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Dossier Afrique des Grands Lacs

 

Burundi :  Le GENOCIDE de 1965

 

Source: UBUNTU-ACTION
Case Postale 511
1219 Chatelaine - Genève Suisse


SOMMAIRE

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AVANT - PROPOS: Halte à la falsification de l'histoire! ......................................................... 1

 

I. Génocide et crimes contre l'humanité: définitions............................................................... 1

1. 1. Le génocide.............................................................................................................. 1

1.2. Les crimes contre l'humanité ....................................................................................... 2

1.3. Répression et imprescriptibilité .................................................................................... 2

1.4. Le génocide hutu de 1965 ........................................................................................... 2

 

II. Phases préparatoires du génocide de 1965....................................................................... 3

2. 1. La planification ......................................................................................................... 3

2.1.1. Le renversement de la monarchie .............................................................................. 3

2.1.2. L'élimination des élites hutu .................................................................................... 5

2.1.3. La consolidation du capitaine Michel Micombero .......................................................... 6

2.2. Le levier des élections du 10 mai 1965.......................................................................... 6

2.2.1. Le verdict des urnes ................................................................................................ 6

2.2.2. Commentaire des résultats ....................................................................................... 8  

2.3. Réactions contrastées ................................................................................................ 8  

2.3.1. Dans les milieux tutsi .............................................................................................. 8  

2.3.2. Dans les milieux hutu ............................................................................................ 11

2.4. Déclenchement : la nuit du 18 Octobre ....................................................................... 13

2.4.1. Le fil des événements ........................................................................................... 13

2.4.2. Les auteurs du coup .............................................................................................. 14

2. 5. Exécution en règle d'un génocide ............................................................................... 16

2.5. 1. Note préliminaire ................................................................................................. 16

 

III. Qualification des crimes.............................................................................................. 23

3.1.Génocide ................................................................................................................. 23

3. 2. Crimes contre l'humanité .......................................................................................... 23  

3.2.1. Arrestations arbitraires ...........................................................................................23 

3.2.2. Emprisonnements arbitraires, tortures et autres traitements inhumains ........................ 23  

3.2.3. Exécutions sommaires ........................................................................................... 24

 

IV. Les responsabilités .................................................................................................... 26

4. 1. Micombero Michel .................................................................................................... 26

4.2. Simbananiye Artémon ............................................................................................... 26

4. 3. Autres criminels notoirement impliqués ...................................................................... 27

4.4. Le roi Mwambutsa Bangiricenge .................................................................................. 28

 

V. Les victimes .............................................................................................................. 28

5.1. Un massacre d'innocents .......................................................................................... 28  

5.2. Identification .......................................................................................................... 28  

5.2.1. Hiérarchie de l'hécatombe ...................................................................................... 28  

5.2.2. Quelques illustres disparus .................................................................................... 30  

 

 

VI. Impunité des auteurs du génocide de 1965 ................................................................... 31

 

 

ANNEXES ......................................................................................................................................... 32

ANNEXE I : Témoignages et analyses inédits ......................................................................................................... 32

Annexe II : Les illustres victimes du tribalisme ...................................................................................................... 34

Annexe III : Officiers de l'armée burundaise au 01-10-1965 ............................................................................ 35

Annexe IV: Le discours de Gervais NYANGOMA du 1e` juillet 1965 ....................................................... 37

 

 

 

 

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Le génocide de 1965

Source: Ubuntu - Action
Case postale 511
1219 Châtelaine /Genève
Suisse

 

"O notre Burundi, terre rouge d'Afrique, terre rouge de notre sang, de nos plaintes et de notre détresse. Terre aux égorgements suivis de silence, aux morts trop nombreux à compter. Terre qui est en nous et nous qui sommes en cette terre". Nadine NYANGOMA

 

AVANT - PROPOS: Halte à la falsification de l'histoire! | MENU

 

L'histoire du Burundi a été délibérément falsifiée par certains auteurs burundais et étrangers mus par des intérêts sectaires non avoués. On fait état notamment d'une école "franco-burundaise" qui a imposé aux filles et fils du pays un enseignement truffé de mensonges grossiers sur leur histoire nationale.

Le régime du major Buyoya s'est inscrit dans cette même logique depuis le début des années 90. En mal de légitimité après les massacres de Ntega-Marangara, ce régime a vulgarisé une prêche au niveau de toutes les couches de la population. Le sanguinaire avait fait confectionner pour la circonstance une curieuse "Bible" intitulée " Rapport de la Commission Chargée d'étudier la Question de l'Unité Nationale". Aujourd'hui, les auteurs les plus zélés de ce "chef-d'oeuvre" le récusent sans état d'âme (1).

