|
La "Gangrène" touche les
Droits de l'Homme au Burundi
AGNEWS
04 /09/2003
Diallo A. Moussa , N.Y.
Voir Critique
formulée envers la ligue ITEKA
M.
PIE NTAKARUTIMANA est président de la Ligue ITEKA depuis le 24 octobre 1999.
Alors que les camps
de concentrations pillulaient au Burundi (Près de 800 000 citoyens
Burundais enfermés ), ce dernier n'a fait que soutenir à demi mot le régime
qui était en place. Il faudra qu'il répond un jour de son action.
Lors des massacres d' ITABA, la
Ligue ITEKA s'est contenté de reprendre la version gouvernementale en disant
qu'il ne s'agissait que d ' "un acte isolé". Par contre ,
concernant les réfugiés tutsis congolais, la Ligue a accusé
ouvertement le gouvernement: "ITEKA est indignée par l'attitude
de l'Etat burundais" à la suite des "mauvais traitements infligés
aux réfugiés congolais de la communauté des Banyamulenge", a déclaré
à l'AFP le président de la ligue, Pie Ntakarutimana
Pendant que les organisations des
Droits de l' Homme tels Human Right watch ou Amnesty International s'interroge
sur les mouvements extrémistes que sont PA AMASEKANYA et
AC Génocide , la Ligue s'est toujours donné pour devoir de les faire
passer comme des organisations victimes : La
liberté d'opinion a été également mise à mal. Les personnes ou les groupes
qui expriment des opinions opposées aux thèses officielles sont
régulièrement inquiétés. Ainsi, les membres, les sympathisantset les
dirigeants des associations PAAMASEKANYA et AC Génocide sont régulièrement
interpellés par la Documentation nationale et la gendarmerie parce qu'ils
s'inscrivent dans une dynamique contraire à l'accord d'Arusha principalement
sur les questions de l'impunité des actes de génocide
perpétrés contre les Tutsi principalement à la fin de l'année 93.
Lorsque certains se battent pour
un système "juste" d'autres plus vicieux se contentent, en
dénonçant partiellement le système dont ils font parti, de désinformer la
communauté internationale. C'est très grave !
Pour vous montrer la pertinence
de nos dires, prenons deux exemples :
(1) Faites
"Find" dans le
rapport sur la situation des droits de l'homme Burundi, RDC et Rwanda Années
2000 - 2001 et recherchez les mots "camps de
regroupement". Vous comprendrez notre étonnement pour un rapport des
Droits de l' Homme de la région. Sachant qu'à ce moment près
de 10 % de la population Burundaise étaient affectés par les camps de
concentrations. Heureusement que Mandela était là.
(2) Un autre exemple ,
le rapport 2003 de HRW qui s'inspire aujourd'hui des rapports d'ITEKA.
Voici ce que l'on retient des massacres d'ITABA : "Lors du pire
accrochage impliquant des civils, les soldats burundais ont tué en septembre
au moins 173 civils dans la commune d'Itaba, province de Gitega, lors de
combats contre les FDD." Ce qui est faux. Selon les habitants
d'ITABA, les FDD n'étaient pas là.
En conclusion, les militants
des Droits de l'Homme au Burundi doivent réellement se mobiliser et pas laisser
la place aux fils et filles du système pour plagier ce que devrait être
la Société Civile du Pays.
(D.A.M. AGNEWS 2003)
LIRE AUSSI POUR APPROFONDIRE LE
SUJET :
Une
drôle de société civile ...
Qu'est ce que le LDGL ? (Statuts modifié en 1998 à Bujumbura)
La LDGL est
née le 30 mai 1993, sur l’initiative de 22 ONGs œuvrant en matière des
Droits de l'Homme et du développement au Burundi, au Rwanda et en RDC.
M.Christophe Sebudandi (ex-président de la LIGUE ITEKA, du LDGL et président
de l'OAG (observatoire de l'action gouvernementale) ') est un Homme
très proche du Régime. C'est un Homme clé pour tout ce qui concerne les
Droits de L'Homme (Humanitaire, société civile ...)
Les places de dirigeants de Ligue des Droits de l'Homme sont stratégiques
pour un gouverment surtout inspiré de pratiques dictatoriales. Lorsque le Régime
Buyoya II accepte la reconduction (Fév.1997) de M. Christophe Sebudandi ,
à la tête de la ligue ITEKA, c'est qu'il en a reçu l'assurance.
