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NOTRE COLONIE
Géographie et notice historique
par A.MICHIELS et N.LAUDE
A l'édition UNIVERSELLE S.A.
53, Rue Royale BRUXELLES ou
Aux éditions libres S.A. 4, Rue des Six-Aunes Bruxelles
Achevé d'imprimer le 20 mai
1946
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II. - GEOGRAPHIE HUMAINE
A. - LES POPULATIONS CONGOLAISES(1)
Généralités
I. - Les Races
II. - Les Groupes linguistiques
III. - Les Groupes culturels
1. - Les Bantous
2. - Les Soudanais
3. - Les Semi-Bantous
4. - Les Pygmoïdes.
Pygmiformes et Pygmées
5. - Les Nilotiques
B.
- MOEURS ET COUTUMES
II.
- Croyances religieuses
IV. - Organisation sociale et
politique
1 . Sociétés patriarcales.
2. Des Seigneuries,
Sultanats, Royaumes, Empires.
3. Succession des Chefs.
4.
Tribut
C. - POLITIQUE INDIGENE
BIBLIOGRAPHIE
V -
RUANDA-URUNDI
I.
Géographie physique
II.
Géographie ethnographique
III.
Géographie économique
IV.
Géographie politique et administrative
Notice historique
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II. - GEOGRAPHIE HUMAINE|

A. - LES POPULATIONS
CONGOLAISES(1)
Généralités
Recensement : La population indigène recensée atteignait au 31 décembre 1944 le chiffre de 10.389.155 âmes
La répartition était la suivante : adultes, 3.028.895 hommes, 3.164.988 femmes:
enfants, 2.159.345 garçons et 2.035.927 filles.
La densité de la population relative au km' était de 4,43 (densité moyenne pour
le monde, 16 au km' , pour la Belgique, 278 au km).
Par district, la densité la plus élevée se rencontre dans le Bas-Congo (12,41) et
la plus faible dans le Haut Katanga (1,96).
Tenant compte des indigènes non recensés, on peut estimer la population total
du Congo à 12 millions d'habitants
I. - Les Races|

On range les populations du Congo, tantôt en deux races : la race nègre et la race pygmée (2) (certains estimant que, parmi les populations actuellement existantes en Afrique, les Pygmées sont les premiers occupants), tantôt en une seule race - la race noire, qui n'existe qu'en Afrique (les nègres américains sont originaires de l'Afrique (3).
Photo Schebesta

Nain de la région de Kilo.
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(1) Voir la carte ethnographique in fine de l'ouvrage.
(2) De Cleene N. : Inleiding tot de Congoleesche Volkenkunde. Anv. Ed. Zaïre, V. Van Dieren et Cie, 1943.
(3) Van der Kerken G. : La Politique coloniale Anv. Ed. Zaïre V Van
Dieren et Cie 1943
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II. - Les Groupes linguistiques
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Du point de vue linguistique, on distingue au Congo Belge:
1 ) des Bantous, originaires, croit-on, du N.-E., évalués à 8 ou 9
millions d'habitants, occupant les deux tiers du territoire congolais.
Ils parlent des langues bantoues, langues agglutinantes, à et suffixes.
2) des Soudanais, envahisseurs récents, également venus du N.. occupant la région du bassin de
l'Ubangi-Uele. On évalue leur nombre à 2 à 3 millions. Ils parlent des langues très différentes entre elles, appelées jusqu'ici soudanaises, à 'tendances monosyllabique.
3) des semi-Bantous, originaires, croit-on, de l'O., qui ne comptent plus que quelques dizaines de milliers d'indigènes, localisés dans les districts du lac Léopold Il et du
Kwango. Ils parlent des langues intermédiaires entre les langues Bantoues et Soudanaises, souvent fortement influencées par les langues des derniers envahisseurs bantous.
4) des Nilotiques, envahisseurs récents également venus du N.-E., Ils comptent quelques dizaines de milliers d'individus parlant des langues nilotiques.
Les Pygmoïdes et les Pygmées, qui doivent avoir parlé jadis des langues propres, dont il ne reste plus de vestiges,
employent des langues bantoues ou soudanaises, selon qu'ils sont assujettis à des populations bantoues ou soudanaises.
Les indigènes du Ruanda-Urundi sont des Bantous, l'aristocratie du Ruanda
(Watutsi) est d'origine nilotique. Leur langue actuelle est une, langue bantoue.
III. - Les Groupes culturels|

Au point de vue culturel, on
répartit encore les indigènes en groupes
culturels, caractérisés par leur activité principale:
1° régime de simple cueillette et chasse ;
2° agriculture à la houe complétée par la chasse et la pêche -,
3° élevage du gros bétail dominant la vie sociale, politique et économique.
On range sous le 1° : des pygmoïdes et des pygmées, et plus spécialement les Bambuti de la forêt de
l'Ituri.
Beaucoup de pygmoïdes et de pygmées ont subi l'influence des Bantous et des Soudanais.
Sous le 2°: la grande majorité des populations congolaises;
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Sous le 30 : des populations pastorales semi-nomades ou devenues sédentaires (tels que
les Bahema, les Kakwa, les Bakunde, les Bakavu et les Wanyaruanda et Warundi du Ruanda et de l'Urundi).
1. - Les Bantous| 
Les Bantous forment de beaucoup le groupement linguistique le plus important de l'Afrique centrale.
La majeure partie des populations de notre colonie appartient à ce groupement.
Le nombre de groupes ethniques bantous est très considérable.
Tantôt ils se présentent sous la forme de sociétés patriarcales, formées d'un agglomérat de familles descendant d'un ancêtre commun (ancêtre masculin dans la société patriarcale et féminin dans la société matriarcale), tantôt sous la forme de seigneuries, de sultanats et de royaumes (voir chapitre : Organisation politique).
Nous mentionnons, ci-après, les peuplades bantoues importantes, en les groupant sur la base de leurs liens ethniques et en ajoutant, pour les principales, leurs grandes subdivisions.
Dans le Bas-Congo : les Bantous de la côte comprennent notamment: les
MAYOMBE, populations aux curieux tatouages, et les BAKONGO.
Situées sur le passage des convois d'esclaves vers la côte et en relation depuis plus de quatre siècles avec les Européens, surtout avec les Portugais, les peuplades du Bas-Congo ont été fortement mêlées.
Le long du fleuve Congo, entre Léopoldville et Coquilhatville : les
BATEKE, commerçants et navigateurs.
Entre le lac Léopold II et le fleuve Congo au N., s'étend le groupement des
MONGO, originaires, croit-on, du N.-E., comprenant environ un million d'habitants. On distingue parmi les principales peuplades
Mongo, les EXONDA, « Inongo » (1 ) (E. du lac Tumba et du lac Léopold
II), les BANKUTSHU « Oshwe » (entre le Kasaï et la Luilaka,), les
BOSHONGO (entre le Sankuru et la Luilaka), les NKUNDU « Ingende » et « Coquilhatville » (entre la
Lulonga, la Momboyo et la Luilaka), les MBOLE « Monkoto » (région de la
Monkoto), les BOSAKA « Boende »,
les EKOTKA « Bokungu » (région de la Lomela et de la Tshuapa), les
MONGO proprement dits « Basankusu », les MUNDJI « Befale » (région
de la Maringa), les NTUMBA (entre la Maringa et le Lopori), les
YAMONGO (à la courbe du fleuve Congo).
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(1) Nous indiquons entre guillemets le chef-lieu du territoire.
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Sont à rattacher aux Mongo, le groupe des
Mongo, les BASONGO MENO « Kole », les BAHAMBA, les BAKUSU (Katakakombe,
Lusainbo, Tshofa, Kibanbo, Kasongo, Kongolo
Au S.-E.,et à l'E. des Mongo, nous trouvons des populations ayant avec ces derniers des
affinités d'ordre culturel et linquisti
que, tels les BAKELA (entre la
Lukenie et la Lomela), les BOYELA (entre la Lomela et la Tshuapa).
Nous pouvons aussi ranger parmi les MOngO, les MONGANDU (entre la Tshuapa et le fleuve Congo) et
les BAMBOLE (région d'Opala).
Toutes ces populations s'occupent, en ordre principal, de la
cueillette des produits spontanés (palmistes), de la pêche, de la récolte du copal (zone des marais)
et de la culture du palmier, du bananier, du manioc.
Photo Nouvelle Anvers