L'exemple le plus flagrant de cette manipulation éhontée de l'histoire est offert par l'interprétation des événements d'octobre 1965. La version vulgarisée a repris les thèses du pouvoir de l'époque qui avait organisé un génocide contre les hutu.

Avec le recul du temps, des analyses pertinentes ont montré que la fameuse tentative de coup d'Etat militaire hutu relève d'une pure machination de ce pouvoir. De même que la thèse du soulèvement anti - monarchiste de la part des hutu. Les événements de la nuit du 18 au 19 octobre avaient été conçus par le Secrétaire d'Etat à la Défense Nationale, le Capitaine Michel MICOMBERO, en connivence avec son entourage ethnico-clanique, dans le cadre d'un vaste plan machiavélique. Ce plan, élaboré de longue date, prévoyait l'accaparement et le monopole du pouvoir au profit de ses concepteurs. Sa matérialisation supposait d'abord le renversement de la monarchie, la décapitation des élites hutu ensuite, et enfin le massacre des populations hutu à grande échelle. De ce point de vue, le coup d'Etat de la nuit du 18 octobre 1965 a brillamment réussi et ses planificateurs ont récolté les dividendes escomptés, à savoir le pouvoir et les avantages qu'il procure. Aujourd'hui, cette thèse s'est imposée par l'évidence des faits comme étant la plus plausible. Les événements de 1965 ont été sciemment entourés de mystères pour masquer toute réalité. L'objectivité interdit désormais de parler de coup d'Etat militaire avorté.

Le génocide de 1965 a laissé des cicatrices douloureuses et indélébiles. Les auteurs de cette tragédie sont connus. C'est certainement le peuple burundais tout entier qui a été ulcéré. Il a le droit de connaître ces criminels. Les nombreuses victimes ont l'obligation, pour leur dignité et l'intérêt des générations futures de connaître la vérité et de rétablir les circonstances de disparition des leurs, afin d'honorer leur mémoire. Les crimes contre l'humanité sont par définition imprescriptibles. Les auteurs de la tragédie de 1965 doivent être poursuivis. C'est à ce prix que la Paix, la Justice et la Démocratie régneront au Burundi. Malheureusement, les structures judiciaires actuelles n'inspirent pas confiance aux victimes. Mais cela ne devrait pas les décourager dans leur quête de justice. Le combat sera peut-être long et hardi mais la Raison et le Droit finiront par triompher.

 

I. Génocide et crimes contre l'humanité: définitions 

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1. 1. Le génocide

Beaucoup d'études et d'analyses ont été menées sur le concept de génocide. Le concept est mieux cerné dans une approche multidisciplinaire faisant appel notamment au droit, à la philosophie et à la psychologie .

 

 

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Cependant, pour tout essai, la référence reste la Convention du 9 décembre 1948 pour la Prévention et la Répression du crime de Génocide adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies spécialement en ses articles II et III:

 

"Article II

Dans la présente convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel: Meurtre de membres du groupe;

Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale des membres du groupe;

Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;

Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;

Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.

 

Article III

Seront punis les actes suivant:

le génocide

l'entente en vue de commettre le génocide

l'incitation directe et publique à commettre le génocide la tentative de génocide

la complicité dans le génocide

 

Les critères majeurs de définition d'un génocide sont donc la planification, l'intention criminelle, le meurtre de membres d'un groupe donné visés cogime tel, la déshumanisation des victimes, l'emploi des structures et des moyens de l'Etat, la négation.

 

1.2. Les crimes contre l'humanité | MENU

 

Les crimes contre l'humanité ont été définis dans le Statut du Tribunal Militaire international de Nuremberg du 8 août 1945 et confirmés par les résolutions 3 (I) et 95(1) de l'Assemblée générale de l'ONU en date du 13 février 1946 et 11 décembre 1946. Ce sont les crimes commis en temps de paix comme en temps de guerre dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population civile quelle qu'elle soit, en raison de son appartenance nationale, politique, ethnique, raciale ou religieuse: assassinat, extermination, réduction en esclavage, expulsion, emprisonnement, torture, viol, persécution pour des raisons politiques, raciales et religieuses et autres actes inhumains ou tout acte inhumain qui porte gravement atteinte à l'intégrité physique ou mentale, à la santé ou à la dignité humaine.

1.3. Répression et imprescriptibilité | MENU

 

La répression du génocide est inscrite dans l'article IV de la Convention du 9 décembre 1948. Cet article stipule que "Les personnes ayant commis le génocide ou l'un quelconque des actes énumérés à l'article III seront punis, qu'elles soient des gouvernements, des fonctionnaires ou des particuliers".

