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L'année 1996 on s'en souvient encore 


AGNEWS 


 26 /09/2003

Diallo A. Moussa , N.Y.





         A LIRE AUSSI :

- Le GENOCIDE DE 1996 : EST ZAÏRE (Actuel RDC)

 - Génocide des Hutus au Congo(Est -Zaïre):Quand tout interfère : l'exemple d'Uvira en octobre 1996

 - CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS MARQUANTS DE FEVRIER 1995 A JUILLET 1996

 -Année 1996 (Guerre Civile Burundaise): La  question est pourquoi TEZA et BUGENDANA  ?

 


JANVIER 1996

 

 

 

 * Burundi. Human rights observers 
The UN High Commissioner for Human Rights, who opened an office in Bujumbura as early as June 1994, intends to deploy human rights observers in Burundi shortly. On 9 January, an initial financing agreement was signed with the European Union for that purpose. The observer operation has not been funded through the regular budget of the UN. Therefore, for the past several months, the High Commissioner has been actively seeking to obtain voluntary contributions in order to fund the operation, whose total cost in 1996 for the full 35 observers is expected to reach approximately $6.6 million. The High Commissioner has been in close contact with the European Union for that purpose. The result of those contacts has materialized in the form of the signing of an initial financing agreement in the amount of 405,860 ECU (approximately $518,000), enabling the High Commissioner to deploy the first contingent of observers in Burundi for a period of three and a half months. (UN Information Service, Geneva, 9 January 1996)

 

 

* Burundi. Le pays sombre de plus en plus
Dans son discours de nouvel an, le president Sylvestre Ntibantunganya a declare: "Si nous ne sommes pas assez vigilants, notre pays court le risque d'un effondrement total". Son Premier ministre, Antoine Nduwayo, n'est pas plus optimiste: "L'ideologie de l'exclusion et du genocide gagne du terrain et l'economie est en train d'etre detruite". A New-York, le secretaire general des Nations unies, M. Boutros Boutros-Ghali, a lance, le 2 janvier, un nouvel appel en faveur du stationnement de troupes au Zaire, appelees a intervenir au Burundi, en cas de troubles graves. Le secretaire general declare craindre "que la situation ne degenere au point d'exploser en violence ethnique sur une grande echelle". Le ministre belge des Affaires etrangeres, de son cote, a deconseille aux Belges, le 7 janvier, de se rendre au Burundi a cause des violences ethniques et de la deterioration des conditions sanitaires. La plupart des affrontements ne sont pas connus, mais diplomates et organisations humanitaires estiment que les tueries font environ 30 morts par jour. Les routes ne sont pas sures et les vehicules risquent a tout moment de tomber dans des embuscades. Depuis aout 1994, 11 membres d'organisations humanitaires ont peri. L'armee n'obeit qu'a ses chefs, et de part et d'autre l'influence des hommes politiques decroit au profit des extremistes. Toutefois, selon une declaration du HCR a Geneve, un nombre croissant d'organisations humanitaires ont repris leurs operations dans le nord du pays, supendues depuis quelques semaines. (D'apres Le Soir et La Libre Belgique, 5-10 jan. 1996)

 

 

* Tanzanie. Baby boom dans les camps hutus
La presse tanzanienne s'est recemment inquietee du fort taux de natalite observe dans les camps de refugies hutus et burundais. Selon le journal Mtanzania, certains camps voient naitre, chaque semaine, entre 30 et 100 enfants. Selon Mtanzania, ce phenomene s'explique par l'oisivete des refugies et les conditions sanitaires et nutritionnelles relativement satisfaisantes qui regnent dans les camps, mais aussi par le desir de "compenser" les pertes dues a la guerre. Ce desir, corrobore par les observations des organisations humanitaires, est entretenu par la propagande des extremistes hutus, qui encouragent la croissance de la population dans la perspective d'un retour en force au Rwanda. Ces extremistes se sont opposes a la distribution de preservatifs, n'y voyant qu'une mesure de planning familial. Or le taux de seropositifs -- au Rwanda, avant la guerre civile, l'un des plus eleves du monde -- reste le risque sanitaire majeur pour la population des camps. (Le Monde, France, 6 janvier 1996)

 

 

* Burundi. Bujumbura au fil des jours 
9 janvier. La ville est sans electricite depuis bientot trois mois et sans eau depuis 5 jours. La greve des transports publics commencee il y deux jours continue. On entends des coups d'armes a feu dans le quartier hutu de Buterere (Cibitoke). Sur les ondes de la BBC, Hitimana lance un appel pour une action "ville morte". 
10. Plus de 200 cas de cholera a Bujumbura, surtout parmi les refugies de Kamenge et Kinama, et dans les quartiers populaires de la ville. Depuis hier apres-midi Radio Democratie lance des appels a la vigilance car dans les jours a venir la ville de Bujumbura et les communes limitrophes seront attaquees. Oxfam et Medecins sans frontieres approvisionnent hopitaux et ecoles; mais des jeunes Tutsi les accusent de porter de l'eau empoisonnee. 
12. La troisieme Campagne de pacification commence a Mubimbi avec la participation de M. le president, du premier ministre et du president de l'Assemblee. Deo Niyonzima lance un violent appel pour une greve generale a outrance jusqu'au depart du president Ntibantunganya. 
15. Debut de l'operation "ville morte"; on vit au ralenti. Aucune violence a signaler, mais tout le monde reste chez soi. Environ un quart de la ville est de nouveau ravitaillee en electricite. 
16. Les forces de l'ordre empechent les extremistes tutsi de manifester en ville. Pour la premiere fois l'armee se desolidarise des extremistes avec qui elle est souvent accusee de complicite. On parle d'une lutte de pouvoir entre Pierre Buyoya et J.-B. Bagaza. 
18. Arrestation de Deo Niyonzima et d'une vingtaine de signataires de l'appel "ville morte"; mise en residence surveillee de Mathias Hitimana, Nzeyimana et Cyril Sigejeje. La Campagne de pacification continue; M. le president, le Premier ministre et le president de l'Assemblee visitent ensemble chaque jour une province, une localite ou une commune.
M. Sergio Pinheiro, rapporteur special de l'ONU pour les droits de l'homme au Burundi a reclame des "sanctions internationales" pour mettre fin au "genocide au compte goutte", ajoutant: "Quel seuil de cadavres faut-il atteindre pour faire quelque chose?". 15.000 refugies rwandais ont fuit leur camp de Mugano, au Burundi, et se sont refugies en Tanzanie. (ANB-BIA, de sources diverses, 19 janvier 1996)

 

 

* Burundi/United States. "Whirlwind of killing"
During a recent visit to Bujumbura, the US Ambassador to the United Nations, Madeleine Albright, warned that Burundi will tumble into a whirlwind of killing unless its political and military leaders take evasive action. "The political situation in Burundi has been tenuous for some time and we want to make it clear that this country will be isolated if any group tries to take power by force", she said. President Clinton has also written to Burundi's President Sylvestre Ntibantunganya, underscoring what the White House says is US concern over the deteriorating political and security situation. The letter calls on all Burundians to reject extremism and to resolve their differences through peaceful means. The United States is watching events in Burundi very closely and will continue to work with the international community to defuse tensions in Burundi. The letter urges Burundi's President to isolate extremists and seek a lasting peace. Mr Clinton promised continued support for political reconciliation and help for Burundi's political, judicial, social and economic institutions. (ANB-BIA, Brussels, 23 January 1996

 

 

* Burundi. Legere accalmie 
Le calme semble revenir dans la capitale burundaise apres une semaine de "ville morte" plus ou moins reussie. L'electricite est revenue dans la plupart des quartiers de Bujumbura et la Croix Rouge Internationale a repris ses activites dans le pays, apres les assurances recues du gouvernement. La greve cependant semble continuer dans certains secteurs, comme celui scolaire, et dans certains quartiers les plus extremistes. Dans la nuit du 22 au 23 janvier, on a arrete, malgre l'immunite parlementaire, M. Cassien Bucumi, depute du Frodebu, qui avait denonce des militaires pour l'assassinat de deux personnes. Sur la frontiere avec la Tanzanie, nouvel exode, le 21 janvier, de refugies rwandais qui ont fui leur camp de Ntamba.
Cet exode, comme celui du camp de Mugano, parait avoir ete provoque par des troupes gouvernementales burundaises. La Tanzanie -- qui a deja 750.000 refugies --, apres avoir accepte, la semaine derniere, 15.000 refugies du camp de Mugano, a autorise, ce 24 janvier, 12.000 refugies du camp de Ntamba a penetrer sur son territoire. (ANB-BIA, de sources diverses, 25 janvier 1996)

 

FEVRIER 1996

 

 

* Burundi. Nyerere: l'ultime chance
 A marches forcees, l'ex-president tanzanien Julius Nyerere rencontre tous les acteurs de la crise burundaise: le president Ntibantunganya, l'ancien president Buyoya, le ministre de la Defense, les ministres et parlementaires du Frodebu..., ainsi que d'autres acteurs, aux antipodes de l'echiquier politique; l'ex- president Bagaza et des representants des Forces pour la defense de la democratie, les "rebelles" hutus bases au Zaire. Cette mediation intervient au moment ou le pays connait une relative accalmie. Mgr Simon Ntamwana s'autorise un certain optimisme: "Le gouvernement a fait l'effort d'aller vers la population... Il est encore possible de domestiquer le mal qui nous ronge". Le deploiement de forces des Nations unies au Burundi suscite toujours des avis contrastes: alors que Ntibantunganya y est officiellement oppose ainsi que le gouvernement (et donc les ministres Frodebu), les cadres du parti, eux, ne cachent pas qu'ils souhaitent que le baton entre en action. Pour Mgr Ntamwana, "la force internationale accentuerait les ressentiments et les divisions". Un seul point fait l'unanimite entre tous les interlocuteurs du president Nyerere: sa mediation represente l'ultime chance d'une solution pacifique. (D'apres C.B., Le Soir, Belgique, 6 fevrier 1996)

 

 

* Rwanda. Varia Refugies
4.654 refugies hutus rwandais, installes dans le camp de Ntamba, au Burundi, ont ete rapatries dans leur pays par le HCR depuis jeudi. Environ 6.000 autres refugies de Ntamba ont gagne dans le meme temps la Tanzanie, ou ils ont ete installes dans un site de transit. -- Attaques. Sept soldats ont ete tues dans une attaque lancee le 3 fevrier par des "inconnus", pres de Gisenyi, dans le nord-ouest du pays, tandis que des saboteurs faisaient sauter un pylone electrique, pres de Kigali, a rapporte, dimanche, la radio nationale. Les heurts sont frequents entre l'armee, a dominante tutsie, et des miliciens hutus, accuses par Kigali de mener leurs attaques depuis les regions de l'est du Zaire, ou vivent un million de refugies hutus depuis le genocide de 1994. -- Repartition federale? Un officier ayant appartenu a l'armee d'Habyarimana puis integre a l'Armee patriotique rwandaise, le colonel Leonidas Rusatira, aujourd'hui opposant, a appele les Nations unies a "envisager l'eventualite d'une repartition federale du Rwanda entre les deux ethnies", et non, souligne-t-il, d'une partition. Il accuse le Front patriotique rwandais, au pouvoir, d'avoir deja procede a une "ethnielandisation de fait" du pays et de s'etre ainsi montre "indirectement favorable a une telle solution". -- Armes des FAR. Le Zaire va remettre au Rwanda le materiel militaire emporte par les ex-Forces armees rwandaises (FAR) dans leur fuite en 1994, et la date du 12 fevrier a ete avancee pour cette operation. (D'apres AFP, France, 4-7 fevrier 1996)

 

 