Tatouage en crête de coq.
Au N. et au S. du fleuve Congo: de Coquilhatville à Basoko, et
entre l'Ubangi et le fleuve, s'étendent les NGOMBE, qui sont désignés sous divers noms : Ngombe proprement dits (au N. et au S. de
Lisala). MABINZA « Aketi », BUDjA « Bumba », MOBANGE « Basoko » (entre
l'Itirnbiri et l'Aruivitni), et BomBEs. (à l'O. de Basoko), Les Ngombe sont des indigènes vigoureux et courageux.
Les BABALi et les MONGELIMA (entre la Tshopo et Ituri) seraient
également d'origine ngombe, mais au cours des siècles ils se seraien:
ababuaïsés,
Le long du fleuve Congo et de l'Ubangi et de leurs affluents. nous trouvons des populations d'origine disparate, appelées « gens d'eau », vivant en ordre principal de la pêche et échangeant leurs produits avec les populations terriennes voisines. Citons parmi les plus connues - les
BANGALA, nom générique donné aux populations d'eau établies le long du fleuve, depuis Bolobo jusqu'au-delà de
Nouvelle Anvers et dans l'entre-Ubangi-Congo. Beaucoup portent des
tatouages en forme de crête de coq.
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Il est à remarquer qu'aucune population ne porte le nom de
Bangala, ni ne parle une langue bangala; certains groupements parlent une lanque bantoue, d'autres des langues soudanaises (les Bakongo, sur les rives de
l'Uele), les WAGENIA (le long du Lualaba s'étendant au S. de
Stanleyville), pêcheurs et pagayeurs d'une adresse remarquable ; les BARINGA
(le long des rivières du district de la Tshuapa), les MONDJOMBO (le long de
l'Ubangi), etc.
Au N.-E. de la colonie, de l'O. à M. : les ABABUA (entre Mele et l'Aruwimi), cultivateurs, vanniers et potiers, subdivisés en
BOBATI, BOBENGE et BODONGOLA auxquels se rattachent les MANLELE, parlant des dialectes d'une même langue
ababua. Ces populations développent leurs cultures de paddy (riz) et d'arachides, L'aviculture est pratiquée spécialement par les Ababua qui ont comme principale ressource la culture du coton.
Photo Dr Louis.
Femme Topoke.
Les MABODO « Wamba », apparentés aux BANIARI sont d'excellents cultivateurs. Ils ont de grands champs de coton.
Dans la région des lacs Albert et Edouard sont installés les BANIARI (0, du lac Albert), les BABIRA et les BAKUMU (confluent du Luataba et de la Lowa et contreforts du Ruwenzori) auxquels sont apparentés les WALFNGOLA chasseurs et agriculteurs. Ils cultivent la banane, le froment, le sorgho et le manioc; dans les mêmes régions se rencontrent les BANANDE (à l'O. du lac
Edouard) ; les WANIANGA (S.-O. du lac Edouard) -, les BAHUNDE « MaSiSi » et les
Bahavu « Kalehe » (S. du lac Edouard et N.-O. du lac Kivu). Les Banande ont des plantations de café.
Dans la région de Stanleyville, au N. les TURUMBU (le long du
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fleuve Congo) ; au N.-O., les TOPOKE et les LOKELE (région
d'Isangi, le long du Lomami et entre le Lomami et le Congo) : populations fortement tatouées. Les Lokele vivent souvent dans leurs pirogues. Au S. les MITUKU (entre le Lualaba et le
Lomami) apparentés aux WAREGA « Shabunda », les BASHI (au S.-O. du !ac Kivu), les BABEMBE (0. du lac
Tanganika), les WAZIMBA, les BAGENGELE (Kindu), les WASONGOLA (Kasongo et
Kindu) et les
BANGO-BANGO (Kabambare).
Quantité d'indigènes de ces populations réparties entre le Lualaba et le Kivu sont employés dans les mines ou se livrent aux cultures vivrières pour le ravitaillement de la main-d'oeuvre industrielle. Les Bango-Bango ont des cultures de coton.
Le N.-O. et le centre du Katanga sont peuplés en majeure partie par les BALUBA et par des peuplades
balubaïsées. Un premier empire baluba a été fondé par des Basonge (chef
Kongolo), un second empire par des Bakunda. Ces populations sont originaires toutes deux du
Maniema. Parmi les balubaïsés, citons : 1° les BABUYE, les BAKUNDA et les
BALUMBU, populations originaires du Maniema, 2° les BATUMBWE et les
BATABWA, dont les aristocraties sont apparentées aux BALUNDA du S.-O. du Katanga.
Si les BALUBA et les BASONGE ont une succession patrilinéale, les balubaïsés ont souvent une succession
matrilinéale.
Les BALUBA du Kasaï, auxquels il faut rattacher les BENALULUA (N. de Luluabourg dans le Kasaï) et les BASONGE (dans le
Sankuru, la région de Kabinda et du Tanganika) ont des affinités d'ordre culturel et linguistique avec les Baluba et les balubaïsés du Katanga,
Entre le Lualaba et le lac Moero, vivent les BATEMB0, grande chasseurs ; au N.-O. du lac Moero, les
BAYEKE, qui, au cours du XIX' siècle, ont assujetti de nombreuses populations du Katanga. Leur royaume s'évanouit à la mort de
Msiri. Il ne subsiste plus de cet ancien royaume que quelques chefferies.
Entre le Lualaba et le Sankuru, les BATETELA (N.-E, de Lusambo apparentés aux
Mongo, aux Bakusu et aux Bahamba, sont d'excellents soldats. Ils furent les meilleures recrues des Arabes et fournirent, p Jus tard, à
l'Etat Indépendant du Congo, sous leur grand chef Congo Lutete, des soldats intrépides. Leur révolte, avec celle des soldats d'autres tribus, après la campagne du Nil (de 1898 à 1901 ), compromit la sécurité de
l'Etat. Ces populations sont aujourd'hui soumises et calmes.
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Au S.-O. du Katanga, nous rencontrons les
BALUNDA, originaire du N., qui ont étendu leur empire, des rives du Kwango à la Rhodésie du N.-E. créant, en maintes régions, des seigneuries et des royaumes, jadis sous la suzeraineté du roi des
Balunda.
Dans la région du S. du Katanga, vivent les BALOMOTWA (C). du lac Moero), les BALAMBA (S, de
Jadotville) et les BAUSHI (S. du lac Moero). Ce sont des populations assez frustes, à succession
matrilinéale, influencées par les conquérants baluba, balunda et
bayeke.
A. S.-O. du Katanga et du Kasaï, s'étendent jusque dans l'Angola, les
TUTSHIOKWE, bons Sculpteurs.
Entre le Sankuru et le Kasaï sont Situés les BAKUBA, environ 125.000 indigènes placés sous l'autorité du roi
Lukengo, dont le royaume est constitué par une aristocratie et des tribus assujetties, possédant de grands villages, habiles forgerons, bons sculpteurs et vanniers et les BAKETE (à l'O. de la
Bushimaie).
Entre le Kasaï et le Kwilu, on rencontre les BASHILELE, les 13ABUNDA (E. de Kikwit) et les BAYANZI (S. de
Banningville), populations assez arriérées. Elles récoltent des palmistes, cultivent le manioc et la banane plantin.
Entre le Kwilu et le Kwango, les BASUE-U (sur les rives de la Wamba) les BAPENDE (le long du
Kwango) et les BAYAKA, intelligents, mais superstitieux, très instables, ayant remonté vers le N. et le N.-E. au cours des derniers siècles. Ces populations trouvent leurs principales ressources dans la cueillette des palmistes et cultivent le manioc et le maïs.
Au Ruanda-Urundi, les BATUTSI, les BAHUTU (appelés Wanyaruanda au Ruanda et Warundi dans l'Urundi) et les BATWA parlent actuellement les langues bantoues.
2. - Les Soudanais|

Les Soudanais constituent la majorité des populations du N. du Congo Belge. Ils occupent une grande partie des districts du
CongoUbangi, de l'Uele et du Kibali-Ituri.
Entre l'Ubangi et le Congo : les BWAKA, les BANZA et les ANGBANDI. Toutes ces populations trouvent de larges ressources dans la culture du coton.
Entre le Bomu et l'Aruwimi-Ituri (dans l'Uele et l'Ituri) nous rencontrons : a) les
AZANDE, dont les sultans sont des ABANDIA (Agbandi)
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ou des AVONGARA; b) les MANGBETu, dont les sultans sont, dans le territoire de « Niangara », des MATSHAGA d'origine
abarambo, et dans le territoire de « Paulis », des MANGBETU (d'origine
MAKERE); se rattachent aux Mangbetu du point de vue linguistique et culturel ; les
MAKERE, les MALELE, les POPOIE et les BABEYRU; C) les ABARAMBO; d) les AMADI ; e) les
MOMBOTO, les Mamvu et les WALESE; f) les MAYOGO; g) les WALENDU; h) les LOGO i) les LUGBARA
(Lugwarets).
Les Soudanais sont des envahisseurs récents des pays constituant aujourd'hui le Con, go Belge. Venus du N., ces guerriers ont refoulé vers le S. et le S.-O., les habitants du bassin de
l'Ubangi-Uele.
Les Azande et les Mangbe, tu constituent les deux groupes soudanais les plus remarquables,
Photo Dr Louis

Femme Mangbetu.
Les groupements Azande et Mangbetu comprennent une aristocratie, formée de descendants des conquérants, et une plèbe, formée des descendants des vaincus, bantous et soudanais. L'aristocratie administre le pays; la plèbe est chargé. des divers travaux de culture, du défrichement de la terre, de la construction des huttes, etc. Les grands chefs jouissent d'une réelle autorité. Une hiérarchie de fonctionnaires leur doit obéissance. Ils disposent de gardes exercés et armés de fusils à piston.
3. - Les Semi-Bantous|

Citons parmi les Semi-Bantous les AMBUNDU
(Kwango) ; les BABOMA (Kasaï, Fimi, lac Léopold Il) les BADIA (0. du lac Léopold 11) : les BOBAÏ (E. du lac Léopold Il) , les BASAKATA (entre le Kasaï, le Firni et la
Lukenie) ; les BAMBALA (entre le Kwilu et le Ktvango), Les Baboma
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et les Badia constituent deux petits royaumes. Les Basakata comprennent plusieurs seigneuries. Ces populations se livrent au commerce, à la récolte du copal et des palmistes, et certaines, à la culture du coton et de
l'hevea,
Les semi-bantous ne représentent, au Congo, qu'un petit nombre d'habitants.
4. - Les
Pygmoïdes.
Pygmiformes et Pygmées|

Les Pigmoïdes et les Pygmées vivent disséminés au Congo, notamment dans les districts du
Kibali~Ituri, de la Tshuapa, du Kivu, du Sankuru, du Tanganika et du Lualaba. Il existe 50.000 Pygmées ou Pygmoïdes (Pygmées métissés) dans les territoires
d'Ingende, de Lukolela et d'Inongo. Il en existe près de 30.000 dans le
Kibali-Ituri.
Photo Ministère Colonies.