Un autre instrument juridique international intéressant est la Convention sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, qui, dès son premier article stipule que ces crimes ainsi que le génocide sont justement imprescriptibles.

 

1.4. Le génocide hutu de 1965 | MENU

 

Le génocide hutu de 1965 a été reconnu par la Communauté internationale. Il est explicitement cité dans le Rapport du Conseil économique et Social des nations Unies du 2 juillet 1985, communément dit "Rapport Whitaker". Ce rapport reconnaît qu'en matière de génocide,

"le XXè siècle se distinguait par le fait que ce crime est commis de sang froid, sur ordre donné délibérément par les détenteurs d'un pouvoir politique despotique et que ses auteurs emploient toutes les ressources de la

 

 

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technologie et de l'organisation actuelles pour exécuter complètement et systématiquement leurs plans meurtriers. L'aberration nazie n'est malheureusement pas le seul cas de génocide au XXè siècle. On peut rappeler aussi le massacre des Hereros en 1904 par les Allemands, le massacre des Arméniens par les Ottomans en 1915-1916, le pogrom ukrainien de 1919 contre les Juifs, le massacre des Hutus par les Tutsi au Burundi en 1965 et en 1972... Le groupe des victimes peut en fait être soit minoritaire, soit majoritaire dans un pays; ainsi les Hutu du Burundi".

Le même rapport s'interroge plus loin si le génocide sélectif commis au Burundi est fondamentalement d'inspiration politique ou d'inspiration ethnique.Tels sont les termes du rapport onusien sur les massacres des hutu en 1965.

Mais pour le cas d'espèce, il est déplorable qu'à ce jour, aucun rapport d'expertise internationale ou aucune étude scientifique systématique n'ait été menée. Ses auteurs ont su manipuler à leur profit la communauté internationale. Le Conseil de Sécurité de l'Organisation des nations Unies devrait être conséquent avec lui même et mettre sur pied un Tribunal Pénal International pour punir les auteurs de ce génocide et de ces crimes contre l'humanité.

 

II. Phases préparatoires du génocide de 1965

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2.1. La planification

Le génocide des hutu de 1965 n'a pas été un fait du hasard. Il a été minutieusement préparé et longuement mûri. Selon ses concepteurs, il ne s'agissait nullement de pure haine mortelle envers les hutu. L'objectif visé était l'accaparement et la monopolisation du pouvoir au profit d'un clan, et d'une région. Même certains tutsi ont été abusés face à ce plan, car le péril hutu n'était finalement qu'un alibi. Les obstacles majeurs à la réalisation de cette ambition était de deux ordres. D'abord la vieille monarchie sacrée, séculaire et héréditaire au pouvoir; ensuite les élites hutu qui revendiquaient l'instauration d'un système démocratique. Le planificateur devait déployer sa stratégie pour enrayer ces deux obstacles.

 

2.1.1. Le renversement de la monarchie | MENU

Le renversement de la monarchie par l'armée du capitaine Michel Micombero a été effectif en novembre 1966. La matérialisation de l'acte a largement bénéficié des conditions offertes par le massacre des élites hutu une année plutôt. Ce renversement avait été préparé de longue date par des campagnes politiques et médiatiques, ainsi que par de multiples complots.

a. Un courant anti-monarchiste sciemment entretenu | MENU

Le courant anti-monarchiste était vivace dans les milieux intellectuels tutsi, " la jeune classe bureaucratique". La Jeunesse Nationaliste Rwagasore (JNR), dès sa création par de jeunes turcs hima, Prime Niyongabo et Gilles Bimazubute était résolument anti-monarchiste et son affiliation à l'UPRONA a été précédée d'âpres négociations à cause de son radicalisme sur la question. A côté de la JNR, les divers mouvements syndicaux issus de ces mêmes milieux se ralliaient à cette idéologie. C'est le cas du SAAB (Syndicat des agents de l'administration du Burundi). Ce mouvement joua un rôle politique et syndical important. Dirigé par les premiers universitaire, il se convertit rapidement en un mouvement politique d'opposition à la monarchie à côté de la FTB (Fédération des Travailleurs du Burundi), de la JNR et de l'Uneba (l'Union des Etudiants Barundi). Ces organisations vont accréditer dans l'opinion le principe républicain. C'est d'abord l'Uneba qui, dans son congrès de 1963 tenu à Bujumbura, critiqua sévèrement l'institution monarchique et proposa de remplacer la devise du parti: Dieu, roi, patrie, par celle de unité, travail, progrès... Gilles Bimazubute comptait parmi les principaux idéologues de ce courant, s'exprimant dans les colonnes de la revue belge de gauche "Remarques africaines". Il ne cessait de vilipender la monarchie et de réclamer à cor et à cri l'avènement de la République La monarchie subissait plusieurs assauts en règle de la part des intellectuels tutsi notamment parce qu'elle ne se prêtait pas toujours à leur jeu. Cela a été vu lors de la première et de la deuxième nomination de feu Pierre Ngendandumwe à la primature. Des complots dirigés contre elle vont être déjoués à plusieurs reprises. L'ancien premier ministre Nyamoya Albin, à la suite de ses déboires politiques, s'impliquait à fonds dans ces complots. Le capitaine