* Burundi. Varia
Bataille rangee a Kiganda (Muramvya), entre bandes armees hutu et l'armee, dans la nuit du 10 au 11 fevrier. On parle de 500 Hutus qui, pour la premiere fois, auraient prealablement demande a la population de se deplacer avant la bataille qui a dure toute la nuit. -- Pour la premiere fois des jeunes Rwandais ont ete arretes a Bujumbura sous l'accusation d'etre des elements destabilisateurs. Il s'agit normalement de deserteurs de l'APR, la nouvelle armee rwandaise. Entre 100 et 200 jeunes auraient ete rapatries au Rwanda ou ils risquent la peine de mort pour desertion. -- M. Aldo Aiello, qui a deja oeuvre pour la pacification au Mozambique, est le nouveau representant extraordinaire de l'Union Europeenne (UE)au Burundi, ou il collaborera avec son homologue de l'ONU. On attend aussi 5 observateurs du respect des droits de l'homme, envoyes par l'ONU et payes par l'UE. -- Le president de la Republique etait, mardi 13, a Butezi, dans le cadre de la campagne de pacification. Il s'agit de "reprendre le controle du pays et faire voir ou est l'interet des gens; mais aussi de diminuer les tensions", a dit le Premier ministre burundais, M. Antoine Nduwayo (Uprona, opposition). Ce dernier, en visite a Bruxelles, a demande a la Belgique un renforcement de sa cooperation, reduite, a cause de l'insecurite, de 230 a 4 cooperants. (ANB-BIA, de sources diverses, 15 fevrier 1996)

 

* Rwanda. Refugee repatriation
7 February:
President Pasteur Bizimungu says that the visit the previous week to Ntamba Refugee Camp in Burundi by the Rwandan Minister of Rehabilitation was just the beginning of Rwanda's efforts to encourage refugees to return home. At the same time, Prime Minister Pierre Celestin Rwigema has been in Tanzania for the past three days, answering refugee's questions and encouraging them to come home. (ANB-BIA, Brussels, 8 February 1996)

 

 

* Burundi. Les accrocs continuent
On commence a admettre officiellement qu'il y a eu des accrocs, dans le nord, surtout dans les communes de Tangara (Ngozi) et de Bugendana (Gitega).
L'armee parle de 15 morts; mais des observateurs locaux avancent le chiffre de 200. Au niveau officiel on parle aussi de la bataille de Kiganda (Muramvya), la semaine derniere, qui aurait fait 30 morts, selon l'armee, et une centaine selon les observateurs locaux. Dimanche 18 fevrier, au matin, on a entendu des coups d'artillerie du cote de Gasenyi, sur les collines entourant Kamenge. L'armee parle de 6 morts. Une soixantaine de jeunes auraient ete arretes et embarques pour le camp militaire de Ngagara. (ANB-BIA, de sources diverses, 20 fevrier 1996

 

 

* Burundi. Une force multinationale.
Le secretaire general des Nations unies, l'Egyptien Boutros-Ghali, est revenu sur l'idee d'
une force d'intervention armee pour le Burundi, en proie a la guerre civile. Il a propose, vendredi 17 fevrier, une force de 25.000 hommes en alerte dans leurs pays respectifs et prets a intervenir pour "empecher les massacres, assurer la securite des refugies, des personnes deplacees et des civils, proteger les infrastructures economiques du pays". Mais le Premier ministre burundais, Antoine Nduwayo, en visite au Danemark, a reaffirme, mercredi 21 fevrier, son opposition a cette proposition. En assurant que "la population et l'armee du Burundi s'opposeront a toute intervention militaire de l'ONU", il a precise que "une intervention exterieure serait percue comme une occupation etrangere". (ANB-BIA, de sources diverses, 22 fevrier 1996)

 

 

* Grands Lacs. Un deuxieme sommet
Un deuxieme sommet reunissant les presidents burundais, rwandais, tanzanien, ougandais et zairois sera organise, du 3 au 5 mars, a Tunis, a l'initiative de l'ancien president americain Jimmy Carter. Un premier sommet avait eu lieu, les 27 et 28 novembre 1995, au Caire. Selon la fondation Carter, les chefs d'Etat etudieront les mesures supplementaires a prendre pour "resoudre les crises humanitaires" de la region. Par ailleurs, la juriste canadienne Louise Arbour remplacera le Sud- Africain Richard Goldstone a la tete du Tribunal penal international pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, a annonce, jeudi 22 fevrier, le secretaire general de l'ONU. Juge a la cour d'appel de l'Ontario, Louise Arbour, agee de 49 ans, prendra ses fonctions, le 1er octobre, lorsque M. Goldstone quittera La Haye pour prendre les siennes a la Cour constitutionnelle sud-africaine. (D'apres Le Monde, France, 26 fevrier 1996)

 

 

* Burundi. Pas de force multinationale
 Le Conseil de securite des Nations unies n'a pas reussi a degager de position commune sur la proposition du secretaire general de l'ONU de creer une force multinationale d'intervention pour le Burundi.
Parmi les cinq membres permanents, la France et la Chine etaient considerees comme les plus reservees face a l'initiative de Boutros Boutros-Ghali. Selon la proposition du secretaire general, les composantes de cette force auraient ete stationnees, et maintenues en etat d'alerte, dans leurs pays respectifs, pretes a intervenir uniquement "en cas de catastrophe".Dans un rapport presente jeudi 22 fevrier au Conseil de securite, il avait toutefois estime que la situation au Burundi s'etait deja stabilisee sous l'effet de la menace d'une eventuelle intervention militaire. Par ailleurs, des cours criminelles speciales ont commence a fonctionner au Burundi et vont juger les auteurs presumes des massacres politico-ethniques survenus dans ce pays depuis 1993, a indique Radio-Burundi. Le premier prevenu est un ancien directeur de l'ecole secondaire de Kibimba (centre), ou plusieurs dizaines d'eleves tutsis ont ete brules vifs, apres l'annonce de l'assassinat par des militaires tutsis putschistes du premier president hutu du Burundi, Melchior Ndadaye, tue le 21 octobre 1993. (D'apres AFP, France, 27-28 fevrier 1996)

 

 

* Rwanda. Amnesty et le retour des refugies
 Dans un long document publie mardi 20 fevrier, Amnesty International tente de faire le tour de la question cruciale des refugies dans la region des Grands Lacs. Etudiant a la fois les situations burundaise et rwandaise, et le rapport des forces a l'interieur des camps, particulierement au Zaire, l'organisation de defense des droits de l'homme denonce a la fois les executions sommaires et les arrestations arbitraires commises par les armees burundaise et rwandaise, les coups de main des guerillas hutues dans ces deux pays, qui font de nombreuses victimes chez les civils, et la terreur que font regner les extremistes hutus dans les camps au Zaire. En ce qui concerne la situation interieure du Rwanda, la mission d'Amnesty International y discerne a la fois "l'espoir, la bonne volonte, le soupcon et la peur". [N.B. de BIA - Selon une source du HCR et une autre d'une organisation rwandaise pour les droits de l'homme, "dans l'ensemble", les refugies rentres au Rwanda ont ete reinstalles dans des conditions correctes. Selon le Haut commissaire aux droits de l'homme de l'Onu, a Kigali, sur 61.640 refugies rentres entre le 19 aout 95 et le 30 novembre 95, 621 d'entre eux ont ete arretes, dont 314 sur accusation de genocide. Ces chiffres ne concernent que les personnes rentrees en groupe. -d'apres M.-F. C., La Libre B., 23 fevr 96]. (Le Monde, France, 21 fevrier 1996)

 

 

 

MARS 1996

 

* Burundi. Pretres encore cibles d'assassinats
Les pretres continuent a etre les premieres cibles d'attentats.
L'abbe Sylvestre Hakizimana de la paroisse Rwisabi, a ete assassine le 1er mars sur la RN 16, entre Mutaho et Burasira. Il semble que cet assassinat soit l'oeuvre des militaires et des deplaces (tutsis groupes dans des camps depuis 1993) qui controlent seuls cette localite. Le 25 fevrier, l'abbe Hermenegilde Rumezamagambo avait ete blesse suite a un attentat sur la RN 14 entre Karuzi et Gitega. 14 pretres sont deja morts suite aux attentats et assassinats depuis le putsch du 21 octobre 1993. D'autres attentats ont ete perpetres notamment contre les eveques Jean-Berchmans Nterere de Muyinga, Simon Ntamwana de Bujumbura et Joachim Ruhuna, de Gitega. Ce dernier, etant tutsi, serait en danger pour avoir cache plusieurs hutus a l'archeveche apres le putsch de 1993; il aurait meme aide certains a s'evader. Suite aux menaces de mort et a l'insecurite generalisee, plus de 30 pretres, burundais et missionnaires, ont du quitter le pays pour leur securite. D'ailleurs, une nouvelle vague de violence survenue au cours des deux dernieres semaines dans le nord et le centre du Burundi aurait fait 117 morts, a-t-on indique mercredi de source proche des Nations unies. Ce serait le dramatique bilan d'affrontements entre l'armee et des rebelles, survenus du 23 fevrier au 5 mars. (Burundi-Buro, Allemagne, 5 mars 1996)

 

 

* Burundi. Naissance de la radio "Espoir".
Une nouvelle radio, Umwizero (Espoir, en kirundi, la langue du Burundi), initiee par l'Association pour l'action humanitaire, presidee par M. Bernard Kouchner, depute europeen et ancien ministre francais a l'Action humanitaire, emet depuis le 19 fevrier dans le pays, a rapporte l'AFP. Surnommee "Radio Kouchner" par beaucoup de Burundais, elle a ete financee par l'Union europeenne et est dirigee par M. Hubert Vieille, journaliste francais. Installee au centre du Bujumbura, la radio emet quatre heures par jour en modulation de frequence, du lundi au samedi, en kirundi, swahili et francais. L'equipe, d'une quinzaine de personnes, compte trois expatries francais, un Zairois, et des Burundais. Ses programmes quotidiens comportent trois journaux, des magazines (dont deux realises localement) et de la musique. Son objectif principal est d'etre "un media de la paix et un media positif" par opposition avec ces "medias de la haine" de triste memoire au Rwanda. (Marches Tropicaux, France, 15 mars 1996)

 

 

* Grands Lacs. Le sommet des pays des Grands Lacs
Le probleme des refugies rwandais a domine les discussions du sommet des 5 pays de la region des Grands Lacs -- Zaire, Ouganda, Tanzanie, Rwanda et Burundi --convoque, samedi 16 mars, a Tunis, a l'initiative de l'ancien president americain, Jimmy Carter. La reunion s'est achevee lundi sans aucune decision importante. La seule initiative des chefs d'Etat des 5 pays aura ete l'enregistrement d'une cassette video destinee a etre diffusee dans les camps de refugies pour les inciter a rentrer chez eux. L'un apres l'autre, les 5 chefs d'Etat se relayent tout au long du film pour donner des "assurances", voire des "garanties personnelles" pour un "rapatriement dans la dignite et la securite". Comme lors du sommet precedent, il y a cinq mois, les chefs d'Etat ont aussi reitere "sur l'honneur" leur engagement a mettre fin au trafic d'armes, a poursuivre les "genocidaires" et a arreter les "intimidateurs" dans les camps de refugies. (ANB-BIA, de sources diverses, 19 mars 1996)

 

 

* Burundi. Ethnic hatred publications banned 
The Burundian authorities have banned seven publications which they accuse of inciting ethnic hatred among both Tutsis and Hutus. These are: La Nation, Le Carrefour des Idees, L'Etoile, L'Aube de la Democratie, Le Temoin-Nyabusorongo, Le Miroir and L'Eclaireur.. The international press freedom organisation, Reporters Sans Frontieres, in a report issued earlier this year called for the banning of six of the seven publications on the grounds they were being used as tools of both Hutu and Tutsi extremism. International aid agencies, fearing an outbreak of violence similar to the 1994 genocide in neighbouring Rwanda, have urged the banning of radio stations and publications stirring up ethnic hatred. (AFJN, Washington, 24 March 1996)