Type Azande.
Les Pygmées ont généralement la teinte jaune-argile claire de la peau, la grosse tête et le profil bombé du visage. Ils ont les cheveux crépus.
Le corps est disproportionné, les bras étant trop longs et les jambes trop courtes par rapport au tronc.
La taille des hommes atteint environ 144 cm. : celle des femmes 133 cm.
Les Pygmoides ont parfois la taille plus élevée et la couleur de la peau plus foncée . indices de sang mêlé.
Dans de nombreuses régions, les Pygmées et les Pygmoïdes sont assujettis depuis fort longtemps aux Bantous ou aux Soudanais, dont ils ont subi l'influence dans le domaine linguistique.
La dépendance des Pygmées n'est pas toujours une servitude.
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Le Pygmée est un chasseur merveilleux, d'une adresse remarquable et d'un grand sang-froid, Il est armé souvent de petits arcs et de flèches dont la pointe est empoisonnée, et plus rarement de la lance. Il est habile à confectionner des pièges.
Photo Schebesta,

Chef indigène et son vassal pygmée.
Tout en demeurant des chasseurs incomparables, dans
certai, nes régions cependant ils cultivent le bananier, le palmier, le manioc, le maïs, la patate douce et le riz (territoire
d'Ingende, de Lukolela et d'Inongo).
Ils vivent en ordre principal des produits de cueillette et de chasse et passent une grande partie du temps à poursuivre le gibier
dans le territoire de chasse qui leur a été souvent réservé par les suzerains soudanais ou bantous.
Photo Schebesta

Chiens de chasse des pygmées.
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Les femmes pèchent au moyen de petites nasses. Leur industrie se borne la plupart du temps à la fabrication des objets de première nécessité : arcs, flèches, filets, etc.
Leurs huttes sont souvent plus rudimentaires que celles des nègres, se bornant même à quelques branches recouvertes de feuilles.
Dans le Ruanda-Urundi, les Batwa sont des Pygmoïdes.
Alur.
5. - Les Nilotiques|

Dans la région du lac Albert et de la
Semliki, vivent des populations venues de régions du Nil à une époque récente. Elles parlent des langues nilotiques. On divise ces dernières en langue nilo-soudanaises et langues
nilo-hamitiques.
Photo Dr. Louis.

ALUR.
Les Alur et les Bahema du N. parlent la langue alur (dialecte shilluk), du groupe des langues
nilo-soudanaises.
Citons les populations nilotiques les plus importantes - le long de la
frontière orientale, du N. au S., les ALUR « Mahagi », les BAHEMA et les KAKWA
(N.E. de la Colonie).
Ces populations ont souvent d'importants troupeaux de gros bétail.
Les Arabes qui s'étaient établis dans l'E. du Congo vers 1870, ont presque entièrement disparu depuis la campagne anti-esclavagiste de 1890 à 1893. Nous trouvons quelques groupes de noirs arabisés dans le Maniema et surtout à
Lokandu, à Kirundu et à Stanleyville.
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B.
- MOEURS ET COUTUMES| 
II.
- Croyances religieuses
Le culte dés ancêtres est pratiqué généralement en Afrique belge. Il fait d'es sociétés indigènes une communauté des vivants et des morts. Les vivants ont des devoirs vis-à-vis des morts , ils doivent leur faire des offrandes, leur marquer de la déférence, demander leurs conseils, etc. Les morts doivent protéger leurs descendants et jouissent d'un pouvoir semblable aux grands esprits, mais limité aux affaires du clan, de la famille ou de la tribu.
Le culte des ancêtres est rendu par l'intermédiaire des patriarches, chefs de famille, de clan ou de tribu.
Les noirs attribuent parfois les malheurs, par exemple la mort de parents, à la colère ou à la vengeance des esprits, des génies ou des dieux locaux ou à celle des mânes qu'ils n'ont pas honorés. Pour connaître J'esprit, le génie ou le dieu local ou bien les mânes à apaiser, ils ont recours aux devins. Ces derniers leur indiquent les sacrifices propitiatoires requis et ceux à qui il faut les offrir. Il les attribuent parfois aussi à des forces occultes défavorables, à des maléfices de sorciers ou à l'influence du mauvais oeil.
Les magiciens vendent des amulettes' des talismans et des recettes magiques, censés pouvoir les défendre contre ces dangers.
Les faiseurs de pluie, véritables magiciens, n'existent que dans les pays à longue saison sèche, là où la pluie est parfois désirée âprement, parce qu'on en a un besoin urgent pour les cultures. Le pouvoir qu'on leur suppose sur les éléments leur assure parfois une influence réelle.
Les devins, les magiciens, les faiseurs de pluie et les médecins jouent un rôle important dans la société. Les indigènes croient qu'ils les aident à se défendre contre leurs ennemis. Les noirs désignent sous le nom de sorciers ceux qui utilisent la magie pour nuire aux individus de la collectivité à laquelle ils appartiennent.
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Les sorciers sont très redoutés, et, avant notre occupation, on mettait à mort ceux auxquels on reprochait des actes de sorcellerie,
Avant l'arrivée des Belges, la mort naturelle n'était pas admise chez beaucoup de peuplades , les parents du défunt étaient persuadés que la mort était provoquée par les maléfices d'autres indigènes. Ils accusaient alors, souvent par l'intermédiaire du devin, diverses personnes qui devaient se disculper, ordinairement par l'épreuve du poison ; cette pratique cruelle fait encore des victimes. Les funérailles s'accompagnaient aussi de sacrifices humains (femmes et esclaves) dont l'importance était proportionnée à la richesse ou à la puissance du défunt.
Les fétiches sont nombreux et variés, Il y a des fétiches-amulettes. véritables charmes, ou talismans, et des fétiches-statues, censées incorporer un esprit, un génie, un dieu local ou encore l'âme d'un ancêtre. Signalons les statues plutôt informes, ornées de clous et d'amulettes diverses, en usage dans le Bas-Congo et dans le bassin du Kasaï. Les Bakuha ont des statuettes sculptées avec un art réel. Les fétiches statuettes de beaucoup de populations n'ont souvent de valeur que parce que le féticheur a placé au sommet de leur tête ou dans une partie du corps un charme ou petit objet quelconque.
Signalons aussi les tabous et les sociétés secrètes.
Un objet est tabou quand la tradition le marque d'un caractère sacré en vertu duquel on doit éviter son contact, sa vue ou son usage
Les sociétés secrètes sont peu connues, leurs affiliés gardant avec le soin le secret imposé. Citons celle des Léopards dont les membres portent une coiffure fabriquée à l'aide de la peau de cet animal. Les sociétes secrètes poursuivent des buts divers - politiques, religieux, d'aide mutuelle, etc. Le Kibangisme et le Kitawaha ont nécessité des mesures énergiques des autorités au cours de ces dernières années.
Le totémisme, croyance en des rapport de filiation ou d'ordre magique entre les hommes et certains animaux, semble inconnu dans ne-colonie. Il existe, çà et là, des croyances rappelant vaguement le totémisme (pseudo-totems de l'Uele).
En résumé, les noirs sont religieux, mais très superficiels et sous la menace continuelle de maux de tous genres et la crainte sorciers. Le progrès de notre civilisation et l'action heureuse des sions libèrent de plus en plus les noirs de la croyance aux forces soires de l'animisme, du dynamisme, de la magie, de la sorcellerie du mauvais oeil.
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IV. - Organisation sociale et
politique | 
Dans les sociétés indigènes bantoues et soudanaises, on rencontre diverses classes sociales :
1° Les chefs et leurs parents immédiats;
2° Les notables, chefs de groupements inférieurs;
3° Les hommes libres ;
4° Les clients, attachés par contrat à un chef de famille;
5° Les esclaves ou serfs domestiques.
Ces derniers se rencontrent dans la plupart des sociétés - ils deviennent esclaves, soit par naissance, soit comme butin de guerre, soit comme débiteurs. Le maître les traite avec douceur à condition qu'ils fournissent un certain travail. Dans beaucoup de tribus ils font partie de la famille.
Certaines professions assurent à ceux qui les exercent une influence dans la discussion des affaires publiques.
Dans quelques tribus, on rencontre J'historien ou conservateur des traditions. Le soir, au cercle des jeunes gens assis autour du feu, il raconte généralement l'histoire du passé, les légendes et les traditions. Celui de ces jeunes gens qui s'intéresse le plus à l'histoire de la tribu et qui la retiendra le mieux deviendra d'abord l'auditeur préféré, puis l'élève de l'historien et souvent lui succédera plus tard.
La propriété concerne, comme chez nous, les biens immobiliers et mobiliers.
Le sol appartient à la collectivité (familles étendues, clans ou tribus). Sur les terres d'une collectivité indigène, le gibier, le poisson, la forêt, les plaines de chasse, les pâturages et éventuellement les salines sont l'objet de droits exclusifs et absolus de la part des indigènes de cette collectivité.
Nul étranger ne peut en user d'une façon quelconque : couper du bois, brûler des herbes, chasser, pêcher, etc.
Si la terre appartient à la collectivité et que les familles ou les individus n'ont sur le sol que des droits d'usage, le chef de famille étendue est ordinairement le propriétaire de la presque totalité des biens meubles. Les femmes, les enfants et les esclaves domestiques possèdent cependant certains objets personnels - instruments agricoles, objets de cuisine, oiseaux de basse-cour, etc.
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Les enfants héritent des biens de la famille d'une façon assez compliquée
:
tantôt les biens se transmettent par les hommes (succession patrilinéale), tantôt par les femmes (succession matrilinéale).
Lorsque 'es terres sont affectées aux cultures - qui sont extensives et nécessitent de grandes jachères pour laisser reposer le sol
pendant plusieurs années - le champ de chacun, le travail et les fruits récoltés sont individuels, Si un indigène néglige de cultiver le champ sur lequel le chef l'a autorisé à faire des cultures ou n'exécute pas les
obligations imposées par la collectivité, le champ ou les terres font retour à la collectivité.
Le droit privé indigène, établissant les rapports entre les individus. la famille et la société, est réglé par la coutume (droit coutumier).
Les indigènes possèdent plusieurs moyens de paiement pour rémunérer les services rendus. Ils pratiquent le troc.
Ils utilisent parfois, à cet effet, des fers de lances ou de houes. de forme ou de dimensions spéciales, dont l'unique usage est souvent de servir de monnaie.
Ces monnaies disparaissent toutefois de plus en plus et sont remplacées presque partout par le numéraire que les Belges ont introduit
avec succès.
L'indigène aime le commerce et le pratique avec habileté, voire même avec rouerie. L'ouverture d'un marché attire rapidement une foule d'indigènes, venant quelquefois de plusieurs jours de distance pou-acheter ou vendre les produits les plus divers.
La liberté de récolte de tous les produits spontanés, dans toute la colonie a été accordée aux indigènes : elle a donne un grand développement à l'activité des noirs.
Il existe au Congo Belge des sociétés présentant des aspects les plus divers . des familles, des clans, des groupes de clans, des sous tribus, des tribus, des peuplades et quelquefois des seigneuries, des sultanats ou des royaumes. Il y-eut jadis des empires,
1 . Sociétés patriarcales.|