 

 

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Albert Shibura avait fomenté, à 2 reprises, mais sans succès une jacquerie dirigée contre le mwami Mwambutsa, notamment en date du 11 octobre, et écopé d'une incarcération.

"Après les deux premiers coups de force manqués, les tutsi soupçonnés accusaient les hutu pour se décharger sur eux, mais surtout pour brouiller les pistes parce qu'ils savaient qu'ils préparaient un autre coup d'Etat qui visaient non seulement le renversement de la monarchie, mais aussi à l'extermination de l'élite hutu". En conclusion, non seulement l'autorité de la monarchie était profondément sapée, mais aussi, physiquement, la vie du roi Mwambutsa était constamment en danger. L'opinion sciemment répandue par ceux-là mêmes qui l'ont chassé du trône à leur profit, est qu'il était un roi illettré, irresponsable, aimant la vie facile et l'argent, raison qui expliquerait ses longs séjours à l'étranger. Mais à la lumière des événements, il craignait pour sa propre sécurité. Ainsi donc, affirmer qu'il y a eu une tentative de coup d'Etat anti-monarchiste de la part hutu relève d'une pure affabulation. Le roi Mwambutsa lui-même le reconnaît dans une interview accordée aux Remarques africaines en ces termes: "Les hutu de Muramvya en particulier qui me sont traditionnellement attachés - c'est parmi eux que se trouvent les gardiens séculaires des tambours royaux - se sont révoltés à l'annonce de l'attentat contre ma personne qu'ils ont attribué aux tutsi.... "

Peut-on dès lors prétendre être plus royaliste que le roi

Egalement lors de ce fameux coup d'Etat, le roi aurait été épargné par deux militaires hutu, à cause de croyances traditionnelles à en croire J. Ziégler: "deux officiers parvinrent néanmoins jusqu'aux appartements privés du roi, situés au premier étage du palais. Ils ouvrirent une porte et se trouvèrent nez à nez avec le roi. A la vue du mwami, les deux officiers baissèrent leurs armes et s'enfuirent saisis de terreur... " Cette assertion selon laquelle des militaires hutu ont refusé de plein gré l'élimination physique du roi est étayée par le sinistre Albert Shibura qui affirme que les commanditaires avaient interdit de tuer Mwambutsa, et que c'est vraisemblable, car les mutins qui gardaient le Mwami n'ont pas tiré sur lui. Mais seulement pour les planificateurs du coup d'Etat, il fallait imputer la responsabilité des faits aux hutu. Cela pour justifier aux yeux de la masse ignorante les massacres, car, dans la société traditionnelle, ceux qui attentaient à la vie du roi étaient dits "abamenja" et frappés de peine de mort sans autre.

 

b. La stratégie d'infiltration de la cour | MENU

 

Parallèlement à ces manoeuvres ci-haut décrites, le capitaine MICOMBERO et ses acolytes ont réussi brillamment à infiltrer la couronne pour la miner de l'intérieur.

"Pour gagner la confiance du roi Mwambutsa, Micombero est l'homme qui n'aurait pas hésité à vendre sa mère pour les besoins de cette cause. Complexé par son appartenance au clan hima, le plus honni de tous par la monarchie, Micombero sera poussé à tous les excès de zèle et comme dans tous les cursus d'aliénation auto-entretenue, Micombero se livrera à tous les excès imaginables en criminel conscient, en éternel frustré et parvenu qui veut prouver sa toute puissance...

A la cour périssante de Mwambutsa Bangiricenge, Micombero se fit plus que courtisan pour faire oublier ses origines hima: il se fit clown... A chacune des invitations qui lui ouvraient les portes de la cour, Micombero arrivait en tête d'un petit peloton et se livrait à un petit défilé démonstration avant d'aller saluer le roi mille courbettes à l'appui...