 

 

 * Burundi. Nouvelles conditions des rebelles hutus
 Le Conseil national pour la defense de la democratie (CNDD), organisation rebelle hutu burundaise, a pose lundi 25 mars de nouvelles conditions a un cessez-le-feu, en reclamant notamment la "liberation immediate de 5.000 prisonniers politiques". Le CNDD, cree par l'ancien ministre Leonard Nyangoma, est oppose a la convention de septembre 94 qui a defini le partage du pouvoir entre majorite (principalement hutu) et opposition (tutsi). Ces dernieres semaines, le CNDD a deja pose comme condition prealable a un cessez-le-feu que "l'armee rentre dans les casernes". (La Libre Belgique, 26 mars 1996)

 

 

* Burundi. Cri d'alarme du rapporteur de l'ONU
 Avec une rare virulence, le Bresilien Paulo Sergio Pinheiro, rapporteur special de l'ONU au Burundi, a exhorte hier la communaute internationale a agir devant "un genocide au compte- gouttes" qui a fait "quinze mille morts en 1995". S'exprimant devant la Commission des droits de l'homme, il a mis en demeure les Etats d'intervenir afin qu'ils cessent "d'entretenir ou de laisser se developper la radicalisation des extremes, avant qu'il ne soit trop tard". Les avertissements du rapporteur special de l'ONU n'ont guere sensibilise les diplomates et, devant l'attentisme de la communaute internationale, M. Pinheiro doute ouvertement "des chances de survie du pays tant que perdureront la violence generalisee, l'impunite persistante, ainsi que la pauperisation croissante des Burundais". Par ailleurs, le Haut commissaire des Nations unies a Geneve a annonce que les cinq premiers observateurs internationaux des droits de l'homme, dont le deploiement vise notamment a prevenir les violences inter- ethniques, arriveront "dans quelques jours" au Burundi. (D'apres P.H., Liberation, France, 28 mars 1996)

 

 

AVRIL 1996

 

 

* Burundi. Mission conjointe euro-americaine 
Une mission conjointe de l'Union europeenne et des Etats-Unis est arrivee lundi au Burundi, premiere etape d'une tournee destinee a soutenir les efforts de paix dans la region des Grands Lacs. Elle est dirigee par le commissaire europeen aux affaires humanitaires, Emma Bonino, et l'administrateur de l'Agence americaine pour le developpement international (USAID), Brian Atwood, qui se rendront ensuite au Rwanda, en Tanzanie et en Somalie. "Nos amis burundais doivent comprendre qu'il s'agit peut-etre ici d'une reunion de la derniere chance et que, s'ils ne veulent pas s'engager sur la voie de la paix, la communaute internationale risque de les abandonner completement. Nous ne pouvons les aider malgre eux..." Malgre ce ferme avertissement, la mission conjointe semble avoir echoue. D'apres le communique de presse n° 66 de Burundi-Buro (Allemagne), les deux delegues ont precise que la Communaute internationale ne peut en aucun cas continuer a aider le Burundi tant qu'il y aura la guerre. Vendredi 29 mars, a Nairobi, un porte-parole du CNDD a declare que les rebelles hutus burundais "harceleront l'armee jusqu'a ce qu'elle vienne a la table des negociations et rende le pouvoir au peuple". A quoi, a Bujumbura, un representant de l'armee burundaise a replique: "Nous ne negocierons jamais avec des genocidaires, qui sont en train de tuer des gens". (ANB-BIA, de sources diverses, 2-5 avril 1996)

 

 

* Burundi. Humanitarian situation
14 April: The Commander of the 3rd Commando Batallion of the National Army is killed in Gitega. 16 April: The FRODEBU parliamentary group issues a statement in which it condemns massacres by both the rebels and the national armed forces. It insists on the need for negotiations between all parties in the conflict, thus challenging UPRONA's refusal to deal with the armed rebels, and calling into question its continued support for the Convention on Government. 16-20 April: The special envoy of the European Union for the Great Lakes region, Mr Aiello, visits Burundi. He calls for a negotiated solution to the crisis. 18 April: All UN and humanitarian agencies working in Gitega Province leave. 21 April: Burundi's radio says that armed gunmen have killed 20 villagers, many of them women and children, and set several homes on fire in southern Burundi. The attack in Rutovu commune in Bururi province occurred on the night of 19 April, says the broadcast which was monitored in Kenya. The radio report does not identify the raiders. But extremist Hutus have stepped up attacks in souther Burundi in recent months. (ANB-BIA, Brussels, 23 April 1996) 

 

 

* Burundi. Au fil des jours 19 avril 
-- Le Zaire reduit le personnel diplomatique au consulat burundais de Bukavu. En reponse, le Burundi ferme le consulat zairois de Rumonge. 20 avril -- Le colonel Nzayimana Dieudonne est tue d'un coup de pistolet au coeur sur le terrain de basket du ministere de la Jeunesse. Nomme par feu le president Ndadaye au service informations de la gendarmerie, il avait participe a plusieurs enquetes "brulantes". Originaire de Gitega, il etait considere comme "modere". Pendant la nuit on a tue M. Gahungu Gerard, Hutu, depute du Frodebu. On recoit les premiers chiffres des victimes a Gitega: on parle de 1.000 morts en une semaine. La Croix-Rouge a ferme son siege de Gitega. Dans le sud, dans la province de Bururi, on parle d'au moins 70 civils massacres, surtout des vieillards, des femmes et des enfants. Il s'agirait d'extremistes hutu recrutes, selon les habitants, parmi les Rwandais hutu refugies au Zaire. Dans une lettre au president de la Republique, l'Uprona demande, entre autres, de fermer les ecoles pendant trois mois pour permettre aux eleves de s'entrainer "aux techniques de la defense", de mettre partout des gouverneurs militaires et de rappeler tous les reservistes. 22 avril -- On donne maintenant pour certain que Nyangoma s'est fait musulman; il s'appellerait El Rasid et serait lie aux musulmans libanais qui sont au Zaire pour les comptoirs de l'or. Un groupe de seminaristes de Bubanza a ete kidnappe, mais nous n'avons pas plus de details. 24 avril -- Les delegues des divers partis se trouvent a Mwanza, Tanzanie, pour le sommet organise par Nyerere. (ANB-BIA, de sources diverses, 22 avril 1996)

 

 

 

 

 

MAI 1996 

 

 

* Burundi. Peace Talks inconclusive 
Peace talks chaired by former Tanzania President, Julius Nyerere, on the crisis in Burundi ended inconclusively in Mwanza, Tanzania. Delegates from the political parties agreed to reconvene in Mwanza next month, but so far there has been no progress. Despite mounting international pressure and the urging of Nyerere, UPRONA has continued to rule out negotiations with the CNDD/FDD. The group has been blamed for the militia attacks which have paralysed the Burundi countryside in recent months. (IRIN Weekly Roundup, 26 April 1996)

 

 

 * Burundi. Au fil des jours 24 avril
*On parle de tueries a l'interieur du pays, en particulier a Rutovu, a Gitega et sur la route Bujumbura-Kayanza. Les bandes armees tutsi s'appellent desormais: NRA-Armee nationale de resistance. 
* Les eveques, qui auraient du se rencontrer pendant trois jours, n'ont pas pu se reunir a cause de l'insecurite dans le pays. Les superieurs majeurs des congregations au Burundi ont aussi du renvoyer leur reunion prevue pour cette semaine. 
25 - *Un inspecteur des douanes, Leonard Hakizimana, a ete tue ce matin par balle. Claudine Kibusha, depute Frodebu, grievement blessee, est evacuee en Belgique pendant que les extremistes cherchaient a l'achever dans un hopital a Bujumbura. C'est le deuxieme attentat auquel elle echappe en deux ans. Dans un discours a la radio, le president Ntibantunganya annonce un renforcement des forces de securite afin de ramener la paix dans le pays, mais il se dit hostile a l'enrolement des jeunes dans des milices d'auto-defense. 
26 -*Manifestation, organisee par le maire, l'Uprona et l'opposition, contre Marc Faguy (ONU) et les bandes armees hutu. Qui n'y participe pas est considere faisant partie des bandes armees. 
*Les services de securite parlent de possibles attentats contre les personnes oeuvrant pour le dialogue, dont les eveques de Bujumbura et de Bururi, des pretres europeens, des autorites, etc. 
27 - *Manifestation de soutien du Parena aux forces armees. 
30 - *Les delegues Frodebu et Uprona sont rentres de Tanzanie apres
la rencontre organisee par M. Nyerere. Une deuxieme rencontre est prevue pour le 22 mai. 
*Reouverture des frontieres avec le Zaire. 1 mai - *On se bat a Cibitoke, dans le nord-ouest, et a Bubanza. D'apres le PAM, presque 2.000 personnes se sont enfuies au Zaire. Plusieurs routes sont coupees a cause des combats. 
*Dans la capitale circule une liste de 132 personnes a eliminer, dont les pretres hutu de Bururi. On distribue des armes un peu partout. A l'universite, qui ne voulait pas d'arme est invite a s'en aller: plusieurs etudiants, tutsi et hutu, sont partis. 2 -D'apres le Herald Tribune, Mme K. Albright, chef de la delegation americaine a l'ONU, a accuse la France, mercredi 1er mai, d'empecher la creation d'une force militaire onusienne pour prevenir un bain de sang au Burundi. *Publication d'un rapport du Frodebu (32 p.) sur les massacres de la population du 1.1.96 au 10.4.96. (ANB-BIA, de sources diverses, 3 mai 1996)

 

 

* Burundi. Civil war ever closer 
Burundi's Tutsi-dominated army killed more than 200 Hutus, mostly women and children, in a military operation in the centre of the country late last month, aid agency sources in the area said on 5 May. The sources, who did not want to be identified, said troops killed 235 people in Buhoro, a mountain village, after Hutu rebels had killed some civilians there. Most were killed with bayonets. In Kenya's capital Nairobi, the National Council for the Defence of Democracy -- the political wing of Burundi's main rebel movement -- condemned the killings. On 6 May, a report from Burundi indicates that a terrible massacre took place on 3 May in the market of Kivyuka, Musingati Commune. (ANB-BIA, Brussels, 6 May 1996)

 

 * Burundi. Au fil des jours 2 mai -
-
Des organismes humanitaires oeuvrant dans la region denoncent un massacre, par l'armee, de 235 Hutus dans la region de Buhoro (Gitega) ou une operation avait debute le 26 avril, au lendemain d'une attaque par des rebelles hutus contre des civils. Parmi les victimes, 136 femmes, 87 enfants et 12 hommes. 3 -- *Le Zaire referme ses frontieres avec le Burundi "pour eviter un nouvel afflux de refugies". Quelque 2.000 Burundais auraient fui au Zaire depuis le debut de mai. *Nouveau massacre a Kivyuka (Bubanza). L'armee aurait tire sur la foule au marche. On parle de "plusieurs centaines" de morts. Nous n'avons pas plus de details en ce moment. 6 -- Les escadrons de la mort des "sans-echec" tuent en pleine ville Mme Angelique Kayibigi, directeur adjoint de la banque d'Etat Camofi. 8 -- Le pape adresse un appel aux responsables du Burundi et des pays concernes par le conflit "a ne pas abandonner la voie du dialogue et de la negociation pour surmonter les tensions". (ANB-BIA, de sources diverses, 9 mai 1996)

 

 

