Le mois d'avril au Burundi est très
intéressant pour se rendre compte de l'état réel de la société civile
burundaise. Depuis près de 40 ans, la population burundaise n'a toujours pas
pu faire le deuil de ces morts durant les différentes tragédies qu'a vécu le
pays (*).
L'émergence d'une société civile, digne
de ce nom, aurait tendance à montrer une prise en main civile de cette
question, d'une importance capitale, afin de soulager cette société burundaise
meurtrie, et la sortir , une fois pour toute, des crocs des
politiciens toujours avides de calculs indéfinis .
Mais lorsque l'on fait le bilan de ce que
font les RADIO (les journalistes en général) et les grandes
organisations civiles autour de ce mois, c'est la déception totale.
Souvent même au contraire, ces associations civiles préfèrent même
poursuivre à aider "à la frustration" de la population en accordant par
exemple la parole à des personnages extrêmes et ethnistes appartenant à
des structures tels le PA AMASEKANYA ou AC GENOCIDE. Ou encore
plus grave, on ne parle de rien ! Le déphasage avec la population est
considérable.
En effet entre 1996 et 1997, pendant
l'embargo régional sur le Burundi après le Putsch militaire de BUYOYA et la
période de la politique des camps de regroupement destinée aux populations
Hutu du Burundi (*), la Communauté Internationale ( ONU - USAID - EU ... )
a financé énormément l'émergence d'une société civile burundaise en s'appuyant
sur les enfants des dignitaires d'alors, contrôlant le Pouvoir depuis près de
40 ans.
Ainsi, toutes les Radio, les
syndicats et les divers associations civiles actuelles sont à majorité
aux mains d'un courant politique très proche de l'ancien parti unique UPRONA.
L'avantage est considérable. Ce réseau
fait la pluie et le beau temps sur les nouvelles au Burundi. Les
réseaux internationaux des journalistes et des droits de l'homme sont à
leur merci !
Cette situation est frustrante pour le Pouvoir actuel au Burundi, car cette
société civile "visible" ne représente pas la société burundaise qui a donné
sa confiance à majorité au Parti politique vainqueur des élections en
2005.
Actuellement, on peut dire que
"cette société civile" - là est un opposant politique au gouvernement
burundais. Elle multiplie le noircissement des actions gouvernementales, en
lieu et place d'essayer de l'aider face aux grands défis aux quels
doit faire face le pays en cette période post conflit.
Mais cette situation ne devrait pas
perdurer ... C'est une des étapes ou épreuves démocratiques auxquels le
nouveau pouvoir burundais doit faire face.
Le constat est déjà fait. C'est un
premier grand pas !
Le gouvernement doit pouvoir, sous
forme de lois de "discrimination positive", encourager la population
burundaise "meurtrie" ou "silencieuse" à s'organiser en associations,
afin qu'elle puisse "dire" ou "s'exprimer". Un budget conséquent du
gouvernement doit aider à l'essor réel d'une société civile au Burundi.
AGNEWS
2006