Les intrigues qui présidaient au contrôle du pouvoir se déroulaient ailleurs, derrière le roi, trop fainéant pour s'occuper des affaires de l'État. Il était devenu une simple marionnette. La clique à Micombero l'avait bien compris : Micombero épousera une nièce du roi Mwambutsa, tandis que son ami Shibura épousera la fille du très puissant Muhirwa, lui-même gendre du roi. Leur fulgurante ascension ne fut due ni au mérite personnel, ni à une quelconque loterie ... mais uniquement au succès du plan d'infiltration de la monarchie finissante pour la miner de l'intérieur"

En courtisan habile, avisé des traditions aristocratiques, Micombero' était parvenu à un rang comparable, si pas supérieur à celui des princes, comme en témoignent les extraits suivants d'une conversation entre lui et le souverain:

- "Tu es mon meilleur fils, bien que tu ne sois pas mon fils"

- "Si ce n'était votre majesté, je ne serais jamais arrivé là où je suis, moi qui ne suis pas prince et que bien des princes envient. Ma place ne tient qu'à voire ombre. Sans votre secours permanent, bien des jaloux m'auraient déjà écarté"

- "Mirombo (Micombero) mon fils, tu m'es plus précieux que nies propres princes qui dans l'échauffement général des esprits sont bien capables de profiter de toutes les occasions pour me piquer la place. Avec leur sang royal dans les veines, se croient déjà tout permis. "  

 

 

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Cette naïveté du souverain a été fatale à la monarchie. Alors que Micombero, selon ses propres termes maîtrisait la situation, il s'empressa d'exiler définitivement le roi, toujours sous des airs doucereux, rappelant le Renard et le Corbeau de LaFontaine: "Si votre majesté permet, je crois qu'il serait mieux de fuir au plus vite. Inutile d'exposer notre précieux roi... La barque vous attend sur le lac. De là, les Belges vous aideront jusqu'au Congo"

La partie était partiellement gagnée, car le premier ministre, le prince Bihumugani Léopold, une autre création politique de la monarchie, avait été grièvement blessé au cours des attaques et évacué d'urgence dans les hôpitaux d'Europe. Du coup également, Micombero accédait à un arsenal militaire important que le roi avait emmené et stocké au palais à son retour d'Europe, sentant son pouvoir chancelant. Dès lors, tous les moyens lui étaient assurés pour la poursuite de leur plan machiavélique.

 

2.1.2. L'élimination des élites hutu | MENU

 

Les élites hutu constituaient un obstacle de taille dans la course effrénée des extrémistes tutsi vers un pouvoir sans partage. Ces élites, issues d'une masse longtemps asservie, dominée, exploitée, humiliée aspiraient à l'instauration d'un régime démocratique. Ces revendications étaient incompatibles avec le plan du clan Muhirwa, Ntiruhwama, Micombero, Simbananiye et consorts. Pour ces derniers, toute solution passait par le rabotage de ces élites. Le premier ballon d'essai remonte à janvier 1962 avec les massacres de Kamenge qui ont décimé la direction des Syndicats Chrétiens et du Parti du Peuple (PP). Les assassinats de Monseigneur Gabriel Gihimbare, évêque auxiliaire de l'archevêché de Gitega en décembre 1964 et celui du premier ministre Pierre Ngendandumwe le 15 janvier 1965 sont à inscrire dans ce cadre. Par ailleurs, un climat de terreur, d'intimidation, d'exactions et d'assassinats ciblés étaient savamment entretenu, notamment par la puissante machine à tuer de la JNR. Un extrait de la conversation suivante est à ce sujet éloquent: "Tu sais, ça va de plus en plus mal. On en arrête de tous côtés. Souvent disparaissent. Famille sans nouvelles. Paraît que Simon a été retrouvé fou à la sortie de prison. Un petit flic l'avait ramassé chez lui sous prétexte qu'il faisait de la politique. L'ont torturé pendant que l'acolyte allait chez lui, piquer la radio et le pick up. Pire encore, Antoine qui s'était faufilé à l'intérieur pour faire sa propagande; une nuit où il se rendait chez un ami, des Jeunesses ont surgi d'un buisson, la lance à la main. Il avait l'habitude de passer par-là tout seul et ils ont dû l'y attendre. Le copain qui était resté à l'arrière pour pisser a eu le temps de filer quand il a entendu l'autre hurler et les coups pleuvoir. La nuit sont allés trouver la femme et lui ont remis les parties sexuelles du mari en disant que ça serve de leçons à tout les hutu qui feraient de la politique".