Les sociétés patriarcales sont celles dans lesquelles l'agrégation des individus a pour base, en ordre principal, les liens résultant de 'a parenté naturelle (individus descendant d'un ancêtre commun), et en ordre accessoire, des liens d'ordre contractuel (vassaux, alliés, clients et des liens imposés par la force (assujettis, serfs, esclaves domestiques
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Ce sont les sociétés patriarcales, constituées en quelque sorte par une famille qui s'est agrandie de façon à devenir successivement groupe de famille, clan, groupe de clans, sous-tribu et peuplade.
La famille, au sens étendu (enfants, adoptés, clients et esclaves domestiques) forme souvent un hameau.
Le clan est constitué par la collectivité de tous ceux qui descendent d'un même ancêtre, soit par la lignée des hommes, soit par celle des femmes. Ils habitent souvent un même village.
Dans certaines sociétés, divers groupes de clans forment une sous-tribu, diverses sous-tribus une tribu, plusieurs tribus une peuplade.
Dans les clans, groupes de clans, sous-tribus et tribus, il existe des conseils des anciens qui dirigent les affaires de ces divers groupements et dont le chef ou patriarche est en quelque sorte le président.
Ces sociétés sont égalitaires, démocratiques et fortement décentralisées. On les rencontre chez des Bantous (Mongo, Ngombe, etc.), chez des Soudanais (Agbandi, Makere, Mamvu, etc.) et chez des Nilotiques.
2. Des Seigneuries, Sultanats, Royaumes, Empires.
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Dans ces sociétés, l'agrégation des individus a pour base, en ordre principal la conquête.
A côté d'une aristocratie composée des descendants des conquérants (noblesse), il existe une plèbe, composée, elle, des descendants des vaincus : assujettis, serfs, esclaves. Citons parmi les seigneuries : celle des Baboma, des Badia et des Basakata, constituées en
chefferies chez les semi-Bantous ; des Baluba et des Balubaïsés du Katanga chez les Bantous; parmi les sultanats : ceux des Abandia e~t-des Avongara, dont les sujets sont des Azande, ceux des Manghetu et des Matshaga chez les Soudanais; parmi les royaumes : celui des Bashi, celui des Bahavu, dzs Bakuba, chez les Bantous; enfin parmi les empires - ceux des Balunda, des Bayeke et des Baluba chez les Bantous, empires subdivisés aujourd'hui en de nombreuses chefferies et déjà en voie de désagrégation, avant la conquête européenne.
Ces sociétés sont administrées par un seigneur, un sultan, un toi ou un empereur, assisté d'un conseil des notables (membres de la famille régnante ou de l'aristocratie), de fonctionnaires (héréditaires ou nommés) et d'agents
subalternes.
Le droit coutumier règle les droits et les devoirs du chef, de l'aristocratie des fonctionnaires et de la plèbe.
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3. Succession des Chefs.|

Le pouvoir politique du chef est héréditaire, souvent dans la personne du frère ou du cousin ou des fils du chef décédé : succession patrilinéale (descendant de
l'ancêtre exclusivement par les hommes) -, souvent aussi dans celle du fils aîné de sa soeur : succession matrilinéale (descendant de l'ancêtre exclusivement par les femmes). Le fils ne remplace généralement le défunt comme chef politique que dans quelques royaumes et sultanats : par exemple, chez les Azande, les Mangbetu, les Bashi et au Ruanda et dans l'Urundi.
Photo E.-J,-B. Verleyen

Chef investi de
Booko!e de Lukanga.
(Selenge S. du lac Léopold II)
En dehors des chefs se succédant dans la ligne patrilinéale ou la liqne matrilinéale, il existe dans quelques groupes baluba, basonge, bakusu, batetela et bahamba des chefs élus. Chez les Baluba et Mutombo Mukulu (Katanga), le chef est pris à tour de rôle dans trois familles nobles.
4. Tribut.| 
Le tribut existe dans toutes les sociétés indigènes sous la forme de corvées ou impôts en travail et d'apports en
nature, telle la remise d'une partie des produits de la chasse, de la pêche, des récoltes etc.,
Le droit public indigène établissant les rapports entre les individus. la famille et le gouvernement indigène (rapports entre individus
et chefs pour le paiement d'es tributs, répartition des corvées, etc,) est réglé par la coutume.
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C. - POLITIQUE INDIGENE| 
La politique indigène constitue un des points essentiels de la politique coloniale.
Elle est l'étude et l'application parle gouvernement de méthodes propres à assurer aux peuples indigènes un bon gouvernement, une meilleure éducation
et une amélioration de leurs conditions morales et matérielles d'existence.
La politique indigène appliquée dans notre colonie est celle de l'administration indirecte : amener le noir à s'administrer lui-même sous le contrôle de l'administration coloniale.
Cette politique a pour base l'organisation et le développement des chefferies, des secteurs et des centres extra-coutumiers ainsi que des tribunaux indigènes. Elle respecte et consacre les groupements indigènes et les administre par l'intermédiaire des institutions indigènes.
Au Congo Belge, les indigènes sont groupés dans des circonscriptions qui sont soit des chefferies, soit des secteurs, soit des centres extra-coutumiers.
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La chefferie est le groupement coutumier traditionnel, tandis que le secteur est une circonscription où sont réunies deux ou plusieurs chefferies trop faibles pour se développer harmonieusement dans tous les domaines ; 'le centre extra-coutumier, par contre, est une circonscription qui groupe des indigènes d'origines disparates, ayant quitté leurs groupements coutumiers originels.
Un des buts du gouvernement du Congo Belge est de poursuivre l'organisation des groupements indigènes ainsi prévus, en leur assurant à chacun une vie politique, judiciaire et économique normale. Cette oeuvre colonisatrice s'est
inlassablement poursuivie, malgré les circonstances exceptionnelles de guerre. C'est ainsi qu'aux 1.417 circonscriptions indigènes existant en 1939 se sont substituées aujourd'hui 1.156 circonscriptions solidement établies.
En 1939. on comptait : 410 secteurs, 979 chefferies, 28 centres extra-coutumiers
En 1944, on trouve : 495 secteurs, 626 chefferies, 32 centres extra-coutumiers.
Notre politique tend vers un double« idéal : un idéal humanitaire et un idéal utilitaire (production des matières premières, vente de produits fabriqués, rendement des capitaux métropolitains),
Les progrès de notre action humanitaire doivent toujours primer ceux de l'évolution économique. Il importe de souligner les réalisations magnifiques obtenues à ce jour et de rendre hommage à l'activité des missions qui, à côté d'une oeuvre éminemment civilisatrice, ont apporté une contribution très importante au développement économique du Congo, en créant des écoles professionnelles et en introduisant des cultures nouvelles (café au Kivu et au Ruanda-Urundi, froment au
Tanganika, importation de bétail de Guinée et du Dahomey, etc.).
Les sociétés coloniales ont aussi concouru puissamment aux progrès de la
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Annales Parlementaires, Discussions des Budgets de la Colonie.
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Artes Africanae. Revue publiée par la Commission pour la Protection des Arts et Métiers indigènes.
Bulletin des Africanistes.
Bu:letin administratif du Congo Belge.
Bulletin officiel du Congo Belge.
Bulletin des Juridictions indigènes et du Droit coutumier congolais.
Bulletin des Séances de l'Institut Royal Colonial Belge.
Compte rendu analytique des séances du Conseil colonial.
Congrès Colonial National Belge. Rapport et Comptes rendus des Sessions (1920, 1925, 1930, 1935, 1940).
Kongo-Overzee.
Mémoires de l'Institut Royal Colonial Belge.
Rapport annuel sur l'Administration belge du Ruanda-Urundi, présenté aux Chambres Législatives,
Rapport annuel sur l'Administration de la Colonie du Congo Belge, présenté aux Chambres législatives.
Rapports des Commissions des Colonies, de la Chambre et du Sénat,
Recueil à l'usage des Fonctionnaires et des Agents du Service territorial au Congo Belge (5e édition). Bruxelles, Ministère des Colonies, 1930.
Revue « Congo ».
Revues missionnaires, notamment des Pères Bénédictins, jésuites et de Scheut.
Semaines de Missiologie de Louvain. Rapport des Sessions (1923, 1er semaine, à 1938, 16e semaine).
Trait d'Union (Université Coloniale).
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Ruanda-Urundi.