* Uganda. Election details
9 May: Large numbers of Ugandans queued at polling stations in Kampala and voting began after delays as Uganda's first presidential election in 16 years got off to a slow start. International monitors at one polling station in an eastern suburb of the Ugandan capital said overall they were impressed by organisation for the poll. Police patrolled the main roads and some Local Defence Unit militiamen armed with AK-47 rifles were visible in some areas. "They started about 10 or so minutes late but the important thing is that everyone gets a chance to vote," said a Swedish election monitor at a polling station at Kasubi primary school. Late on the night of 8 May, election officials said that ballot papers had been sent to all the 15,992 polling stations in 39 districts in Uganda and they expected a high turnout for the first presidential poll since 1980. 10 May: Yoweri Museveni looks set for victory. Paul Ssemogerere, the opposition leader, says he wants a recount of ballots cast in Kampala and claims there has been widespread rigging. 11 May: President Museveni hails his victory as proof that his home-grown style of democracy is a success and vows to end the rebellion in the north. He receives 74.2% of votes cast. Paul Ssemogerere receives 23.7%. 12 May: Yoweri Museveni is worn in as President. The inauguration is attended by the leaders of Burundi, Kenya, Rwanda and Tanzania. (ANB-BIA, Brussels, 13 May 1996)

 

 

* Burundi. Humanitarian situation 
In an UN Humanitarian Situration report, covering the period 6-11 May, it is reported that rebel attacks and violent clashes between armed insurgents and national forces are now generally concentrated in the central and northwestern provinces permitting a period of relative calm in the south. While tension remains high in the central province of Gitega, the World Food Programme has been able to implement evaluation missions in various areas of the province, and has succeeded in transporting some 110mt of food stocks to the area. Of particular note is the significant number of grenade attacks launched at school sites in Bujumbura, Bururi and Gitega. Five attacks were reportedly carried out between 5 and 7 May. Insecurity in the country has made itself most evident by the thousands of Burundian refugees pouring out of the country at both its east and west border areas. (The UN Humanit. Coordinator, Burundi, 14 May 1996) 

 

 

* Burundi. US officials in Burundi
8 May: US special envoy Richard Bogosian starts talks with
Burundian government officials and leaders of the Tutsi-dominated army after reports of massacres of Hutus by the security forces. Bogosian, US coordinator for Rwanda and Burundi, said he will raise the issue of human rights in his meetings, which Western diplomats say underline Washington's concern about the explosive situation in Burundi. 12 May: John Shattuck, US Assistant Secretary of State for Human Rights, Democracy and Labour is in Burundi to assess events. He says: "Our essential message is to stop violence and allow people in constitutional offices to carry out constitutional duties". (ANB-BIA, Brussels, 14 May 1996)

 

 

 

 

 

 * Burundi. Encore un gouverneur tue
 
Le gouverneur de la province de Cibitoke, M. Mvutse Sylvestre, a ete assassine le 13 mai, dans une embuscade a Cibitoke meme. Il venait de quitter Bujumbura pour Cibitoke, ou il devait assister a une reunion avec les ministres zairois des Affaires etrangeres et de la Defense. Le gouverneur, membre du FRODEBU aurait du temoigner des exactions massives de l'armee a l'endroit des populations et surtout des assassinats de responsables hutu de sa province. Depuis le debut de la crise, le 21 octobre 1993, jusqu'a present, 18 parlementaires sur 65 du FRODEBU, 77 hauts cadres et 9 gouverneurs de province ont ete assassines. Le 9 mai, on a nomme un gouverneur militaire a la province de Karuzi, portant ainsi a 5 sur 15 le nombre de gouverneurs militaires. -- Le conseiller pour la securite nationale de Bill Clinton, Anthony Lake, en visite a Bujumbura, a repete l'opposition des Etats-Unis a une intervention etrangere. --Les dernieres informations sur le massacre du marche de Kivyuka "estiment" les victimes a 375 civils. (ANB-BIA, de sources diverses, 15 mai 1996)

 

 

* Burundi. L'armee au defi
Jeudi 16 mai, le president Sylvestre Ntibantunganya a donne une semaine aux forces de securite pour "s'organiser" et entreprendre une lutte plus efficace contre la violence. Massacres et assassinats de personnalites politiques - essentiellement hutu - ont ensanglante le pays ces dernieres semaines, alors que la guerilla ultra hutu, issue du meme parti que le chef de l'Etat, le FRODEBU, marquait des points. "Soit vous etes incompetents, soit vous etes complices", s'est indigne le president. Quant aux services d'enquete, ils sont eux aussi "incompetents" et manquent de "determination", a deplore le chef de l'Etat, en estimant ananormal qu'aucun coupable d'assassinats a caractere politique ou ethnique n'ait ete juge au Burundi. Quant aux conseillers de M. Boutros Boutros-Ghali, ils craignent que la publication en juin du rapport de la commission d'enquete sur l'assassinat, en octobre 1993, de Melchior Ndadaye, premier president hutu, ne declenche un coup d'Etat qui "non seulement ne peut pas etre exclu, mais est de plus en plus probable", estime Chinmaya Gharakhan, membre du cabinet du secretaire general. (ANB-BIA, de sources diverses, 17-18 mai 1996)

 

 

* Rwanda. Death of detainees
During the night of 11-12 May 1996, seventeen detainees died in a local detention centre at Kivumu Commune, Kibuye Prefecture. Another five detainees died on 11 and 12 May in a second local detention centre in the same commune. The UN High Commissioner for Human Rights -- Human Rights Field Operation in Rwanda (HRFOR), has interviewed local officials and detainees. Accounts agree that around 7 p.m. on 11 May, detainees began shouting and complaining about the lack of air and the heat in the cell, which was approximately 20 square metres and contained 94 detainees. Fighting subsequently broke out among the detainees. The panic inside the cell continued until about 4 a.m. The cell was reportedly opened between 6 a.m. and 7 a.m. Seventeen detainees were found to have died. The Prefect of Kibuye Prefecture has told HRFOR that the authorities are conscious of the problem of over-population of detention centres in the commune, and that work has already started to rehabilitate one more cell. (INRIWIRE, 16 May 1996) * Rwanda. Twagiramungu denonce Le parti de l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu, les Forces de resistance pour la democratie (FRD), a denonce le 13 mai la "justice du vainqueur" qui, selon lui, est "deja en place a Kigali et dont la seule finalite est la vengeance". Dans un communique signe de l'ancien ministre de l'Interieur, Seth Sendashonga, le FRD affirme notamment que l'ethnie tutsi et le principal parti qui la represente, le Front patriotique rwandais (FPR) dominent tous les rouages du systeme judiciaire. Selon le FRD, puisque le Tribunal international pour le Rwanda (TPR) ne peut pas prendre en charge tous les dossiers, "l'unique alternative viable est l'acceptation du principe d'insertion de magistrats etrangers pour garantir une justice impartiale, comme cela avait ete convenu en octobre 1994". (Marches Tropicaux, France, 17 mai 1996) * Rwanda. Attaques d'extremistes hutu Les extrémistes hutu multiplient les attaques dans le sud-ouest du Rwanda, région frontalière du Zaïre et du Burundi, ou pres de 50 personnes ont été tuées depuis ce 21 mai, ont indique des sources humanitaires. Des assaillants venus du Burundi ont attaque a coups de mortiers, dans la nuit de dimanche a lundi, le cachot communal de Bugarama, dans la prefecture de Cyangugu. Sur les 49 détenus, 46 ont été tues et 2 blesses. Simultanément, d'autres assaillants ont attaque le cachot communal de Nyakabuye, avant d'etre repousses par les soldats de l'Armee patriotique rwandaise (APR). La prefecture de Cyangugu est voisine du Zaire ou sont refugies plus d'un million de Hutus rwandais ayant fui leur pays a la victoire du FPR. Parmi ces refugies se trouvent de nombreux extrémistes hutu, ainsi que des soldats de l'armee de l'ex-président Habyarimana, vaincue par le FPR. (D'après AFP, France, 21 mai 1996)

 

 

* Burundi. Chronique d'une dégradation 
La situation au Burundi devient de plus en plus inquiétante. Mardi 28 mai,
la France a annonce la suspension de sa cooperation militaire (23 cooperants militaires) avec le Burundi en invoquant des "problemes de securite" et l'impasse politique du pays. En même temps, Bruxelles a demande a l'Ecole belge de Bujumbura de fermer rapidement ses portes en raison de l'insécurité. Washington a nomme un coordinateur spécial pour le Rwanda et le Burundi, Richard Begovian, et le président Clinton a dépêche a Bujumbura son conseiller pour la sécurité nationale, Anthony Lake. L'ONU a pris l'initiative d'un "plan d'urgence humanitaire", en cas d'explosion de violence au Burundi. Jimmy Carter, à Bujumbura, a insiste sur la nécessite d'entretiens avec le leader hutu Leonard Nyangoma. Mais le Premier ministre et l'armée refusent toute négociation avec le "rebelle". Dans le pays, les bruits d'un coup d'Etat augmentent l'angoisse de la population. L'Assemblée ne peut pas travailler ne pouvant pas atteindre le nombre légal: la fermeture des frontières avec le Zaïre empêche 23 députés, bloques a Uvira (Zaïre), de participer aux séances. Des sources officielles parlent de 73.400 tues ce dernier mois dans les camps de réfugiés de Gitega. Les mêmes sources parlent de 25 morts, vendredi 24 mai, lors d'affrontements entre armée et "bandes armées", a Higiro (Gitega), et d'au moins une cinquantaine de tues lors d'une attaque d'un camp de déplacés tutsi par des "bandes armées" a Ruhigi (Butezi). 15.000 Hutu seraient en fuite vers la Tanzanie, craignant des représailles. (ANB-BIA, de sources diverses, 30 mai 1996)

 

 

JUIN 1996

 

* Burundi. Pourparlers et assassinats 
A Mwanza, Tanzanie, des pourparlers de paix ont ete entames depuis le 4 juin entre les principaux partis burundais, le Frodebu (majorité hutu) et l'Uprona (domine par la minorité tutsi), sous l'égide de l'ONU et avec la médiation de J. Nyerere. Participent a la rencontre les représentants des gouvernements du Burundi, du Rwanda, du Zaïre, de l'Ouganda et de Tanzanie. Les présidents de l'Ouganda et de la Tanzanie seraient en route pour Mwanza, ce 7 juin, car les pourparlers seraient bloques. -- Trois délègues suisses du Comite international de la Croix-Rouge (CICR) ont ete tues le 4 mai lors d'une embuscade pres de Mugina, dans la préfecture de Cibitoke (nord-ouest), une des régions les plus troublées et ou les besoins humanitaires de la population sont énormes. Le CICR y assiste quelque 60.000 personnes privées d'eau depuis plus de dix jours, en raison des affrontements entre l'armée, dominée par la minorité tutsi, et les rebelles hutu. Les trois délègues rentraient a Bujumbura a bord de deux véhicules du CICR lorsqu'ils ont été la cible de tirs. -- On vient d'apprendre que hier, 6 juin, ont ete tues dans une embuscade un prêtre, Mpengenkeze Yvon, cure de Gisuru, et une soeur des Militantes de la Vierge Marie, Sr. Leocadie, qui venait de rentrer de Rome. De son cote, la Conférence internationale de la francophonie a promis l'envoi, d'ici au mois d'août, de 23 avocats pour aider dans les procès de 1.200 personnes impliquées dans les événements d'octobre 1993 et après. (ANB-BIA, de sources diverses, 4-7 juin 1996)

 

 