Le plan d'élimination des élites hutu a été initialement attribué au Premier Ministre André Muhirwa qui succède à ce poste au prince Louis Rwagasore assassiné le 13 octobre 1961. Sa nomination violait de manière flagrante la règle de jeu démocratique, tout simplement parce que l'ayant-droit, en l'occurrence Pierre Ngendandumwe était un hutu. Autour de Muhirwa, gravitaient des politiciens extrémistes qui travaillent sur ledit projet, dont Nicayenzi Zénon, secrétaire d'Etat à la Défense, Ntiruhwama Jean, ministre de l'intérieur, l'officier Shibura Albert, gendre du premier ministre pour ne citer que ceux-là. Selon des sources sérieuses, le plan visait l'exclusion des bahutu de tous les postes importants des rouages de l'Etat

Ce plan était devenu un secret de polichinelle. Pierre Ngendandumwe de son vivant en avait confié les termes à Gervais Nyangoma alors en poste de diplomate à New York: "Les tutsi se préparent à un vaste massacre de hutu. Des tracts anti-hutu circulent entre militaires et gendarmes tutsi. C'est toujours le vieux plan Mirwa(Muhirwa), le plan d'extermination des élites hutu. C'est le terrible Simba (Simbananiye) qui mène la danse. Tu vois vers quoi on marche          Nous sommes dans la merde et c'est pas drôle. En matière de planification macabre, Muhirwa n'apparaîtra qu'un apprenti-sorcier à côté du sinistre Artémon Simbananiye. Le témoignage de Nadine Nyangoma, une observatrice étrangère est très explicite à ce sujet: "Simba..., sous une lampe blême, dressait furibond, des listes de noms, alourdissant ainsi les rebords de son bureau de sinistres rouleaux bouclés... Le terrible Simba, collé à son bureau fatidique ne cessa d'oeuvrer à son plan machiavélique- Mirwa n'est qu'un bricoleur, un bête artisan, jugea-t-il avec mépris tandis qu'il étudiait le vieux projet d'extermination des élites hutu. Ça ne sait pas travailler en grand, ça a beau avoir le sang royal, tout ça, c'est de la vieille école. On n'en ferait plus de pareille de nos jours. Et cet assassinat des syndicalistes! Une paille dans la brousse! C'est aussi bête que de couper la tête de la mauvaise herbe sans même tirer sur les racines. Non, c'est du travail systématique qu'il nous faut, et qu'on ne les entende plus râler... Pendant qu'il rêvait ainsi, il prenait du ventre, son nez s'allongeait jusque sur son papier qui buvait

 

 

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beaucoup de sang hutu et qu'il pouvait ainsi humer avec plaisir. Ainsi, le plan était implacablement tracé; l'encre s'agitait fiévreusement, le tout se colorant d'armes, de souffrances et de sang. Ça ne lui suffisait bientôt plus de penser qu'un hutu de 25 ou 30 ans pouvait être un ennemi, un cadre pour rebelles, car, il venait génialement de découvrir qu'un enfant de 12 ans pouvait dans 10 ans être déjà un ennemi à abattre et que par conséquent, les premiers nettoyages devraient être bientôt être suivi d'un plus profond travail si l'on veut éviter qu'un jour les fils des pères ne deviennent comme les pères"

Des listes des cibles hutu avaient été établis de longue date. Elles étaient régulièrement mises à jour tant au niveau de l'armée, que de l'administration centrale et territoriale. Certains tutsi s'en vantaient et les brandissaient à la barbe et au nez des hutu. Le plan d'extermination était établi pour chaque province. Ainsi, pour la seule province de Bujumbura la plus importante, le nombre de hutu à liquider s'établissait à près de 1500. Et lors des purges, pour chaque hutu tué en prison ou en dehors de la prison, le procureur du roi, Ndabakwaje, faisait établir un simple rapport et tenait une comptabilité des hutu déjà tués et de ceux qu'il restait à liquider.

 

2.1.3. La consolidation du capitaine Michel Micombero | MENU

 

Le capitaine Michel Micombero n'a pas seulement joué un rôle capital dans l'exécution des massacres des élites hutu, mais également dans leur planification. On l'a déjà vu avec sa stratégie d'infiltration de la cour. Nommé Secrétaire d'Etat à la Défense Nationale dans le premier gouvernement Ngendandumwe en date du 18 juin 1963, à l'âge de 23 ans, le jeune officier, muhima de surcroît ne va rater aucune occasion pour consolider ses positions. L'arrêté royal no 001/388 du 17 février 1964 portant organisation de l'armée nationale dépouille la gendarmerie d'une partie de sa mission en temps de paix et la subordonne à l'armée en tant de crise: Art.2 L'armée nationale a pour mission principale la défense de l'intégrité du territoire et comme mission secondaire le maintien et l'établissement de l'ordre public.