Ruanda-Urundi.
1. Limite des Etats. - 2. Limite des subdivisions administratives. -
3. Routes. 4. Volcans (de gauche à droite : Karisimbi, Sabinio, Gahinga,
Muhavura), 5. Gisements d'or. - 6. Gisements d'étain. - 7. Région
des palmiers. - 8. Tabac. - 9. Sisal. - 10. Kapok.
Café dans tout le territoire.
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1. - GEOGRAPHIE PHYSIQUE| 
Limites du Ruanda-Urundi.
Position astronomique : les points extrêmes sont, au N., 10 04' 30" de lat. S. ; au S., 40 28' 30" de lat. S. ; à l'O., 280 50' de 19. E. de Greenwich et à l'E., 300 53' 30" de Ig, E. de Greenwich.
Des bornes physiques citons, au N., une ligne partant du N. du Kivu jusqu'au mont Karisimbi, le faîte des Virunga, du Karisimbi au Muhavura, une ligne brisée allant aboutir au confluent de la Kakitumba avec la Kagera; à FE., la Kagera, dans la partie de son cours S.-N. ; puis une ligne brisée allant rejoindre le cours supérieur de la Malagarasi, le cours supérieur de la Malagarasi; de la source de cette rivière, une ligne au Tanganika; à l'O., le Tanganika septentrional, la Ruzizi et la rive orientale du lac Kivu.
Les bornes politiques sont : au N., l'Uganda ; à FE, et au S., le Territoire du Tanganyika; à l'O., le Congo Belge.
La superficie du Ruanda-Urundi s'élève à 52.600 km2 (dont 24.988 km2 pour le Ruanda et 27.612 pour l'Urundi), soit 1 3/4 fois celle de la Belgique,
Géologie.
Les effets de la dislocation que nous avons signalés dans la géologie du Congo Belge et dont le graben central est le principal témoin se vérifient également dans les territoires du Ruanda-Urundi.
Les pressions, dues à l'affaissement du graben, ont donné à cette contrée la forme d'un plateau qui s'appuie contre les Virunga et les montagnes constituant la bordure du bassin oriental du Tanganika. Dans le Ruanda, surtout, l'effondrement a produit des failles occupées aujourd'hui par les lacs à bassin fermé.
Orographie.
La créte de partage Congo-Nil constitue la caractéristique du relief de ces provinces. Elle longe toute la frontière occidentale jusqu'aux Virunga, à quelques kilomètres du Tanganika, de la Ruzizi et du Kivu. Elle appartient, avec l'ensemble des montagnes situées de chaque côté, à la chaîne orientale du graben central. Son altitude moyenne est de 2,300 m. environ, excepté vers les Virunga où elle se rapproche de 3.000 m.
A l'O. de la créte de partage, le terrain descend rapidement vers
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le Tanganika et la Ruzizi inférieure ; on y rencontre quantité de vallées encaissées où coulent des torrents rapides et, à l'extrémité, des plaines étroites ; en face de la Ruzizi supérieure et du Kivu, les montagnes se terminent d'une façon abrupte.
Les quatre cinquièmes du Ruanda-Urundi se trouvent à FE, de la ligne de partage. Leur relief se présente sous la forme de hauts plateaux qui dans leur ensemble s'inclinent doucement vers M. en gradins successifs. Leur altitude moyenne descend ainsi de 2.000 à
1.400 mètres , cette dernière altitude se rencontre dans les larges vallées,
dont les eaux sont drainées vers le lac Victoria par de nombreux affluents de la Kagera.
Rapides de la Ruzizi.

Photo Dr Louis.
La chaîne des Virunga possède plusieurs volcans dont certains situés au Ruanda ; citons spécialement le sommet du Karisimbi (4-506 m.); le Sabinio (3.647 m.) dont le sommet est admis comme point de jonction de l'Uganda, du Congo Belge et du Ruanda-Urundi *, le Gahinga(3.474 m.), le Muhavura(4.127 m.) et le Visoke(3.711 m.).
Dans l'ensemble, le Ruanda est un pays de hautes montagnes, avec des sommets de 2.000 à 3.000 m. au N.-O. -et de volcans qui dépassent 4,000 m. au N. -, l'altitude moyenne est de 1.700, m. au centre et à FE.
L'Urundi comprend : à l'O, la plaine du Tanganika et de la Ruzizi, et à FE. de cette plaine une zone montagneuse dont l'altitude varie de
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2.000 à 3.000 m. Cette chaîne de montagnes, de 15 à 30 km, de largeur, mène au plateau central (ah. moyenne de 1.700 m.) qui couvre la plus grande partie du pays.
L'Urundi est un pays de pâturages et de cultures.
Climat et saisons.
Le climat varie dans chacune des zones orographiques de ce pays.
Dans les plaines du bassin du Congo, le climat est soudanais. Aux environs de la crête de partage, il est beaucoup plus rude : les nuits y sont froides - la température descend parfois en dessous de 0 degré
et les pluies, très fréquentes, sont souvent accompagnées de refroidissements brusques, de
tempêtes et de grêle.
Sur les hauts plateaux, c'est-à-dire dans les territoires du bassin du NiL le climat est généralement tempéré.