* Rwanda. Temoins du genocide intimides
Selon le procureur adjoint du Tribunal pénal international sur le Rwanda (TRP, siégeant a Arusha (Tanzanie), le Malgache Honore Rakotomanana, les témoins du génocide de 1994 "se sentent menaces, craignent des représailles" ou "pensent que leur famille sera menacée si on les voit être interroges par les enquêteurs". Beaucoup d'extrémistes hutu qui ont commis les massacres de 1994 sont accusés par les autorités de Kigali de mener, depuis le Zaïre, la Tanzanie et le Burundi, des incursions au Rwanda pour éliminer les témoins de leurs crimes. D'autres craignent que les intégristes hutu reviennent un jour au pouvoir et se vengent. Par ailleurs, un mouvement inconnu, "Le peuple armé pour libérer le Rwanda" (PALIR), probablement une création des "faucons" de l'ancien régime, vient d'annoncer avoir "ouvert un front intérieur" au Rwanda pour lutter contre l'"occupant". (D'après La Libre Belgique, 10 juin 1996)

 

 

* Burundi. Echec des pourparlers
Les pourparlers de paix entre les deux partis au pouvoir au Burundi se sont soldes par un échec, a indique le président de l'Uprona (ex-parti unique). Les discussions étaient engagées depuis le 4 juin, a Mwanza (Tanzanie), sous l'égide de l'ancien président tanzanien Julius Nyerere. Une première série de discussions, en avril, avait déjà échoue. De son cote, le ministre burundais de la Défense, le lieutenant- colonel Firmin Sinzoyiheba, a lance un avertissement aux dirigeants burundais, estimant qu'il est "grand temps" que ceux-ci, "a tous les niveaux, se remettent en cause". "On doit cesser de mentir a ce peuple, de le manipuler, d'abuser de la patience de ce peuple". Le ministre a toutefois écarte l'hypothèse d'un coup d'Etat malgré les rumeurs persistantes a ce sujet. "Le coup d'Etat n'est pas une panacée". Plus tôt, on apprenait le départ des derniers coopérants militaires français encore en poste au Burundi, plus 13 enseignants et une douzaine d'assistants techniques francais. (ANB-BIA, de sources diverses, 11 juin 1996)

 

 

* Burundi. ICRC withdraws its delegates 
On 11 June, the last remaining delegates of the International Committee of the Red Cross (ICRC) left Bujumbura in the afternoon. The ICRC was compelled to take this decision because of threats to its expatriate staff following the deliberate attack in which three of them were killed on 4 June. The ICRC has asked the Burundi authorities to conduct a thorough and objective inquiry into that tragic event and will maintain regular contacts with them pending the results. At present, the ICRC does not have sufficient information to say how long its activities will be suspended, but is maintaining its infrastructure in the country. It has asked the authorities to ensure the safety of its local staff and to safeguard its property. (IRINWIRE, 12 June 1996) 

 

 

* Burundi. Un génocide au compte-gouttes
Apres le meurtre de trois de ses collaborateurs la semaine dernière, le comite international de la Croix-Rouge (CICR) a annonce son retrait total du Burundi et y a suspendu sine die toutes ses opérations après avoir reçu de nouvelles menaces de mort. En commentant ce retrait, le président du Comite international de la Croix-Rouge Cornelio Sommaruga, a explique a Florence, le 12 juin, que "depuis plusieurs mois, le Burundi est le théâtre d'un génocide au compte-gouttes". Depuis de longs mois, des groupes de rebelles hutu s'opposent aux milices de la minorité tutsi, souvent appuyées par l'armée, dominée par les Tutsi. Les uns et les autres s'en prennent surtout aux civils. M. Sommaruga n'a aucun doute: le meurtre des trois délègues fut le fruit d'une attaque deliberee, et il ne cache pas qu'il est favorable a une "opération militaire internationale" pour rétablir l'ordre et faire respecter le "droit humanitaire", viole par les autorités locales, comme propose par le secrétaire général des Nations unies. Même l'Organisation de l'unité africaine (OUA) s'est déclarée prête à appuyer une intervention militaire "si le besoin s'en faisait sentir". Mais il faudra pour cela une définition claire des objectifs et le soutien des Nations unies. (ANB- BIA, de sources diverses, 12-14 juin 1996)

 

 

* Grand Lacs. Le scenario-catastrophe de J. Nyerere
"Les combats au Burundi entre l'armée et les rebelles pourraient dégénérer en une guerre civile a très grande échelle", a averti Julius Nyerere, lundi 10 juin, a Nairobi, lors d'une conférence de presse réunie au lendemain de l'échec de la deuxième série de pourparlers inter burundais. L'ancien président tanzanien, "facilitateur" de ces rencontres qui ont eu lieu a Mwanza, sur la rive tanzanienne du lac Victoria, a évoqué un scénario-catastrophe avec l'entrée en scène des miliciens hutus rwandais, réfugies dans les pays de la région des Grands Lacs, aux côtés des rebelles hutus burundais, ajoutant
"qu'il ne sera alors plus possible d'empêcher le Rwanda d'intervenir". Au Rwanda comme au Burundi, l'armée est contrôlée par la minorité tutsi. M. Nyerere a estime qu'une intervention militaire étrangère au Burundi ne résoudrait rien, mais que la "communauté internationale ne doit pas rester les bras croises si les massacres commencent". (Le Monde, France, 12 juin 1996)

 

 

* Rwanda. Twagiramungu denonce
 L'ancien premier ministre, Faustin Twagiramungu, a la tête des Forces de résistance pour la démocratie (FRD), a affirme hier a Bruxelles le 12 juin, dans les locaux du Parlement Européen, que les hommes du FPR ont entrepris d'"éliminer ce qui fait l'élite d'un groupe social et ethnique de population, les Hutu du Rwanda, reproduisant un scénario bien connu au Burundi. C'est en cela que ses "actes de vengeance isoles
", devenus une destruction méthodique d'un groupe ethnique, méritent l'appellation de génocide". Le FRD réclame qu'une commission d'enquête soit constituée rapidement et que Kigali la laisse travailler librement. (ANB-BIA, de sources diverses, 14 juin 1996)

 

* Burundi. 70 Hutus killed in massacre
At least
70 Hutu civilians were massacred by Burundian troops on 13 June, community workers said. Locals in the hills near the Kaniga River in the north-west part of Gitega province have compiled a list of the names of 40 of the dead -- who included one member of the Twa ethnic group -- which they gave to the workers. They said the other victims were new to the area and could not be identified. An estimated 175 soldiers in six trucks arrived on Kibimba hill armed with automatic weapons and bayonets and began the five-hour slaughter, hunting down the screaming victims, shooting or bayoneting them, then throwing the bodies to the river, the locals said. A senior Burundian military officer said he had not heard of the reported massacre. (The Guardian, U.K., 17 June 1996

 

 

* Burundi. Massacres et diplomatie
Reuter informe que, jeudi 13,
"au moins 70 civils ont ete tues" a la mitraillette et a la baïonnette, par des militaires, dans les collines de Kibimba. Selon des sources militaires, l'armée aurait tué, vendredi 14 juin, a Bujumbura Rural, zone Mugere, 50 Hutu appartenant aux bandes armées. Dimanche 
16 juin - Des inconnus ont tire sur la voiture du vicaire général du diocèse de Gitega, Mgr Blaise Nzeyimana, pendant qu'il rentrait après avoir célèbre la messe a Ndava. L'abbé a pu se sauver dans les champs. Une des deux soeurs Bene Bernadetta qui l'accompagnaient a ete tuée; l'autre a pu se sauver dans la foret, d'ou elle n'est sortie que le lendemain. 
17 juin - La diminution (ou, mieux, la relève) du personnel diplomatique se poursuit: l'ambassade française a fait rentrer ses conseillers et le président Bill Clinton a nomme M. Howard Wolpe, ancien congressiste démocrate, représentant spécial "pour les négociations de paix au Burundi". Publicité ou engagement réel des States? 
19 juin - Rencontre prévue a Sant'Egidio-Rome d'une délégation de l'UPRONA, conduite par Mayugi, l'ancien président du parti. 20 juin - Le Parlement européen a appelé la Communauté internationale, et l'Union européenne en particulier, à créer une force internationale "prête a intervenir si nécessaire", comme déjà propose par M. Boutros Boutros-Ghali et l'Organisation de l'unité africaine. Le PE a aussi demande a la Commission européenne de maintenir l'aide humanitaire au Burundi. (ANB-BIA, de sources diverses, 21 juin 1996)

 

 

* Burundi. La sommet d'Arusha
Six chefs d'Etats africains se sont réunis le 25 juin a Arusha, en Tanzanie, a l'initiative de l'ex-président tanzanien, Julius Nyerere, pour "sauver le Burundi". Tous les Etats voisins y etaient representes au plus haut niveau, a l'exception notable du Zaïre, dont le président -- le maréchal Mobutu -- a annonce qu'il enverrait une délégation ministérielle. Le gouvernement burundais a demande a ses voisins et "amis" une "assistance" militaire pour faire cesser les massacres entre Hutu et Tutsi. Le sommet a décide de mettre sur pied une "commission technique" pour évaluer la forme et le volume de cette assistance, qui ne veut pas être une "intervention". Fait sans précèdent: la participation à la fois du président hutu et du Premier ministre tutsi du Burundi.
Vive réaction de Charles Mukasi, president de l'Uprona (Union pour le progres national, principal parti d'opposition) qui, dans un communique diffuse mercredi 26, dénonçait "les actes de haute trahison" du président Ntibantunganya (Hutu, du Front pour la democratie au Burundi) et du Premier ministre Nduwayo (Tutsi, de l'Uprona). L'Union européenne, de son cote, en nommant a Florence l'Italien Aldo Ajello comme représentant spécial, vient de dépêcher a Bujumbura son quatorzième médiateur attitre. (ANB-BIA, de sources diverses, 25-28 juin 1996)

 

* Rwanda. Eloigner les camps? 
La installation plus a l'intérieur du Zaïre et "à titre temporaire" des camps de réfugiés frontaliers du Rwanda réduirait les problèmes de sécurité et d'approvisionnement, a indique le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Coordonnateur à Genève de l'unité spéciale du HCR pour le Rwanda et le Burundi, Augustine Mahiga propose que des camps soient installes plus à l'intérieur du Zaïre en précisant qu'il ne s'agirait pas d'une "intégration". "Cela pourrait d'ailleurs conduire des réfugiés a choisir de retourner au Rwanda plutôt que d'être une nouvelle fois déplacés". (La Libre Belgique, 27 juin 1996)

 

 

* Rwanda. Refugees massacre
Ethnic violence continues to cause havoc in the Great Lakes region of Africa. Rwandan Hutu militants are continuing to kill ethnic Tutsis in Rwanda, while Burundian Hutu refugees seek refuge there. On 29 June, Rwandan and UN officials reported another massacre of 28 Tutsi civilians by Hutu extremists in worsening ethnic violence in Rwanda. Among those killed in the attack on two villages in the Giciye area of Gisenyi province near the Zairian border, were 19 survivors of the 1994 genocide. It seems that unidentified gunmen entered the villages shortly after midnight 28 June, attacking residents and stealing their property. The attackers deliberately targeted Tutsis in what is described as the continuing genocide in Rwanda. (IRIN, 29 June 1996)

 

 

JUILLET 1996

 

 

* Burundi. Peace force poised to enter
Burundi 29 June: Uganda and Tanzania are poised to send troops to prevent continued ethnic violence in Burundi, and will meet the defence ministers of other countries in the region on 1 July to discuss details of the mission. The plan, which has the backing of Western powers and the United Nations, is certain to be resisted by Hutu and Tutsi extremists. The force of Tanzanian and Ugandan troops, supported by Kenyan police, could be deployed rapidly to stop ethnic bloodshed in Burundi developing into genocide or mass slaughter. 2 July: The United States offers it complete support to the intervention force plan. Ministers from Burundi, Ethiopia, Rwanda, Tanzania and Uganda, meeting in Arusha, Tanzania, draw up plans for the multinational defence force. 3 July: A Burundian Hutu rebel group, the National Council for the Defence of Democracy (CNDD), accuses Burundi's army of massacring more than 1,000 civilians in northwestern Burundi. The CNDD also accuses Rwandan troops of moving into Burundi. (ANB-BIA, Brussels, 4 July 1996)