Lors de sa présidence à la Ligue ITEKA (entre 1996 et 2000) aucune critique précise
ne va être portée sur l' action du Gouvernement (Buyoya II) issue du
Putch de 1996. Les violations des Droits de l'Homme par contre ont fusé du côté
de la rebellion Burundaise. Pendant, le régime Buyoya II, près de 800 000
citoyens Burundais vont être déporter dans des camps de regroupement avec
comme seul tord d'être soupçonnés de soutenir la rebellion Burundaise. Oui !
Près de 10% de la Population du Burundi. Si on scrute de très près les
communiqués des Ligues ITEKA et LDGL dont il présidera (? Cumul des mandats
?) pendant cette période, "rien de concrêt" ne transparait à
propos de ces camps. En 2000, le LDGL s'est vu contraint d'en parler car une réelle
pression internationale des ligues des Droits de l'hommes est apparue. Par
exemple : RAPPORT SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME DANS LA REGION DES
GRANDS LACS : BURUNDI, RDC, RWANDA 1999 paru en juin 2000. On évoque ce crime
contre l'Humanité imputé au Gouvernement Buyoya II (1996-2001) :
"L’accroissement de la pression militaire autour de Bujumbura a
amené les autorités militaires à recourir à la politique de regroupement des
populations civiles de la province de Bujumbura rural, considérée comme un
milieu favorable d’évolution, de soutien et d’approvisionnement de la rébellion.
En tout, environ 300.000 personnes ont été regroupées dans des camps de
fortune. Dans de telles conditions de nombreuses personnes surtout les plus vulnérables
sont décédées alors que d’autres ont vu leur condition physique se dégrader
considérablement. La pression de certaines organisations locales et
internationales a conduit les autorités à envisager le démantèlement
progressif des camps. (juin 2000)".
Les effets de la politique de regroupement sont les camps de
regroupement ou de concentration de citoyens Burundais.
Voici un
extrait d'une déclaration commune de la ligue ITEKA et LDGL (Novembre 2001) :
3. La LDGL et la Ligue ITEKA sont affligées par les déplacements massifs de
la population et les souffrances humaines que ces troubles occasionnent une fois
de plus. Ils prouvent encore une fois que le regroupement et le déplacement
de la population ne peuvent que s'aggraver par la poursuite de la guerre et
le démantèlement des sites de regroupés et de déplacés ne peut être
une condition préalable posée par un belligérant quelconque pour arrêter
la guerre. Les deux ligues appellent le Gouvernement burundais et tout
intervenant humanitaire qui en a les moyens à venir en aide urgente à ce
nouveau flot de sinistrés.
M.Christophe
Sebudandi (pour le LDGL) milite en faveur du Gouvernement. Il justifie en
quelque sorte l'action du gouvernement concernant la politique
de regroupement que Buyoya a instaurée en 1996. Pour lui, en tant
de guerre, c'est normale qu'il y ait "des regroupements de
population", politique tant décriée au niveau international. C'est étonnant
pour un militant des Droits de l'Homme ! Tout en réfutant d'une manière catégorique
l'une des revendications de la rebellion pour commencer les négociations - le démantèlement
des camps de concentration (camps de regroupement de citoyens Burundais
HUTU) - , M.Christophe Sebudandi pense que le regroupement et le déplacement
de la population sont dus à la guerre. Si on le comprend bien, si on arrête la
guerre, il n'y aura plus de déplacés ni de regroupés. Mais le problème est
que pour arrêter la guerre, il faut des négociations entre les belligérants.
Dans cette déclaration commune avec ITEKA, M.Christophe Sebudandi (pour
le LDGL) s'oppose à la demande préalable des rebelles pour commencer les négociations.
En d'autres termes, M.Christophe Sebudandi demande au
gouvernement de poursuivre sa politique et de venir en aide aux sinistrés.
Oui ! Nous avons une Société Civile malade au Burundi. Tant
qu'elle restera l' outil d'un système anti-démocratique tourné autour
d'intérêts tribaux, ce sera difficile d'en arriver un jour à la démocratie.
(B.L. AGNEWS
2003 )
AGNews
2003
|