Paysage du Ruanda.
De même que dans notre colonie, les saisons sont marquées par la sécheresse et la pluie. Leurs caractéristiques sont : l'irrégularité de leur durée et celle de la quantité d'eau recueillie. De mai-juin à août
septembre, grande saison sèche ; de fin août ou début septembre à janvier, saison de pluies , en janvier, une petite saison sèche, souvent irrégulière ; de fin janvier à fin avril, ou début de mai, saison de pluies, fortes surtout vers sa fin.
Au N., dans la région des volcans, il pleut toute l'année.
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C'est à l'irrégularité des saisons et à la sécheresse au cours de de certaines années que sont dues les terribles famines dont le Ruanda a particulièrement eu à souffrir.
La dernière accabla le Ruanda et l'Urundi en 1943, mais, grâce aux mesures prises par le gouvernement, qui envoya des centaines de camions de vivres du Congo et mobilisa tous les hommes valides pour
les cultures, les populations furent sauvées.
Hydrographie.
Le Ruanda-Urundi appartient au bassin du Congo pour un territoire étroit situé le long de la frontière occidentale, et au bassin du Nil pour les quatre cinquièmes environ du pays.
Les principales rivières du bassin du Congo sont la Ruzizi et la Malagarasi.
La Malagarasi, frontière S.-E., sur une centaine de kilomètres entre l'Urundi et le territoire du Tanganika, fait, dans cette dernière contrée, une grande courbe vers le S.-E,., forme de vastes marécages et se jette dans le Tanganika en dessous d'Udjiji.
De nombreux torrents rapides, plus ou moins importants suivant la Saison, descendent de la crête de partage Congo-Nil dans les vallées encaissées pour se joindre aux rivières ou se jeter dans le Kivu et le Tanganika.
Les hauts plateaux situés à l'E. de la crête de partage sont abondamment arrosés.
De nombreuses rivières, après un cours tourmenté, forment les deux grandes branches de la Kagera : la Ruvuvu et la Nyawarungu. Cette dernière est grossie par l'apport important de l'Akanyaru au S. de Kigali.
La Kagera arrose la partie S.-E. du Ruanda, forme la frontière entre le Ruanda et le Territoire du Tanganyika reçoit à la droite la Ruvuvu, remonte vers le N.-E., puis, aux environs du 1. de lat. S., elle tourne vers l'E. et va se jeter dans le lac Victoria, Elle est d'ailleurs le principal tributaire de ce lac vers lequel elle draine toutes les eaux du Ruanda-Urundi appartenant au bassin du Nil. '
Les vallées des rivières de ce pays s'élargissent fréquemment et produisent de grands marais de papyrus.
La source du Nil Victoria se trouve dans le Ruanda-Urundi, On peut considérer comme tel l'affluent le plus méridional, et dans ce cas c'est :
1° la Luvironza, qui prend sa source à 1.900 m. par 4° de lat. S.,
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au N.-E. du Rumonge ; ou 2° la Ruvuvu dont la source est la plus éloignée et est située aux monts Muzi -, si d'autre part on s'arrête à l'affluent qui apporte le volume d'eau le plus important, c'est la Nya, warungu qui constitue en quelque sorte son cours supérieur.
En dehors des lacs Kivu et Tanganika, dont la moitié N.-E, appartient au Ruanda-Urundi, il existe quantité de lacs, surtout dans le Ruanda, dont les plus importants sont le Mohasi et le Muyesera.
RICHESSES NATURELLES
Règne minéral.
Etain : Après les recherches géologiques de l'ingénieur Delhaye et de l'abbé Salée, des prospections ont fait découvrir de très importants gisements d'étain se
rattachant à ceux qui sont déjà exploités dans l'Uganda et à ceux connus dans le Territoire du Tanganyika (sous mandat). lis sont exploités dans le Ruanda et dans l'Urundi et plus spécialement au N.-E. du Ruanda
et dans le territoire de Kigali. Des gisements situés à l'O. du Ruanda sont exploités par la Société Minétain, et au N., à FE. et au S. de Kigali par la Somuki. De nombreuses prospections établissent l'importance des réserves en cassitérite. On exploite aussi le tantale, le niobium et le wolfram.
Or : Des alluvions aurifères, à une teneur moyenne de 0,967 kg. d'or à la tonne ont été découvertes et sont exploitées dans les mêmes zones et plus spécialement dans les territoires d'Astrida et de Biumba (Ruanda); d'Usumbura, de Muramvya et de Muhinga (Urundi).
Le fer paraît abondant un peu partout.
Les salines se présentent sous la forme de dépôts de terre salée ou de sources ; certaines herbes de marais contiennent aussi du sel que l'on extrait de leurs cendres comme le font les indigènes,
Il existe aussi du mica, du graphite et de la colombite.
Règne végétal.
Le pays est généralement couvert d'herbes courtes. Les forêts sont rares ; on en rencontre quelques-unes à l'O. du Ruanda, le long du lac Kivu, ainsi que des vestiges sur la crête Congo-Nil. A cause des feux de brousse et des défrichements, la superficie forestière diminue encore progressivement.
Une savane boisée, formée spécialement d'acacias, couvre le S.-E. du Ruanda jusqu'à la Kagera ; on la trouve
aussi dans la vallée de la Malagarasi et de la Ruzizi. Dans l'Urundi, le pays est fort dénudé.
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Partout ailleurs, les essences arborescentes sont rares et comprennent surtout des groupes isolés de ficus.
Citons quelques palmiers elaeis dans la plaine de la Ruzizi et du Tanganika, des papyrus le long de certaines rivières et les forêts de bambous, communes sur les montagnes, à une altitude dépassant 2.000 m.
Parc National de la Kagera
Un décret du 26 novembre 1943 a constitué en parc national une région du Ruanda, située à l'O. de la Kagera. Son étendue est de 270.000 hectares.
Règne animal.
On retrouve ici la plupart des espèces citées dans la faune congolaise, entre autres les gorilles, les éléphants, les léopards, les lions, les buffles et les phacochères, les antilopes, les zèbres, les hippopotames, les colobus et les singes dorés. Le gibier est abondant dans
l'E.
Le bétail constitue la principale richesse du pays. On l'estime à 1 million de bovidés, 1 million de capridés et 300.000 ovidés.
II. - GEOGRAPHIE ETHNOGRAPHIQUE| 
Population.
La population autochtone du Ruanda est évaluée à 1.888.890 habitants et celle de ]'Urundi à 1.863.852 habitants, soit pour les territoires sous mandat, 3.752.742 habitants. La densité est de 72 au km2.
La population blanche s'élève à 2.167 personnes, dont près des deux tiers sont de nationalité belge. On compte 1.796 hindous.
Le Ruanda et ]'Urundi sont peuplés par trois groupements : 10 les Batutsi (au
singulier Mututsi) dont les ancêtres appartiennent vraisemblablement aux nègres nilotiques. Ils constituent la*noblesse et la classe dirigeante ; 20 les Bahutu (au singulier Muhutu), de race bantoue et 30 les Batwa qui sont des Pygmoïdes (parias) .
Les Batutsi représentent 7 % du total, les Bahutu environ 92 et les Batwa moins de 1 %,.
Les Batutsi sont de taille élancée; la moyenne dépasse 1 in. 85 et beaucoup atteignent 2 m. Ils ont les traits réguliers, la peau claire, le nez aquilin, les lèvres et les attaches fines, les épaules étroites, les
membres très longs et grêles. L'expression générale est très intelligente et leur type se rapproche quelquefois de celui des personnages représentés sur certains monuments de J'ancienne Egypte. Les
Batutsi sont diplomates, corrects et policés, très maîtres d'eux-mêmes, mais orgueilleux et sans pitié. Ils pratiquent les sports, notamment le saut en hauteur (sport national), le lancement du javelot et le tir à l'arc. Ils
ont des danses très curieuses et parfaite
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-ment rythmées. Les "Intore", pages de la cour du Mwami du Ruanda, forment des troupes de danseurs d'élite. Les Batutsi sont des pasteurs, Ils ne pratiquent guère de culture, se nourrissent de lait,de beurre, de miel et boivent de l'hydromel.
Théoriquement, tout le bétail appartient au sultan. Le bétail est pour les Batutsi leplus grand des biens et le signe de puissance et de richesse. Il joue lin rôle important dans la vie indigène au point de vue social, notamment par le système de clientèle (patrons et clients) et dans les mariages (dot), etc.
Il a été introduit au début de l'invasion du pays par les Batutsi qui ont opéré une véritable conquête pacifique.
Les Bahutu ont le type bantou ; ceux du N. (montagnards) sont robustes et musclés, farouches et brutaux ; ceux du centre, plus chétifs, se révèlent plus doux. Ils sont avant tout des cultivateurs.
Les Batutsi et les Bahutu de l'Urundi sont appelés « Barundi ».
Les Batwa attéignent généralement 1 m. 59. Ils sont chasseurs, danseurs et gardiens à la cour ; ils exercent les métiers de potiers et de vanniers. Méprisés par les Batutsi et les Bahutu, ils sont défiants et indépendants.
Vie religieuse.
Les Batutsi et les Bahutu croient à l'existence d'un Dieu unique « Imana », créateur,
puissant, essentiellement bon. Ils ont le culte des mânes des morts auxquels ils offrent des sacrifices et c'est là leur véritable religion. Ils craignent les mauvais sorts et les envoÛtements. Ils font appel à des « Umufumu », devins et guérisseurs (magie noire)
La survivance des âmes a provoqué la croyance à des esprits inférieurs qui veillent sur la propriété, sur les habitants et les biens.
Les Batutsi sont assujettis à la loi des Tabous.
Organisation sociale.
Organisation politique indigène. - L'état social, particulièrement au Ruanda, peut être comparé au servage du moyen âge. Politiquement, le Ruanda est une monarchie absolue.

Type de chef du Ruanda.
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L'Urundi est une monarchie d'un caractère plus féodal.
Le Sultan a, ses troupeaux, mais les princes et les Bahutu, au Ruanda comme à l'Urundi, peuvent également posséder des biens personnels.
A la tête du Ruanda et de l'Urundi nous trouvons un Sultan ou Mwami. Ce dernier commande à des Chefs de Province qui sont secondés par des sous-chefs nommés par le sultan. Une sous-chefferie est constituée par une colline ou un massif dont l'importance va de cent à mille contribuables.

Danse de Bahutu.
Les chefs sont en grande majorité des membres de vieilles familles Batutsi ; néanmoins, un certain nombre sont originaires de familles Bahutu et même Batwa, anoblies à la suite d'exploits guerriers accomplis par leurs ancêtres. Les sous-chefs sont choisis dans les familles d'origine Batutsi et Bahutu. La majorité d'entre eux sont des éléments ayant passé par nos écoles officielles ou libres et ayant subi un stage comme secrétaire indigène près d'un Administrateur territorial belge.
Il existe une école pour fils de chefs à Astrida.
Le Ruanda est gouverné par le sultan Mutara Rudahigwa, mututsi de la famille des Abanyiginya, fils de l'ex-sultan Musinga, De temps immémorial, la politique des sultans a poursuivi un morcellement à
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l'infini du pays qui est divisé actuellement en cinquante-six provinces. Le sultan réside à Nyanza.
L'Urundi, où l'autorité du sultan est, de même qu'au Ruanda, de caractère divin, se trouve gouverné actuellement par le Sultan Mwarnbutsa, Il réside à Muramvya. La politique traditionnelle des sultans de l'Urundi est, contrairement à celle du Ruanda, de reconstituer des blocs plus étendus.
LANGUE.
Les habitants du Ruanda parlent le Kinyarwanda; ceux de l'Urundi, le Kirundi (deux langues bantoues très difficiles et très riches).