 

 

* Burundi. Intervention étrangère mal accueillie
Malgré les séances d'explication du président burundais Sylvestre Ntibantunganya sur les résultats du sommet d'Arusha (Tanzanie) -- au cours duquel les dirigeants burundais ont, pour la première fois, demande une aide a leurs voisins pour tenter d'arrêter les massacres interethniques -- des centaines de personnes ont manifeste a Bujumbura a l'appel de l'ancien président Bagaza, s'opposant a toute intervention étrangère et qualifiant de "haute trahison" la demande d'assistance formulée tant par le président que par le Premier ministre. De son cote, le Conseil national pour la défense de la démocratie au Burundi (CNDD, guérilla hutu) a déclaré qu'il
"considérera comme une force d'invasion toute force étrangère qui viendra au Burundi en dehors du cadre de négociation impliquant les deux belligérants: le CNDD et l'armée mono ethnique tutsi". Le 4 juillet, plusieurs centaines d'étudiants tutsi ont manifeste contre cette intervention étrangère. Selon le président burundais, la poursuite de la situation actuelle menace le pays de destruction. Comme pour donner raison au président, la radio nationale a impute a des rebelles hutu le massacre, le 3 juillet, de 60 personnes dans la plantation de thé de Teza, tandis que le 3 juillet la rébellion hutu a accuse l'armée d'avoir tue plus de 1.000 civils hutu, le 27 juin, a Cibitoke, au nord-ouest du pays, en ajoutant que des soldats rwandais avaient participe a ce massacre (l'armée rwandaise a fermement démenti). Entre-temps, le Haut commissariat aux réfugies de l'Onu a annonce que plus de 1.300 Hutu burundais avaient fui Cibitoke vers le Rwanda. (ANB-BIA, de sources diverses, 5 juillet 1996) 

 

 

* Africa. OAU Council of Ministers
4 July: The Organisation of African Unity (OAU) opens in Yaounde, Cameroon, its 64th Council of Ministers Meeting to address a host of pressing political, economic and social issues facing the continent. Officially opening the Council of Ministers Meeting, Cameroon's prime minister, Simon Achidi Achu, urges African countries to give room to traditional values in the search for solutions to the continent's conflicts. The OAU's secretary- general, Salim Ahmed Salim, says that the OAU is considering to withdraw or reduce its observers' mission in Burundi. The Heads of State Summit will take place from 8-10 July also in Yaounde. 6 July: A set of resolutions on various "hot spots" in Africa is adopted by the ministers. (ANB-BIA, Brussels, 8 July 1996)

 

 

* Afrique. OUA: un sommet sous pression américaine
 Le 32e sommet de l'Organisation de l'unite africaine (OUA) s'est ouvert, lundi 8 juillet, a Yaounde (Cameroun), en presence d'au moins 25 chefs d'Etat et délègués représentant 53 pays. On remarque l'absence du gen. Abacha, du Nigeria, et du président du Zaïre, M. Mobutu. Les travaux doivent porter notamment sur les conflits qui déchirent l'Afrique et plus particulièrement ceux du Burundi, du Liberia et de la Somalie. Lors d'une réunion préparatoire, les ministres des affaires etrangeres ont adopte, samedi, un projet de résolution appuyant une intervention regionale africaine au Burundi. Le sous-secretaire d'Etat americain charge des affaires africaines, George Moose, a annonce de son cote que les Etats-Unis soutiendraient la candidature de tout autre Africain que Boutros Boutros-Ghali au poste de secretaire general des Nations unies, ce dernier briguant un second mandat. Les Etats-Unis confirmaient ainsi leur hostilite a la candidature de M. Boutros-Ghali. Mais les chefs d'Etat africains ont deja adopte une resolution pour soutenir la candidature de Boutros-Ghali, soulignant que l'Afrique a "droit" a deux mandats et que "sur le continent noir les questions se decident par le dialogue". Le Rwanda, l'Ethiopie et l'Erythree ont vote contre Boutros-Ghali. (D'apres Le Monde, France, 9 juillet 1996)

 

 

* Burundi. "The worst could still come"
Amnesty International representatives who attended the 64th Council of Ministers of the OAU, held in Yaounde, Cameroon, urged African states to take concrete measures to stop the massive human rights violations occurring in Burundi. "Hundreds of civilians, both Tutsi and Hutu, are being killed each week in Burundi by the military and armed groups", Amnesty International said. "Unless the OAU provides bold leadership to the international community, the situation will continue to deteriorate rapidly. The worst could still come". (IRIN, 9 July 1996)

 

 

* Burundi. Quand la guerre s'ajoute au sida
Jeanne Gapiga, du Burundi, dirige dans son pays une association de seropositifs. En depit de ses papiers en regle, elle a eu bien du mal a avoir son visa canadien pour la conférence sur le sida. Les autorites craignant qu'elle decide de rester a Vancouver a l'issue de la conference. "Votre pays est en guerre, vous allez vouloir rester", lui ont dit les autorites canadiennes. Elle a malgre tout reussi a venir. "Dans mon pays, tous les organismes internationaux qui s'occupent du sida s'en vont", deplore-t-elle. "Il n'y a plus personne pour nous aider. Alors qu'avec la guerre et le deplacement des gens, c'est sur, il y a de plus en plus de contaminations". (Liberation, France, 10 juillet 1996)

 

 

* Great Lakes. Refugee situation
With the exception of Burundi and the newly displaced from Eastern Zaire, the nutritional situation in the region appears to be stable. The escalation of violence in Burundi is now affecting virtually every province. Many families are fleeing to Uvira in Zaire or to Tanzania. Furthermore, numerous relief agency staff have been evacuated so that humanitarian aid deliveries are presently extremely limited. In Rwanda the situation is stabilising further as returnees establish former subsistence patterns. There is however continuing insecurity in western areas bordering the Zairian camps. The most vulnerable population in Rwanda presently, are refugees fleeing ethnic violence in the Masisi zone and more recently in the Rutshuru zone of eastern Zaire. Nutritional surveys show high levels of wasting amongst this refugee population. The nutritional situation of Rwandan refugees in Zaire and Tanzania is generally good although there is continuing anxiety over host government's statements regarding repatriation deadlines and the possible effects on food security as well as the ban on refugee movement and economic activities. (IRIN, 7 July 1996)

 

 

 

AOUT 1996

 

* Burundi. Coup aftermath
13 August: The Executive Director of the World Food Programme, Catherine Bertini, welcomes Tanzania's decision to allow humanitarian aid deliveries to reach Burundi. Stringent petrol rationing is imposed.15 August: Burundi's new military leader, Pierre Buyoya, says his government plans to hold power for three years. The same day, the ousted Hutu party rejects this three year transition period. The Presidents of Uganda and Rwanda reiterate their determination to maintain sanctions against Burundi. The UN says it will release a report about the death of Burundi's first democratically elected President, Melchior Ndedaye. 17 August: Meeting in Kampala, Uganda, Foreign Ministers from Eastern African countries declare they are going to maintain sanctions against Burundi. 19 August: It is reported that medicine is becoming increasingly scarce. The UNHCR says about 8,000 Rwandan Hutu refugees are returning home today from Burundi. Refugees in Burundi's Magara Camp say the Burundian army has launched a campaign of intimidation and killed three of their comrades on 18 August to try to force them back to Rwanda. Kenya's The East African says that African nations are holding the line on the embargo but a strong commitment seems to be lacking within the world community itself. 20 August: Buyoya dismisses three controversial senior military officers, including the army chief of staff implicated in the assassination of the country's first Hutu president. (ANB-BIA, Brussels, 21 August 1996)

 

 

 * Burundi. Six mille tues selon Amnesty
Plus de 6.000 personnes ont ete tuees au Burundi depuis le putsch du 25 juillet de Pierre Buyoya, a affirme jeudi Amnesty International, citant des informations détaillées. Selon l'ONG, au moins 4.050 civils anonymes ont été enterrés après avoir ete exécutés sans jugement entre le 27 juillet et le 10 août par les forces gouvernementales a Giheta. Amnesty affirme egalement que les forces gouvernementales ont perpètre des massacres à Bujumbura, et dans les provinces de Muramvya, Kayanza et Cibitoke. Par ailleurs, un mois après le coup d'Etat, la rebellion hutu serait parvenueà dissuader les paysans hutu de descendre des collines pour ravitailler la capitale, majoritairement tutsi, créant ainsi une sorte de blocus intérieur après l'embargo extérieur. Le 22 août, un avion de Médecins sans frontières (MSF) avec 25 tonnes de matériel médical a quitte Nairobi a destination du Burundi. (D'après AFP, France, 23 aout 1996

 

 

* Burundi. Rencontre Buyoya-Nyerere
Le nouvel homme fort du Burundi, Pierre Buyoya, s'est rendu dimanche en Tanzanie pour rencontrer Julius Nyerere, l'ancien president tanzanien et mediateur pour la region des Grands Lacs. Le president Buyoya lui a demande qu'un sommet regional soit organise sur le Burundi. Les collaborateurs de Buyoya n'ont pas donne de details sur ces entretiens, se bornant a declarer que Buyoya devait regagner le Burundi dans la journee de dimanche. Pour sa part, le Parti pour la liberation du peuple hutu (Palipehutu) a rejete lundi les offres de dialogue du "putschiste Pierre Buyoya" et a affirme qu'il n'y avait "pas d'autre solution que la lutte armee". Par ailleurs, la capitale burundaise est partiellement privee d'electricite depuis samedi 24 aout, suite a un "acte de sabotage" de la rebellion hutu. La reparation a la centrale de Rwegura devrait etre achevee ce mardi 27 aout. (D'apres La Libre Belgique, 26-27 aout 1996)

 

 

* Burundi. UNICEF
 Contrary to media reports, the United Nations Children's Fund (UNICEF) said in a Press Release issued on 22 August that it has no plans to suspend its operations in Burundi. UNICEF has eight international and 74 national staff members in Burundi and UNICEF programmes are continuing in health, water and sanitation, education, nutrition, psycho-social recovery and family tracing. UNICEF is concerned that children are already being affected by the sanctions recently imposed on the country, and that the situation will deteriorate unless steps are taken to ensure their special protection. There is particular concern at fuel shortages which are hampering cross-border reunification programmes for 20,000 unaccompanied children and may paralyse immunization programmes. Burundi was on the verge of reaching 75% immunization of under one year-olds, or 190,000 children, but there are now no supplies of Polio or BCG vaccines in the country. Fuel shortages will also jeopardize the supplementary feeding programme which is currently reaching 30,000 malnourished children who have been uprooted from their homes. UNICEF currently has only three to five days' supply of fuel. (IRIN, Kenya, 27 August 1996)

 

 

 

SEPTEMBRE 1996

 

* Uganda. Letters of the Catholic Bishops
Concern for the alarming situation in the Great Lakes region of Central Africa, with continuing violence in many areas, has in recent weeks, caused the Catholic Bishops of Uganda to publish two Letters. The first one is addressed to "The Heads of State in the Region" and has been sent to the Presidents of Uganda, Kenya, Tanzania, Rwanda, Zambia, Zaire, Burundi and Cameroon. The second Letter is more specifically for Uganda, and is addressed to the President and Government of Uganda; Members of Parliament, Local Councils and the people in the war torn areas. The first letter deals with the crisis in Burundi, the second with Uganda's own internal problems. (ANB-BIA, Brussels, 15 September 1996)

