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L' UPRONA (De MUKASI)

Juin 2002, Bilal Luqman, AGNews


A/ Contexte :

Dans notre cycle consacré à l' " Extrème droite  au Burundi",  l' UPRONA  représente une pièce maîtresse.  Il est  un des  liens  centraux  du  courant fachiste, organisé de manière étatique, dans notre pays.

Lors du Putsch militaire de 1966,  l' UPRONA du prince RWAGASORE , vainqueur aux éléctions  instaurant l' Indépendance en 1961,  est   usurpé   par   la clique de Bururi .  Le Royaume tombe, on passe à la République, avec les conséquences  que l'on connaît.  Tout  l'équilibre social des  Barundi   est bouleversé d'une manière brutale.  L' UPRONA de la république devient  la première structure organisée, de manière étatique, du tribalisme aigu,  latant chez certains burundais, résultant entre autre 
d' une alchimie de la colonisation et de l'Histoire  de la région en général.  Le parti UPRONA et  ses nouvelles organisations satellites (JRR, UTB, UFB) deviennent les appareils de la "clique de Bururi".    L'UPRONA, parti UNIQUE,  au côté de l'armée,  se chargera de l' extermination physique ou politique des autres composantes ethniques ou claniques du Pays (les Baganwa, les Bahutu  et les Tutsi du clan  des Banyaruguru). 

D'un point de vue économique, on pourrait dire de façon imagée: " le gâteau du Burundi étant ce qu'il est, tout le monde ne pouvaient en profiter". La politique "UPRONISTE" ,de purge, consistait à  massacrer  pour éliminer le plus de prétendu au gâteau. En 1972, on parlera du "Génocide Sélectif".  Au lieu de réfléchir  "un système  pouvant de manière intelligente partager avec ses citoyens de manière juste ", comme  le pensait  le regretté Gilles Bimazubute (assassiné en 1993 par l'armée Burundaise) , l'UPRONA préféra la carte d'un clientélisme honteux. Sa politique a mis à mal l'équilibre social du pays  en mettant au banc de la société près de 90 %  des Burundais.  L'UPRONA a été le parti UNIQUE jusqu'au début des années 90. 

Aujourd'hui , l'UPRONA de MUKASI  porte cet héritage lourd  humainement, économiquement et sociologiquement  pour le pays.

En 1993, l'UPRONA perd les élections démocratiques. Il ne s'y attendait pas. Avec l'armée et ses organisations satellites (JRR,UTB, UFB), ils assassinent  la "Démocratie" . l'UPRONA revient au pouvoir après le putsch. "Le gâteau est  sauvé".

Depuis 1996, l'UPRONA crie haut et fort sa nouvelle politique "anti-génocide".  Ne pouvant justifier son acte face à l'Histoire du Burundi d'"assassin de la Démocratie" et surtout au niveau international, de  1993 à 1996, l' UPRONA va porter une politique de lobbying au côté des NATIONS-UNIS  afin  de faire porter "le Mal Burundais" à ses opposants politiques  ou "aux nouveaux prétendus au gâteau".

Suite à un rapport de l'ONU, concocté sur mesure à sa  nouvelle politique, l'UPRONA   va créer une sorte de société civile apte à expliquer sa politique d'anti-génocide au monde;tout cela en jouant la confusion avec les événements tragiques de 1994 au Rwanda.  Il crée entre autre  AC Génocide  et  le PA-Amasekanya ou Puissance d’Autodéfense «Amasekanya »  . 

 

B/ L'idéologie d'extrème droite de l'UPRONA :

  • Elle est celle que porte la clique de Bururi. En ce sens, elle  a  un esprit "tribal aigu" ( ex. Le "Hutu" est synonyme de "terroriste génocidaire").  Surtout anti- baganwa, anti-banyaruguru, anti-Hutu et anti-twa. Sauf, bien sûr si vous adhérez à ses idées. Vous devenez dès lors "modéré".

  • Elle est  anti-democratie.  L'UPRONA  ne veut pas d'une démocratie "un homme  une voix". 

  • Elle revendique un passé perdu, celui du parti UNIQUE

  • "L' idéologie du génocide": 
    l'UPRONA  encourage une politique de massacres à grand échelle car"Le gâteau étant trop petit, il ne peut suffire à tous."  L'autre prétendu au gâteau, on l'appellera "génocidaire ou terroriste ou encore terroriste-génocidaire".  Elle utilise le mot "génocide"  à tord et à travers  car finalement "la victime devient l'assassin".

  • L'UPRONA veut  protéger les biens nationaux (les acquis du passée). Avant la démocratisation, c'était "LE PARTI UNIQUE". Un peu comme on a actuellement en ex-URSS, les anciens apparatchiks du pouvoir à l'époque de l'UNION SOVIÉTIQUE qui souhaitent un retour à leur "passée glorieux".    

Bref, le militant de l'UPRONA est un nostalgique d'un "passé perdu" où lui seule et les siens composaient la société burundaise.

 

 

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