Batwa
Vie familiale.
La monogamie est plus pratiquée que la polygamie et celle-ci n'est que de la petite polygamie. La famille est unie. La femme, surtout chez les Batutsi, occupe une situation infiniment supérieure à celle de la femme indigène au Congo. On la consulte dans les affaires familiales. Le mariage n'est jamais imposé à la jeune fille ; la dot, très élevée chez les riches propriétaires, constitue une garantie plus morale que matérielle.
Vie matérielle.
a) Toilette. - Le vêtement, plus ample qu'au Congo Belge, constitue un moyen de protection contre le froid et les intempéries. Il est
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fait généralement d'écorce de ficus étendue et assouplie par battage. Il comprend une sorte de jupon et un manteau très large passant sur l'épaule gauche et noué sur l'épaule droite. Les femmes portent des pagnes. Les habitants portent aussi des manteaux en peaux de bête. Les Batwa se vêtent de peaux de chèvre, de mouton, d'antilope ou de singe. Les chefs Batutsi portent la peau de léopard ou de
colobus.
Les cheveux sont coiffés en forme de toupet; la plus grande partie du crâne est rasée. Le corps est enduit de beurre mélange d'ocre rouge et de résines odorantes. Les tatouages sont assez rares. Les principaux objets de parure sont les, coquillages tailles en forme de croissant, les amulettes, les ceintures de perles, les bagues et les anneaux de cuivre et de bois.
b) Alimentation. - Au centre du pays, la pâte de farine de sorgho ou d'éleusine constitue la base de l'alimentation. A l'Q, les indigènes se nourrissent principalement de pâtes de maïs ou de manioc. Les Batutsi consomment surtout de la viande de boeuf , les Bahutu, des pois et des haricots, des bananes et des patates douces. Ils boivent du lait et de la bière de banane. Le miel est très recherché et sert aussi à fabriquer l'hydromel. Les Bahutu mangent comme friandises les sauterelles et les fourmis blanches.
Le poisson, péché dans les lacs, constitue une ressource très appréciée par les indigènes riverains.
Le gibier forme la nourriture principale des Batwa.
Le tabac est recherché ; les Batwa sont fumeurs de chanvre.
Les indigènes du Ruanda-Urundi ont souffert fréquemment de terribles disettes. Des mesures ont été prises pour éviter de nouvelles famines, notamment en obligeant les indigènes à étendre des cultures et à faire des stocks de vivres.
c) Habitation. - Les habitations sont toutes construites en forme de taupinières ; elles sont souvent cachées au milieu des bananeraies et entourées d'une palissade,
Le mobilier se compose d'un lit bas, formé de pieux enfoncés en terre et recouvert de nattes ; op trouve dans la hutte des pots pour le lait et la bière, des paniers et des calebasses.
d) Occupation et industrie. - La garde et l'élevage du bétail sont la principale occupation des Batutsi, l'agriculture celle des Bahutu et la chasse ainsi que Ia fabrication de poteries celles des Batwa. L'industrie du fer et notamment la fabrication de houes s'exerce dans certaines régions. Des Bahutu, établis au bord des lacs Tanganika et
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Kivu, se livrent à la pêche. Signalons aussi l'industrie de la forge et la fabrication des bracelets en cuivre et en laiton.
Les femmes Batutsi exécutent de jolis travaux de vannerie, paniers à couvercle conique, nattes, etc,
Les sports sont très en faveur au Ruanda-Urundi - la course, la chasse, le lancement du javelot, le tir à J'arc et. surtout le saut en hauteur et la danse, Les danses guerrières sont remarquables ; elles évoquent les combats épiques d'autrefois.
Politique indigène.
Notre politique indigène au Ruanda-Urundi se rapproche de celle du protectorat. Nous nous efforçons de maintenir les autorités indigènes, de stabiliser les charges.
Les deux bâmi sont aidés, au point de vue politique, chacun par un conseil de notables et, au Ruanda comme dans l'Urundi, l'insigne du monarque est le tambour sacré (« Kalinga » au Puanda et « Karyanda » en Urundi) qui est remis lors de l'avènement.
Nous avons conservé J'armature politique existante, nous l'avons simplement stabilisée et améliorée, notamment en supprimant toutes les petites sous-chefferies de moins de cent contribuables.
Nous nous sommes assurés parmi les chefs de dévoués collaborateurs et dans l'ensemble nous n'avons qu'à nous louer d'eux.
D'autre part, les juridictions indigènes existantes ont été codifiées à l'intervention des bâmi et se trouvent placées sous le contrôle de J'administration territoriale.
Des tribunaux indigènes siègent dans chacune des provinces indigènes et sont composés de juges, d'assesseurs et de greffiers indigènes. Ils ne connaissent que des litiges civil, à l'exclusion du pénal.
Il existe dans chaque territoire un tribunal indigène d'appel composé uniquement de juges, d'assesseurs et d'un greffier indigène.
L'autorité européenne n'intervient que comme « conseiller » et ne préside pas ces tribunaux comme au Congo Belge.
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Des caisses administratives de chefferies ont été constituées à l'intervention des sultans. Elles ont permis la construction de dix hôpitaux,
cent dispensaires, d'ateliers, etc.
III. - GEOGRAPHIE
ECONOMIQUE|

Cultures indigènes et européennes.
Les terres du Ruanda-Urundi provenant de la désagrégation des laves (N.-O.), d'alluvions (vallées), d'altérations ou de la désagrégation sur place des roches du sous-sol (dans le restant du pays), conviennent admirablement aux cultures.
Citons parmi les principales cultures alimentaires . la patate douce, le maïs, les petits pois, les haricots, le sorgho, l'éleusine, le manioc, l'arachide, le sésame et le blé dans les régions élevées.
Cultures industrielles indigènes.
La principale culture industrielle indigène est le café. Les habitants étendent de plus en plus leurs plantations. On favorise uniquement la culture du café « arabica ».
Le service de l'agriculture distribue des semences sélectionnées et aide de ses conseils pour la préparation du produit à livrer au commerce. Des moniteurs indigènes surveillent l'entretien des plantations. L'exportation a été, en 1944, de 6.826.736 kg., pour une valeur de 77.527.263, fr.
Le coton est cultivé par les indigènes dans la vallée de la Ruzizi et dans la plaine à l'E. du lac Tanganika. L'exportation s'est élevée en 1944 à 745.509 kg. d'une valeur de 1.577.040 fr.
Le coton est acheté et égrené par la Compagnie de la Ruzizi.
Le palmier elaeis est planté dans la plaine le long du lac Taiiganika, du Nyanza-lac et de Rumonge. Les graines des meilleures variétés sont remises aux indigènes par le service de l'agriculture. La production est d'environ 150 tonnes d'huile de palme et 4.000 tonnes de noix palmistes.
Le tabac est cultivé par les indigènes dans tout le pays.
Agriculture et industries agricoles européennes :
Plusieurs sociétés belges (l ) exercent leur activité en achetant aux indigènes le coton, en cultivant le sisal, le pyrèthre, etc.
L'Inéac dirige une station de plantations dans le Ruanda-Urundi à Rubona, à 25 km, au S, d'Astrida.
Reboisements. - On pratique sur de nombreuses étendues le reboi-
(1) La liste des sociétés exerçant leur activité au Ruanda-Urundi est publiée par l'Office Colonial à Bruxelles.
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-sement, notamment par la plantation de cèdres, mimosas, eucalyptus et essences diverses,
Elevage.
Le bétail est le signe principal de la richesse. Dans Il Urundi, la plus grande ambition de tout habitant est de posséder une ou plusieurs têtes de gros bétail ; dans le Ruanda, cette ambition doit se limiter à en obtenir l'usufruit. Toutefois, la propriété commence à s'établir sous l'influence européenne.
Le sultan possède des nyambo ou bêtes sacrées, qui participent au fêtes et dont la garde constitue un honneur. Les bêtes de ce troupeau ont toujours la même couleur de robe, sans le moindre défaut.
Les animaux de gros bétail se rapprochent dans leur ensemble d'un type zébu à longues cornes ; l'ampleur de celles-ci est caractéristique, ainsi que l'écartement de pointe à pointe. Le nombre total des bêtes à cornes pour l'ensemble du pays est de 1 million environ,
En 1944, les pasteurs ont vendu 4 millions de litres de lait, 56 tonnes de beurre et ont préparé et vendu 60000 peaux de bovidés et 320.000 peaux de chèvres. (Exportation des peaux : 706.770 kg. d'une valeur de 9.697.268 fr.)
Récolte de produits spontanés d'origine animale.
Miel et cire d'abeilles. - Très recherché, le miel est consommé comme friandise et sert à la fabrication de l'hydromel, boisson favorite des
Batutsi.