 

 

* Zaire. UN to clarify misunderstandings
 The UN Secretary-General has decided to send to Kinshasa, his Assistant Secretary-General Ibrahima Fall. The purpose of the visit is to hold discussions with the Zairian authorities to clarify misunderstandings on the role and operations of the UNHCR in Zaire. Last week, the Secretary-General expressed concern about the accusations made by the government of Zaire that the UNHCR had provided logistic support to armed groups infiltrating Zaire from Rwanda and Burundi. (IRIN, Nairobi, 19 September 1996)

 

 

* Zaire-Rwanda. La tension reste vive
 Dans la nuit du 22 au 23 septembre, vers 20h30, on a entendu un debut de fusillade dans la ville de Bukavu. Il est difficile de preciser l'origine de ces coups de feu, mais cela a abouti a des echanges qui se sont prolonges jusqu'a deux heures du matin entre les forces armees rwandaises et zairoises. Cette confrontation s'est terminee par l'intervention des armes lourdes. Ce type d'actions doit etre inscrit dans l'ensemble de la situation dans la region: le desequilibre actuel au Burundi, qui provoque les tensions dans la zone d'Uvira, a des repercussions jusqu'a Bukavu. Les relations ne cessent de se deteriorer entre les deux pays, depuis que le gouvernement zairois a accuse le Rwanda et le Burundi de "fomenter des troubles" dans le sud de Bukavu et d'avoir aide des Banyamulenge (Tutsi zairois du Sud-Kivu) installes au Rwanda a perpetrer une agression contre le Zaire. Des contacts etaient en cours mardi entre les autorites des deux pays, pour tenter de ramener le calme. D'apres un observateur local, il n'y a aucun element qui permette d'annoncer quelque chose. Le sentiment le plus commun est qu'il s'agit d'operations d'intimidation mutuelle, mais on pressent qu'une evolution plus grave pourrait se produire. L'avenir est imprevisible et on craint aussi bien un eclatement definitif de la region qu'un pillage par l'armee zairoise. (ANB-BIA, de sources diverses, 25 septembre 1996

 

 

* Zaire. Allegations against UNHCR
 On 17 September, the following Statement was issued by the spokesman for the UN Secretary-General: "The Secretary-General has learned with deep concern about accusations made by the Government of Zaire that the UNHCR has been providing logistical support to armed groups infiltrating Zaire from Rwanda and Burundi with the deliberate intention of destabilising Zaire. The accusations have been carried on local television and have caused serious problems for UN personnel working in the region. The Secretary-General categorically rejects these allegations as completely unfounded and urges the Government of Zaire to take steps to clarify the situation". (IRIN, Nairobi, 25 September 1996)

 

 

* United Nations. Voting membership shrinks
 When the new session of the UN General Assembly opened on September 17, the voting membership of the world body had shrunk from 185 to 173. Twelve countries now have no voting rights since they have not paid their dues --either in part or in full -- for the last two years. Nine of the twelve are from Africa: Burundi, Central African Republic, Chad, Equatorial Guinea, The Gambia, Mali, Niger, Sao Tome and Principe, Somalia. The Assembly, however, may permit defaulting members to vote if it is satisfied that failure to pay is "due to conditions beyond the control of the member". Five countries -- Rwanda, Liberia, Tajikistan, Georgia and Comoros have thus been exempted from the penalty. The United States, which currently owes the largest amount (1.65 billion both to the UN regular and peacekeeping budgets) -- has not lost its voting rights since it has made payments towards 1994. (ANB-BIA, Brussels, 23 September 1996)

 

 

* Zaïre. Elections 1997?
Irréalistes... Selon une source de la Commission européenne, il semble irréaliste d'espérer les élections en juillet 1997, comme c'était prévu. Du moins si on veut des élections avec un minimum de sérieux. Le dernier recensement date de douze ans...; depuis lors, la population a connu d'importants mouvements. Les infrastructures et l'administration se sont fortement détériorées. La Commission nationale des élections (CNE), mise en place fin décembre 1995, n'est pas vraiment opérationnelle; il n'y a pas encore de projet de Constitution a soumettre au referendum. L'accès équitable des partis aux medias est très problématique: il y a plus de 400 partis. La neutralité des forces de l'ordre suscite bien des questions et des doutes. La présence de plus d'un million de réfugies rwandais et burundais au Kivu reste une épée de Damoclès. Quand on penses que les 800 membres de l'Assemblée transitoire (le HCR/PT) touchent 1.000 $ par mois -- contre les 200 $ de PNB annuel --, "quel intérêt auraient-ils, se demande cette source, a aller aux élections?" (D'après M.-F.C., La Libre Belgique, 24 sept. 1996)

 

 

* Burundi. Le pape regrette les sanctions
Rendant hommage a l'archevêque du Burundi, Joachim Ruhuna, tue dans une embuscade le 9 septembre, Jean-Paul II a émis, mercredi, l'espoir d'un assouplissement des sanctions internationales imposées au Burundi. "C'est en me souvenant de lui que j'apprécie les initiatives de ceux qui oeuvrent pour une solution pacifique (...) et je partage aussi les souffrances de tous les citoyens, que viennent accroître les sanctions en vigueur", a dit le pape. "En vous invitant a prier pour la paix, j'espère que ces sanctions, qui imposent un fardeau alourdi a la population civile, seront allégées". (Le Soir, Belgique, 26 septembre 1996)

 

 

* Tanzania. Sanctions on Burundi to continue 
- On 24 September, President Benjamin Mkapa reaffirmed that countries of the Great Lakes Region would not relax sanctions on Burundi's military government until it restores constitutional rule. Mkapa told visiting US Assistant Secretary of State on African Affairs George Moose that the trade embargo would be "effective to push Burundi onto the road of democratization", according to a presidential statement. The Tanzanian president added that another regional heads of state and government summit would soon be held to review the implementation of the sanctions imposed since late July after former military leader Pierre Buyoya took power in a successful coup. (AFJN, Washington, 27 September 1996)

 

 

* Africa. Bishops speak 
Mosany of Africa's Bishops have not miced their words in recent months in their Pastoral Letters and other pastoral documents, on matters dealing with their country's particular needs and concerns. They have made their pition clear on a number of issues of national importance. Limiting oneself to English- speaking countries in Africa: -- In June, Archbishop Michel Francis of Monrovia, LIBERIA, faced with his country's deteriorating situation, warned church-members in the strongest possible terms, against having links with any of the country's warring factions. -- At the end of their Annual Meeting in July, the Bishops of GHANA issued a Statement calling on the country's traditional chiefs to take a critical look at some of their customs and traditional practices and do away with those found to violate fundamental human rights. -- On 6th August (at the same time as a Statement from the National Council of Churches of Kenya), the Bishops of KENYA issued a Pastoral Letter entitled: "Our Social responsibility". The Letter dealt with a variety of issues such as public health, education, public transport, communications and the land grabbing question. The Bishops called for an immediate constitutional review and for all-party dialogue on the composition of Kenya's next electoral commission. The government reacted strongly to the Bishops' Letter. -- In September UGANDA's Bishops published two Letters. The first one was addressed to Heads of States in the Great Lakes Region and to all people of goodwill. This Letter concerns the Burundi crisis. The second Letter was addressed to the President and Government of Uganda, Members of Parliament and Local Councils, People in the war-torn areas and to all Ugandans of goodwill. This Letter concerns the war in the northern part of Uganda and the Search for Peace. -- The most recent Pastoral Letter of the Bishops of MALAWI is dated 14th September and is entitled: "Walking together in Faith -- Our journey towards the year 2000". The background to this Letter is the Church's celebration of the Jublilee of 2000 years of Christianity and in the year 2001, the centenary of the permanent presence of the Church in Malawi. The bishops invite the faithful to start preparing for these two events. This will be done by implementing the African Synod and in correcting failings in the public life of the nation: e.g. Misconceptions of Freedom and democracy; increase in theft and robbery; maladministration of public funds; corruption and bribery. (ANB-BIA, Brussels, 27 September 1996)

 

 

* Afrique. Les eveques parlent
Il est etonnant de voir combien d'eveques africains, ces derniers temps, ont pris position dans leurs lettres pastorales ou dans d'autres documents sur des problemes importants ou sur des situations qui concernent la vie du pays. Ainsi, pour se limiter a l'Afrique anglophone, l'archeveque de Monrovia, au Liberia, Mgr. Michael Franzis, prend position, au mois de juin, contre toutes les factions en guerre, et menace d'excommunication tout fidele qui collabore avec l'une d'entre elles. -- Au mois de juillet, un document de la Conference episcopale du Ghana invite les chefs coutumiers a etudier les coutumes et les pratiques traditionnelles, et a prendre position contre celles qui violent les droits fondamentaux de la personne humaine. -- En juillet encore, dans une lettre pastorale titree: "Notre responsabilite sociale", les eveques du Kenya abordent plusieurs problematiques nationales et, en particulier, la grave question de l'usurpation de terres par des riches citoyens. Ils lancent aussi un appel pour une revision de la Constitution et pour qu'on entame un dialogue avec tous les partis, en vue de preparer la prochaine commission electorale. Publiee en meme temps qu'un document du Conseil national des Eglises du Kenya, la lettre provoquera une forte reaction de la part du gouvernement. -- Le 15 septembre, les eveques de l'Ouganda publient deux lettres. La premiere, adressee aux chefs d'Etat de la region des Grands Lacs et a tous les hommes de bonne volonte, aborde la grave crise que traverse actuellement le Burundi. La deuxieme, traitant du probleme de la guerre dans le nord du pays et de la recherche de la paix --est adressee au president de l'Ouganda, au gouvernement, aux membres du Parlement et des differentes administrations locales, a la population des zones dechirees par la guerre et a tous les Ougandais de bonne volonte. -- Enfin, la derniere lettre des eveques du Malawi, du 14 septembre, invite les fideles a se preparer aux celebrations jubilaires de l'an 2.000, a l'occasion des vingt siecles de christianisme, et a celles de l'an 2.001, a l'occasion du Centenaire de l'Eglise au Malawi. Et ceci, en mettant en pratique les resolutions du Synode africain, et en luttant contre les mauvaises pratiques qui minent la vie de la nation et que les eveques denoncent clairement: une fausse idee de liberte et de democratie, vols et rapines en augmentation continuelle, mauvaise gestion du bien public, corruption et concussion. (ANB-BIA, Bruxelles, 27 septembre 1996)

 

 

OCTOBRE 1996

 

* Burundi. Vaccines for Bujumbura 
- On 30 September, UNICEF airlifted a sorely needed batch of vaccines to Bujumbura to help stave off a serious crisis in local stocks. The 500kg of polio and measles vaccine were the first such humanitarian supplies to reach beleaguered Burundi since July when neighbouring countries announced a complete land and sea blockade of Burundi. In cooperation with the World Food Programme which is providing flight support, UNICEF plans to airlift to Burundi in the coming weeks several tons of drugs, high protein biscuits, soap, plastic sheeting, water bladders and jerrycans under a programme of humanitarian aid exemptions agreed upon by the Regional Sanctions Committee earlier this month. (IRIN, Nairobi, 2 October 1996

 

 