Art. 3 Le secrétaire d'Etat est chargé de l'organisation générale et de l'administration de l'armée nationale Art. 7Lorsque la gendarmerie et l'armée sont appelés, à intervenir ensemble, le roi désigne un chef responsable pour coordonner l'action des 2 forces. A défaut de désignation, la direction des opérations incombe aux autorités militaires.

Art. 8 En temps de guerre la Gendarmerie est placée sous l'autorité directe de l'armée.

Le capitaine Michel Micombero exerçait de fait une mainmise totale sur l'armée, et une mainmise partielle sur la gendarmerie. D'après de nombreuses analyses, cette expérience lui a permis de se rendre compte des possibilités dont il disposait pour s'emparer définitivement du pouvoir. Il créa à la cour royale une sorte de cour parallèle composée essentiellement de tutsi hima. Toutefois, deux grands obstacles se dressaient encore devant lui, à savoir la monarchie qui jouissait encore d'une grande popularité et les hutu numériquement majoritaires. Micombero et son entourage allaient consacrer leurs efforts à la suppression de ces deux obstacles. 1965 était pressentie comme une année décisive. Ainsi dès le mois de janvier, on observe la mise en place d'un dispositif de crise: Micombero place la gendarmerie sous ses ordres en faisant édicter l'arrêté royal no 001/614 du 23 janvier 1965 fixant les responsabilités en cas d'intervention combinée de la gendarmerie et de l'armée nationale: Article unique: les autorités militaires sont responsables des opérations lorsque la gendarmerie et l'armée nationale sont appelés à intervenir ensemble lors des événements susceptibles de compromettre sérieusement l'ordre public ou lors des troubles graves et généralisés

Deux mois après, il procède à une mobilisation générale de l'armée en promulguant l'arrêté royal no 001/648 du 6 mars 1965 portant rappel sous les armes des militaires en congé illimité: Articlel Les militaires en congé illimité sont appelés sous les armes pour une durée indéterminée. Article 2 Sont visés par le présent arrêté les militaires ayant quitté le service actif en 1963 et 1964 Toutes ces mesures n'étaient pas prises au hasard. Elles seront parachevées par l'arrêté royal no 001/768 du 10 septembre 1965 portant nomination d'Artémon SIMBANANIYE au poste de Secrétaire d'Etat à la Justice. Ce dernier mettra en place, le 20 octobre 1965, un dispositif juridique pour permettre des condamnations arbitraires et expéditives.

 

2.2. Le levier des élections du 10 mai 1965 | MENU

 

2.2.1. Le verdict des urnes

 

En date du 10 mai 1965, des élections législatives ont été organisées à travers tout le pays. Ces élections ont

 

 

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été gagnées par le parti UPRONA avec 21 députés sur les 33 et 12 sénateurs sur 16. Le Parti du Peuple PP, malgré l'hécatombe subie en janvier 1962 avait pu reconstituer ses états-majors et enlever 10 sièges. En termes ethniques, les hutu ont obtenu 23 sièges, dont 13 au sein de l'Uprona et les 10 du PP. Au niveau du Sénat, les hutu sont au nombre de 10 sur 16. 

 

Liste des députés élus

 

