du
pays surtout. Les "rares" monarchistes du pays pensèrent pouvoir
profiter de la situation, et c'est pourquoi le Roi fut jugé et exécuté. Le
rôle du gouvernement et de l'armée fut celui, démocratique de la défense de
l'ordre :" Quelques mesures punitives furent
prises, c'est tout."En indiquant comment, à la
suite de survols systématiques des régions frappées par ces événements, le
nombre de 50.000 à 60.000 victimes fut établi avec précision, l'ambassadeur
du Burundi a sévèrement fustigé ceux qui ont donné des "versions
fantaisistes" des faits, notamment certains organes de presse et plus
particulièrement les agences catholiques.

Une des premières photos des massacres du
Burundi:
ce camion rempli de cadavres.
(Source: La Libre Belgique,29-05-1972)
La répression contre les Hutus'est déchaînée le 7 mai après un appel lancé à la
radio (Source: La Libre Belgiques,29-05-1972)
Les événements qui se sont
déroulés et se dérouleraient encore au Burundi, apparaissent d'une extrême
gravité. En dépit du black-out systématique imposé par les autorités,
on commence à avoir des détails - grâce aux témoignages d'Européens qui ont
quitté le pays récemment -
sur le véritable
génocide que l'armée, la police, les militaires du parti unique et la «
jeunesse révolutionnaire » ont entrepris à l'encontre des Hutu.
La répression contre les Hutu
Un appel à la radio
: Le dimanche 7 mai, au matin
la radio a annoncé que les tribunaux militaires, ayant siégé le samedi,
avaient prononcé plusieurs condamnations à mort sans en préciser le nombre et
que les jugements avaient été aussitôt exécutés. Mais la radio a demandé
aussi aux militants du parti unique, l'UPRONA, et à la "jeunesse
révolutionnaire RWAGASORI" de demeurer vigilants, d'arrêter tous les
suspects, au besoin de les désarmer et de les livrer aux autorités
militaires...Le dimanche matin,
aussitôt après l'appel lancé par la radio, la jeunesse révolutionnaire et
les militants du parti ont procédé à des arrestations dès la sortie de la
messe dans plusieurs localités. lis ont également arrêté, dans les
hôpitaux, des infirmières, et des médecins africains. L'un d'eux a été
battu à mort. Lorsque sa femme, mère de huit enfants, est venue proposer un
matelas pour son mari, les gardes lui ont dit qu'il n'en avait plus besoin.
UN JOURNALISTE BELGE
CONFIRME QU'UN VERITABLE GENOCIDE A LIEU ACTUELLEMENT AU BURUNDI
(La Libre Belgique)
Le journaliste a affirmé que
des camions ont transporté de nombreux corps qui ont été inhumés près de
Bujumbura. Même des étudiants de 15 ans auraient été exécutés, selon lui. A l'issue du Conseil de cabinet
de vendredi dernier, on s'en souvient, le Premier ministre, M. Eyskens, avait
déclaré que la situation au Burundi était particulièrement alarmante et
qu'on était, en réalité, confronté à un gigantesque génocide.
TÉMOIGNAGES
SUR UN GÉNOCIDE (Le
Monde)
Plusieurs
lecteurs, témoins des troubles au Burundi, nous adressent des
précisions sur les massacres qui, selon le premier ministre belge.
M. Gaston Eyskens. ont pris les proportions d'un " véritable
génocide " ("le Monde" du 26 mai)... Depuis une semaine, la
répression qui fait suite à la rébellion du 29 avril s'est
considérablement aggravée. Elle prend l'allure d'une élimination
systématique des intellectuels hutus, et, en général, de tous ceux
qui savent quelque chose ou possèdent quelque bien. Dans la capitale,
les arrestations et les exécutions sommaires se poursuivent. Excités
par la Voix de la Révolution, qui encourage «
les forces vives de la nation à débusquer les ennemis du peuple »,les
Tutsis, surtout les membres du parti Uprona, dénoncent tous les Hutus
qu'ils connaissent, collègues de travail, subordonnés, supérieurs,
voisins, condisciples... Quarante-cinq noms figuraient sur la liste des
arrestations, mais une
vingtaine d'élèves en fuite n'ont pas répondu à l'appel.