* Burundi. Ouverture du Parlement 
- Le president de l'Assemblee nationale burundaise, Leonce Ngendakumana a accepte de presider la session parlementaire qui s'ouvrira lundi 7 octobre et a souhaite que le Parlement soit associe aux negociations de paix. M. Ngendakumana, un Hutu du Frodebu, a quitte mercredi la residence de l'ambassadeur d'Allemagne a Bujumbura, ou il s'etait refugie peu avant le putsch du 25 juillet, qui a porte au pouvoir le major Pierre Buyoya, un Tutsi (ethnie minoritaire). L'Assemblee nationale et les partis politiques avaient ete suspendus par le coup d'Etat militaire avant d'etre retablis le 12 septembre par les nouvelles autorites. De son cote, Pierre Buyoya a prevenu les rebelles hutu qu'ils ne pouvaient remporter la guerre civile par les armes. "Les rebelles ne peuvent pas gagner. Notamment lorsque la guerre civile est egalement une guerre ethnique. La paix ne peut intervenir que par la negociation", a-t-il affirme. Enfin, l'emissaire du president Clinton pour le Burundi, Howard Wolpe, a salue, a l'issue de son sejour, la decision prise par le dirigeant tutsi de retablir l'Assemblee nationale, mais il ne s'est guere montre optimiste pour l'avenir. Un constat que pourra apprecier l'envoye special de l'Union europeenne, Aldo Ayello, qui est arrive a son tour a Bujumbura. (ANB-BIA, d'apres AFP et Reuter, 4 octobre 1996)

 

 

* Burundi. Foreign Minister says: "Stop the blockade" 
- On 2 October, Burundi's Foreign Minister, Luc Rukingama, told correspondents that there was an urgent need for the international community to condemn the "dangerous current" in relations between States, and to act to put a stop to the blockade declared against Burundi. He added that ending the blockade "was a moral obligation: 1) For the credibility of the United Nations; 2) For the conscience of a world that speaks in terms of solidarity and yet cannot endorse the aggravation of the suffering of the people of Burundi; 3) For helping Burundi in the process of peace, reconciliation, and economic and social recovery". (...) He added that the blockade was a serious violation of the following principles: the right of a people to self-determination; the sovereign equality of States; non-interference in the internal affairs of States; non-use of force; the peaceful settlement of internal disputes; freedom of transit and trade for all States, especially those which are land- locked. (Rik de Gendt, Brussels, 2 October 1996)

 

 

* Zaire. Dire situation of medical facilities 
- On 6 October, a consignment of medical equipment and materials was flown into eastern Zaire as part of a stepped-up emergency operation by the ICRC to assist thousands of people suffering because of conflict in the region. A C-130 Hercules, provided by the Netherlands government, flew to Goma from Nairobi carrying equipment to upgrade the hospital at the town of Uvira, in southern Kivu province, where local medical facilities are under increasing strain because of inter-ethnic fighting and the influx of war-wounded from neighbouring Burundi. The supplies were provided by the German Red Cross, which is sending a five-member surgical team to reinforce the casualty unit at Uvira Hospital, while the Belgian Red Cross is to support the hospital's public health activities. (IRIN, Nairobi, 7 October 1996)

 

 

 * Burundi. Parlement boycotte
 - La seance de reouverture de l'Assemblee nationale burundaise a ete perturbee, lundi, par l'annonce par le Frodebu (parti majoritaire a dominante hutu) du boycottage de la ceremonie. Le secretaire du parti, Augustin Nzojibwami, a explique que la participation du Frodebu aux travaux de l'Assemblee etait subordonnee a l'instauration d'un reglement interieur, d'un code electoral et a la restauration de la Constitution. Le Parlement burundais avait ete suspendu par le coup d'Etat militaire du mois de juillet avant d'etre retabli par les nouvelles autorites le 12 septembre. (La Libre Belgique, 8 octobre 1996)

 

 

* Afrique. Offensive diplomatique americaine
 - Le secretaire d'Etat americain, Warren Christopher, devait entamer, lundi 7 octobre, son premier voyage en Afrique, en se rendant successivement au Mali, en Ethiopie, en Tanzanie, en Afrique du Sud et en Angola. Cette tournee -- la seule d'un responsable de ce rang depuis l'arrivee au pouvoir de Bill Clinton -- est consideree comme une maniere de s'attirer les bonnes graces de l'electorat noir americain a moins d'un mois du scrutin presidentiel. M. Christopher devrait notamment se mettre en quete d'un candidat africain pour succeder au secretaire general de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, les Etats-Unis ayant decide de bloquer la candidature de M. Boutros- Ghali a un second mandat. L'ensemble des pays du continent, au sein de l'Organisation de l'unite africaine (OUA), avaient recemment soutenu cette candidature. D'autre part, M. Christopher, qui discutera de la situation au Rwanda et au Burundi, devrait presenter le projet americain d'une force africaine de paix, qui aurait "une mission strictement humanitaire". Il s'agirait de designer a l'avance des unites qui s'entraineraient ensemble en prevision d'une crise. Le Mali a deja accepte, le 8 octobre, de participer a cette force de paix. (D'apres Le Monde, France, 8-10 octobre 1996)

 

 

* Africa/USA. African standby force 
- The United States is considering to create a standby force of African troops to deal with what it called humanitarian crises in Africa such as the ongoing tribal warfare in Burundi and the civil war in Liberia. US senior officials have been consulting extensively with European and African nations on the possible formation of an "African Crisis Response Force". According to The Independent (UK) of 5 October, last month the US officials met with a lukewarm response in Europe. French and EU officials judged the plan to be too vague. (ANB- BIA, Brussels, 8 October 1996)

 

 

* Afrique/USA. Du froid pour Mr Christopher 
- Le voyage de Mr Christopher en Afrique est loin d'etre parseme de succes. L'accueil que lui a reserve le president sud-africain est apparu plutot froid. Mr Mandela a marque plus fortement encore ses distances au sujet de Boutros Boutros-Ghali, dont Washington veut bloquer la reelection au poste de secretaire general de l'ONU. Evoquant l'idee d'une force interafricaine, Mr Mandela a repondu a Mr Christopher que cette initiative "ne devait pas venir d'un seul pays" -- ce qui "donnerait des munitions aux detracteurs" --, mais des Nations unies et de l'Organisation de l'unite africaine (OUA).
En Tanzanie, Mr Christopher avait discute de la situation du Burundi, ou les Etats-Unis souhaitaient que les pays voisins allegent les sanctions contre ce pays. Or le sommet reuni en Tanzanie, samedi, a reconduit ces mesures. Mr Christopher se rendait lundi en Angola, derniere etape de sa tournee, ou il devait la aussi affronter des desaccords. (ANB-BIA, de sources diverses, 15 octobre 1996)

 

 

* Burundi. New USCR Report
 - Burundi has a twisted psychology all its own that drives extremists on all sides to massacre innocent, uprooted civilians as if they were conspirators and combatants-in- hiding, states a new Report by the United States Committee for Refugees (USCR). The Report, "From Coup to Coup: Thirty years of death, fear and displacement in Burundi", reviews the long chain of tragic events that has produced the current crisis in Burundi. The Report notes that mistrust and suspicion between the country's ethnic Tutsi and ethnic Hutu populations is so deep-seated, that families who try to escape violence by fleeing toward safety have instead been specially targeted for violence themselves. Internally displaced persons are not seen as neutral or as victims on the sideline of the conflict. Fleeing for safety is not automatically regarded as a benign act in modern-day Burundi. (Editor's note: On 14 October, Burundi said it would refuse to negotiate with Hutu rebels until crippling regional economic and transport sanctions are lifted.) (APIC, 9 October 1996

 

 

* Burundi. Au jour le jour 
- 12 octobre -- Arusha III decide pour le maintien de l'embargo qui, depuis le 31 juillet, etouffe la maigre economie burundaise, et donne aux parties en conflit jusqu'au 12 novembre pour engager des discussions de paix. Une delegation des chefs de la diplomatie des 5 pays voisins sera envoyee a Bujumbura pour evaluer la situation. Le major Buyoya, auteur du coup d'Etat du 25 juillet dernier, s'etait engage, la veille, a entamer des negociations inconditionnelles avec l'opposition. Leonard Nyangoma, leader du Conseil national de la defense de la democratie (CNDD), s'est engage a faire de meme avec la "junte militaire". 14 octobre -- Les autorites burundaises exigent la levee de l'embargo avant d'entamer les negociations: "On ne peut pas dialoguer tant que le blocus n'est pas leve", a declare le chef du gouvernement, M. Ndimira, lors d'un discours. 15 octobre -- La guerre continue. Au sud, notemment dans les communes de Rumonge, Murago et Mibanda, des sources officielles parlent de 40 morts lors de combats entre militaires et bandes armees hutu au cours de la derniere semaine. D'autres sources parlent de centaines de morts... Dans la capitale, vives reactions contre le major Buyoya, de la part de l'armee ainsi que l'opposition, contre sa decision d'engager le dialogue: des menaces de mort sont lancees contre le major, et contre l'eveque de Bujumbura. On parle aussi de deux tentatives de coup d'Etat. 16 octobre -- Les pays voisins du Burundi annulent a la derniere minute la visite a Bujumbura de leurs ministres des Affaires etrangeres en raison du refus du regime burundais d'entamer les negociations avant la levee du blocus. (ANB-BIA, de sources diverses, 17 octobre 1996)

 

 

* Zaire. Situation de guerre 
- Il existe une "situation de guerre" dans la province du Sud-Kivu (est du Zaire), a affirme a Goma le general Eluki Mponga Aundu , chef des armees zairoises. Cette situation resulte, selon lui, de "l'agression (...) des bandes armees de Banyamulenge" (Tutsi rwandais etablis de longue date dans l'est du Zaire). "Le Zaire est en guerre au Sud- Kivu", a-t-il ajoute, en accusant "le Rwanda, avec la complicite du Burundi et du HCR", le haut commissariat de l'ONU pour les refugies, d'avoir "agresse" son pays. Selon Kinshasa, ces "bandes armees" compteraient 3.000 hommes entraines par le nouveau pouvoir rwandais puis infiltres au Zaire avec la complicite du Burundi -- ce que ce dernier, comme le Rwanda, dement. Bon nombre d'observateurs sur place, aussi bien des representants du HCR que des religieux, ont note, quant a eux, la multitude de bandes armees de differentes ethnies zairoises, de militaires zairois, de Hutu et de Tutsi qui operent dans la region du Kivu. Jugeant la situation "tres, tres dangereuse", le HCR a evacue onze de ses dix-neuf expatries travaillant a Uvira, la ville-frontiere zairoise situee en face de la capitale burundaise, Bujumbura. Quelque 20.000 refugies hutu ont fui leur camp, dimanche 13 octobre, dans la region d'Uvira apres que des hommes armes eurent tue quatre refugies dans la nuit. Le Premier ministre zairois Kengo a annonce, mercredi 16 octobre, la suspension du vice- gouverneur de la province du Sud-Kivu, Lwasi Ngabo Lwabanji , pour avoir declare la guerre aux Tutsi de souche. M. Lwabanji avait ordonne la semaine derniere l'expulsion de sa province de quelque 200.000 Banyamulenge, des concitoyens d'ethnie tutsi: l'ultimatum qu'il leur avait lance expirait mardi. Selon les derniers decomptes, pres de 400 Banyamulenge auraient ete tues, a Uvira mais surtout a Fizi, ou toute une communaute methodiste aurait ete massacree, et a Kamanyola ou 56 personnes auraient ete ligotees puis jetees dans la Ruzizi. De leur cote, les Banyamulenge ont tue pres de 200 personnes, notamment lors d'une attaque particulierement atroce contre un hopital a Lemera. Le ministre Kengo a aussi declare que le Zaire allait proceder a la "fermeture systematique des camps de refugies avant les elections". De son cote, l'envoye special de l'Union europeenne dans la region des Grands-Lacs, M. Aldo Ajello , a invite les autorites zairoises a la ponderation dans leurs relations agitees avec le Rwanda, estimant que le moment n'etait pas "de montrer ses muscles mais de faire preuve de sagesse". (ANB-BIA, de sources diverses, 17 octobre 1996