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Pretoria veut mettre les « chiens de guerre » hors la loi
De plus en plus embarassé par les activitées d' Executive Outcomes en Afrique centrale, le gouvernement de Nelson Mandela prépare une loi
antimercenaire.
JOHANNESBURG:
Caroline DUMAY, Le FIGARO
9 Janvier 1997
Les mercenaires sud-africains vont-ils être bientôt interdits de séjour dans leur propre pays ? Les dernières informations accusant certains ex-soldats de l'Apartheid de voler et au secours des pays d'Afrique centrale inquiètent les autorités de Pretoria. De plus en plus embarrassé par les contrats d'Executive Outcomes, une compagnie de sécurité basée à Pretoria, le gouvernement de Nelson Mandela finalise à la
hâte une loi antimercenaire.
- Nous accueillerons avec plaisir cette nouvelle législation », s'était empressé de préciser Exécutive Outcomes, en apprenant le mois dernier la nouvelle. Si leurs interventions en Angola ou en Sierra Leone sont un secret de polichinelle, les responsables sud-africains affirment toujours ne pas se sentir concernés. Ils répètent saris sourciller qu'ils ne sont pas des mercenaires: mais des - professionnels de la guerre ». Et ils assurent, par-dessus tout, qu'ils travaillent dans la plus grande légalité, en accord avec les gouvernements africains en place.
La nouvelle loi antimercenaire sera pourtant directement dirigée contre eux. Mi-décembre, le Comité national de contrôle des armes conventionnelles (NCACC) se déclarait « extrêmement
préoccupé - par les rapports faisant état de la présence de Sud-africains dans la région des Grands Lacs. L'élaboration d'un texte visant à contrôler les actions d'une compagnie qui aurait gagné plus de 50 millions de dollars US l'an dernier a donc été confiée aux services secrets du département du NIS (National Intelligence Service).
Marché avec l'ANC
L'affaire est d'autant plus délicate que les services secrets du gouvernement de Nelson Mandela auraient jadis couvert les activités de la firme de Pretoria. Des rumeurs font état d'un accord passé quelques mois avant les élections multiraciales de 1994. L'ANC (Congrès national africain) fermait les yeuy sur les activités
d'Executive Outcomes, en échange de quoi les éléments les plus radicaux du régime blanc s'exportaient sur le reste du continent. A l'époque, mieux valait les avoir ' à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur du pays.
Quels qu'aient été les arrangements du passé, la lune de miel est terminée: La guerre entre Executive Outcomes et les services de l'ANC est désormais déclarée. Executive Outcomes affirmait, hier, qu'une « campagne de désinformation » les Impliquant au
Zaïre aurait été directement orchestrée par les renseignements militaires sud-africains, ainsi que par le ministère des Affaires étrangères. La compagnie sud-africaine demande qu'une enquête soit ouverte.
En attendant, le projet de loi antimercenaire a été transmis au comité parlementaire. Il devrait être présenté début février à l'Assemblée nationale. Si le texte est adopté, toute compagnie de sécurité offrant ses services à des gouvernements étrangers devra obtenir, à l'avenir, l'approbation du ministère de la Défense sud-africain. C. D.
@AGNews
2002
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