Bétail du Ruanda-Urundi.
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Exportation de cire en 1944 : 12.200 kg. pour une valeur de 445.600 francs.
Industrie.
Les découvertes de riches gisements d'étain ont provoqué un grand développement des industries minières. L'extraction de la cassitérite est devenue
l'activité économique la plus importante du territoire de kigali et du N.-O. des territoires près du lac Kivu.
Parmi les sociétés, citons da « Société des Mines d'Etain du Ruanda-Urundi (Minétain) », dont le centre est à Astrida et les principales exploitations le long de la rivière Nyavarongo, et à lE. du lac Kivu : la « Société Minière de Muhinga et de Kigali (Somuki) », la « Compagnie générale pour favoriser le développement du commerce, de l'industrie et des mines «
Cim » et la « Mirundi» .
L'exportation de la cassitérite s'éleva en 1944 à 1.931.624 kg. pour une valeur de 64.508.176 francs.
Ces gisements d*étain sont exploités notamment par la « Société Minétain » au S -E. du lac Kivu et
à Ruhenghi (N. du Ruanda).
L'or a été découvert dans plusieurs régions ; en 1944, il en a été exporté 124 kg. pour' une valeur de 5,222.634 francs,
Parmi les industries, signalons encore : des savonneries, des usines d'égrenage du coton, ou pour le traitement du café, une rizerie, une minoterie, une fabrique d'eaux gazeuses, des briqueteries et des tuileries.
Commerce.
Le chiffre des transactions entre indigènes a atteint, en 1944, 112 millions.
Le commerce d'exportation est en progrès (peaux de bovidés, vivres indigènes, coton, pyrèthre, tuiles, briques, etc.).
COMMERCE SPECIAL
IMPORTATIONS
Quantité (kg.) Valeur (fr.)
1938 8,856.901
62.301.543
1941 6.390.657
103.769.755
1942 7.494.971
137.024.746
1943 6.358.938
136.776.724
1944 (1)
EXPORTATIONS
Quantité (kg.) Valeur (fr.)
1938
7.135.956
64-861.412
1941
15.089.179 190.145.075
1942
16.779.271 190.434.481
1943
14.703.455 228.728.429
1944
11.426.446 188.578.909
(1) Nous n'avons pas encore reçu les données pour les importations,
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EXPORTATIONS. (Pays de destination.)
Quantité (kg.)
Valeur (fr.)
Angleterre
2.356.745 34.105.790
Australie
985.140
11.368.158
Congo Belge
1.153.174 39.070.754
Etats-Unis
1.341.899
38.377.457
Kenya
314.082
3.425.120
Rhodésie
3.000
7.500
Tanganyika Territory.
2.218.798 23.173.337
Uganda
68.153 456.160
Union Sud-Africaine
2.985.455
38.594.633
Totaux .
11.426.446 188.578.909
Le Ruanda-Urundi importe des machines, de l'essence, des cotonnades, des couvertures, de l'outillage pour les indigènes et des produits alimentaires pour les Européens. Ajoutons-y de grandes quantités de sel du Tanganyika Territory et des ciments fournis par le Katanga.
La balance commerciale entre le Congo Belge et le Ruanda-Urundi est restée favorable aux territoires sous mandat, depuis 1935 jusqu'en 1943. En 1944, elle s'est trouvée en déficit par suite de la suppression des orties de vivres vers le Congo et l'importation massive de produits congolais.
Banque. - La Banque du Congo Belge a son siège à Usumbura.
Voies de communications.
a) VOIES D'ACCÈS.
Le Ruanda-Urundi appartient à l'hinterland économique de l'océan Indien et plus spécialement aux ports de Dar-Es-Salam et de Mombasa. C'est surtout la voie Usumbura-Kigoma-Dar-Es-Salain qui assure le transport des marchandises et des voyageurs. Les transports du N.-E. du Ruanda sont assurés par la voie Kigali-Kampala-jinja-Mombasa et par celle de Kigali-Bukakata-Kisumu-Mombasa (marchandises), Le chemin de fer des Grands Lacs relie le Ruanda-Urundi avec notre colonie et assure la correspondance vers la Rhodésie et l'Afrique du Sud. Les marchandises en provenance des pays occidentaux empruntent de plus en plus la voie
Matadi-Stanleyville-Albertville-Usumbura.
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La ligne de transports aériens des « Imperial Airways » assure la liaison et la poste aérienne via Kampala.
La Sabena relie Usumbura-Shangugu (plaine d'aviation de Coster. mansville) à
Stanleyville.
b) VOIES DE COMMUNICATIONS INTÉRIEURES.
I. Navigation. - Service sur le lac Tanganika et le lac Kivu.
La Compagnie des Chemins de fer des Grands Lacs assure -le trafic sur le lac
Tanganika; l'Otraco, celui sur le lac Kivu.
II. Routes. - Quelques routes d'intérêt général assurent les communications entre les principaux centres et permettent d'atteindre le Congo Belge, l'Uganda et le Tanganyika Territory. Il y a 9.000 km. de routes praticables en toute saison.
Citons les principales routes
1. Usumbura-Astrida-Nyanza-Kigali-Gabiro-frontière de l'Uganda (vers Kampala) (502 km.).
la. Biumba-Ruhengeri~Kisenyi (223 km.).
2. Usumbura-Kitega-Ngozi,Astrida (265 km.).
3. Kitega-Muhinga-frontière du Tanganyika Territory vers Bukoba et Tabora (128 km.).
4. Kitega-Bururi (80 km.).
5. Usumbura-Ruzizi vers Uvira (21 km.).
6. Usumbura vers Costermansville (101 km.).
III. Télégraphe. - Le Ruanda-Uundi est desservi par les postes d'Usumbura.
Télégraphie sans fil. - Il existe un poste de T.S.F. à Usumbura et à Kigoma (Territoire du Tanganyika).
IV. -
GÉOGRAPHIE POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE|

Notice historique.
I. POPULATIONS INDIGÈNES.
Les Batwa vivaient au Ruanda-Urundi, il y a plusieurs siècles, et sont les véritables autochtones, établis en clans peu organisés.
Il y a cinq siècles environ, il y eut une infiltration de Bahutu venant des régions du Congo , ils supplantèrent bientôt les autochtones.
Il y a trois siècles, les Batutsi arrivèrent à leur tour, venant des confins de l'Ethiopie et de l'Egypte en deux migrations N.-S.-E. et N, S.-O. Les premiers formèrent le Kissaka, le Bugoye et l'Urundi; les seconds le Ruanda. Ils amenèrent avec eux le bétail jusqu'alors inconnu
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dans ces régions et qui jouera un rôle prépondérant dans la conquête. pacifique du pays d'abord et dans l'organisation politique féodale ensuite.
I. PÉNÉTRATION EUROPÉENNE.| 
De par sa situation au coeur de l'Afrique, de par sa configuration et ses contreforts abrupts, le pays, grâce également à une population nombreuse et bien organisée au point de vue politique, échappa longtemps à toute pénétration et même à toute influence extérieure.
Stanley et Livingstone, partis d'Udjiji, remontèrent le lac Tanganika jusqu'à l'embouchure de la Ruzizi et abordèrent à Usumbura, mais sans essayer de pénétrer à l'intérieur du pays. Stanley parle des géants à peau claire (Batutsî).
En 1879, des Pères Blancs s'établissent à Rumonge (Urundi), mais en 1881, la mission fut en partie massacrée par les partisans de Rumaliza.
Une nouvelle mission de Pères Blancs, venus du lac Victoria, en 1889, s'établit dans l'Urundi.
L'explorateur allemand, Dr Baumann, en 1894, traverse pour la première fois l'Urundi ; et deux ans plus tard le comte von Gotzen, traversant le Ruanda, découvre le lac Kivu.
En 1899, fut créé le poste militaire d'Usumbura avec juridiction sur les deux sultanats.
L'occupation européenne fut avant tout militaire ; mais la présence de l'Européen était acceptée par tous. Le pays, occupé jusqu'au début de 1916 par les Allemands, fut conquis, occupé, organisé et développé au point de vue politique, social, moral et économique par la Belgique, à qui fut confié, à la suite de la victoire de nos troupes, au cours de la campagne 1914-1918, le mandat sur le Ruanda-Urundi.
Mandat.
En reconnaissant le mandat confié à la Belgique, la Société des Nations a rendu hommage à son magnifique effort militaire en Afrique et l'a placée au rang des grandes puissances colonisatrices.
L'Allemagne renonça à ses colonies par l'art. 119 du Traité de Versailles, en faveur des principales puissances alliées et associées. Ces dernières ont chargé la Société des Nations du contrôle de l'administration des anciennes colonies allemandes.
La Belgique et la Grande-Bretagne, par l'accord Orts-Milner du
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31 mai 1919, fixèrent les limites de l'occupation de chacune d'elles et demandèrent au Conseil Suprême (les cinq grandes puissances) de partager entre elles le mandat sur
l'Est-Africain allemand. Le Conseil Suprême ratifia cette demande le 22 août 1919 et accorda par cette décision
le titre juridique du mandat que nous exerçons sur le Ruanda et l'Urundi.
La Belgique tenait donc son mandat non de l'Angleterre, comme on l'a erronément écrit, mais des principales puissances alliées et associées
(États-Unis, Empire Britannique, France, Italie, japon), tout comme l'Angleterre elle-même et les autres nations qui ont reçu un mandat sur les possessions ennemies, aux termes de l'art. 22 du pacte de la Société des Nations.
Le 15 mars 1921, à la suite de la cession à l'Angleterre d'une grande partie des territoires conquis par nos troupes et occupés par nous jusqu'à ce jour, la Grande-Bretagne nous accorda des avantages économiques dans le Territoire du Tanganyika,
Ce traité accorde notamment aux Belges un port franc à
Kigoma et à Dar-es-Salam, la liberté de transit, les tarifs de la nation la plus favorisée et le même traitement qu'aux Anglais pour ce qui concerne leur personne, leurs biens et leurs bateaux.
Le 31 août 1923, la Société des Nations a confirmé à S. M. le Roi des Belges, le mandat sur le territoire de l'Est-Africain et a fixé les termes de ce mandat (mandat B).
Le Mandat B rend le mandataire responsable de la paix, du bon ordre et de la bonne administration du territoire. Il doit accroître par tous les moyens en son pou voir le bien-être matériel et moral et favoriser le progrès social des habitants.
Il défend notamment la traite des esclaves, le trafic des armes et de l'alcool ; il oblige le mandataire -à respecter la propriété foncière des indigènes et leur droit de pétition à la Société des Nations, ià assurer à tous les membres de cett | |