Nom + Prénom Circonscription Parti Ethnie  

1.Mbazumutima -Cibitoke -PP -Hutu 

2.Nyanguhira Etienne -Bubanza-Indép.Hutu 

3.Baredetse André-Kabezi-Uprona-Hutu 

4.Karabagega Thimothée-Isale-Uprona-Hutu 

5.Mirerekano Paul-Bujumbura-Uprona-Hutu 

6.Gahurura Emmanuel-Cankuzo-Uprona-Tutsi 

7.Mukoma Constance-Ruyigi-Uprona-Hutu 

8.Ntahondi Jacques-Rutana-PP-Hutu 

9.Nyabisha Eustache-Ngozi-Uprona-Hutu

10.Maderere Balthazar-Mubuga-Uprona-Tutsi 

11.Mukasa Joseph-Kanyinya-Uprona-Tutsi 

12.Nyamoya Albin -Muyinga-Uprona-Tutsi 

13.Gasimbo Sophonie-Buhiga-Uprona-Hutu

14.Ribakare Ildephonse-Giheta-Uprona-Tutsi

15.Nkenyereye André-Karuzi-PP-Hutu

16.Ntayera Antoine-Bugendana-Uprona-Tutsi

17.Kanse Joseph-Gitega-Indép.Hutu 

18.Bucumi Emile-Makebuko-Uprona-Hutu

19.Bazahica Tito-Bukirasazi-PP- Hutu 

20.Mbonankize Zacharie -Kuntega-Uprona-Hutu 

21.Mbanzamihigo Charles-Busiga-Uprona-Tutsi 

22.Mbarushimana Philippe-Ijene-PP-Hutu 

23.Mayondo Patrice-Kayanza-PP-Hutu 

24.Bihunguye Patrice-Gahombo-Uprona-Tutsi 

25.Ndikumagenge Salvator-Rango-Uprona-Tutsi 

26.Nzobaza Mathias-Muramvya-Uprona-Hutu 

27.Baramburiye Jean-Makamba-PP-Hutu 

28.Ntiyankumwe Simon-Nyanza-Lac-PP-Hutu 

29.Hakiza Ephrem-Bururi-PP-Hutu 

30.Benyaguje Emile-Kiganda-Uprona-Hutu 

31.Ntagwarara Antoine-Mwaro-Uprona-Tutsi 

32.Bavakure Wilson-Matana-PP-Hutu 

33.Biyorero Ezéchias-Rumonge-Uprona-Hutu 

 

Les sénateurs élus

1.Bararyimare Pie-Bubanza-Uprona-Hutu 

2.Ndimanya Ignace-Bujumbura-Uprona-Hutu

3.Cimpaye Michel-Gitega-Uprona-Hutu 

4.Bamina Joseph-Muramvya-Uprona-Hutu 

5.Baribwami Sylvestre-Bururi-Uprona-Hutu 

6.Bankumuhari Valentin-Ngozi-Uprona-Tutsi 

7.Nkinziyinka Aloys-Muyinga-Uprona-Hutu 

8.Nteyamanga Jean-Ruyigi-Uprona-Hutu

 

Les sénateurs désignés par cooptation  

1.Muhirwa André Tutsi

2.Muhakwanke Mathieu-Hutu 

3.Nuwinkware P. Claver-Hutu 

4.Siniremenra Appolinaire-Hutu

 

 

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Les sénateurs désignés par le roi  

1.Nkeshimana Gaspard Tutsi 

2.Bigumaguma JosephTutsi 

3.Bankanuriye Pascal Hutu

4.Binyagaga-Tutsi

 

2.2.2. Commentaire des résultats | MENU

 

Les élections du 10 mai ont été une victoire pour la démocratie. Elles se sont déroulées dans un climat serein en dépit de la mémoire fraîche de l'assassinat du Premier Ministre hutu Pierre Ngendandumwe. Des observateurs et acteurs objectifs ont parlé de victoire populaire, de vote exemplaire. Telle est l'appréciation du Ministre des Affaires Etrangères et du Commerce Extérieur de l'époque: 'A mon avis..., le peuple murundi vota pour l'unité. En effet, c'est l'Uprona, le parti de l'unité qui fut vainqueur. Il obtint 23 sièges sur 33, soit 73 %. Et 12 sièges sur 15 au Sénat, soit 80%. Quant aux tutsi, ils avaient 30% à la chambre et 40% au sénat. Sur les dix sièges enlevés par les indépendants, il n'' avait pas un seul tutsi, et ce, pour une raison bien précise: les tutsi s'étaient tous présentés sous la bannière de l'uprona. Les indépendants étaient plutôt issus de l'ancien parti hutu, le parti du peuple, balayé par l'Uprona lors des élections de septembre 1961. Notons qu'aucune circonscription électorale ne comptait une majorité absolue de tutsi, ce qui revient à dire que les 10 députés tutsi avaient été par une majorité hutu. Certains furent même élus avec 80% des suffrages. D'autre part, dans certaines circonscriptions à forte population tutsi, des députés hutu remportèrent un nombre impressionnant de voix".

 

2.3. Réactions contrastées

2.3.1. Dans les milieux tutsi | MENU

a. Stupéfaction totale

 

Malgré la clarté et l'évidencedes résultats, les extrémistes tutsi furent stupéfaits. Pour ces derniers, la campagne ayant été ethnisée, les résultats ne pouvaient n'être que ethniques. Et dans la logique des choses, ces résultats furent jugés inacceptables, car, les hutu, composante majoritaire de la population burundaise (85%) réduite à un asservissement séculaire, ont eu le plus grand nombre de sièges! Ainsi a pu s'exclamer un contemporain des événements, pourtant réputé en d'autres circonstances pour son objectivité: "Le résultat est stupéfiant: sur les 33 sièges à pourvoir (on a décidé de réduire de moitié le nombre de parlementaires pour mieux les contrôler), 23 sont hutu et 10 seulement sont tutsi! Vingt-trois députés hutu et 10 tutsi seulement! C'est un crime cela... Le peuple burundais vient de commettre un crime collectif et il ne tardera pas à le payer cher. Thaddée