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Pourquoi l'actuelle société civile burundaise  "visible",est en déphasage avec la population ?

 

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DAM.

N-Y,   30/04/2006
 


Le mois d'avril au Burundi est très intéressant pour se rendre compte de l'état réel de la société civile burundaise. Depuis près de 40 ans, la population burundaise n'a toujours pas pu faire le deuil de ces morts durant les différentes tragédies qu'a vécu le pays (*).

L'émergence d'une société civile, digne de ce nom, aurait tendance à montrer  une prise en main civile de cette question, d'une importance capitale, afin de soulager cette société burundaise meurtrie, et la sortir , une fois pour toute,  des crocs  des politiciens toujours avides de calculs indéfinis .

Mais lorsque l'on fait le bilan de ce que  font les RADIO (les journalistes en général)  et les grandes organisations civiles autour de ce mois, c'est la déception totale.  Souvent même au contraire, ces  associations civiles préfèrent même poursuivre à aider "à la frustration" de la population en accordant par exemple la parole à des personnages extrêmes et ethnistes  appartenant à des structures   tels le PA AMASEKANYA ou AC GENOCIDE. Ou encore plus grave, on ne parle de rien ! Le déphasage avec la population est considérable.

En effet entre 1996 et 1997, pendant l'embargo régional sur le Burundi après le Putsch militaire de BUYOYA et la période de la politique des camps de regroupement destinée aux populations  Hutu du Burundi (*), la Communauté Internationale ( ONU - USAID - EU ... ) a financé énormément l'émergence d'une société civile burundaise en s'appuyant  sur les enfants des dignitaires d'alors, contrôlant le Pouvoir depuis près de 40 ans.

Ainsi, toutes les Radio, les  syndicats  et les divers associations civiles actuelles sont à majorité aux mains d'un courant politique très proche de l'ancien parti unique UPRONA.

L'avantage est considérable. Ce réseau fait la pluie et le beau temps sur les nouvelles  au Burundi.  Les réseaux internationaux des journalistes et  des droits de l'homme sont à leur merci !

Cette situation est frustrante pour le Pouvoir actuel au Burundi, car cette société civile "visible" ne représente pas la société burundaise qui a donné sa confiance à majorité au Parti politique  vainqueur des élections en 2005.

Actuellement, on peut dire que  "cette société civile" - là est un opposant politique au gouvernement burundais. Elle multiplie le noircissement des actions gouvernementales, en lieu et place d'essayer de l'aider  face aux  grands défis aux quels doit faire face  le pays en cette  période post conflit.

Mais cette situation ne devrait pas perdurer ... C'est une des étapes  ou épreuves démocratiques auxquels le nouveau pouvoir burundais doit faire face.

Le constat est déjà fait.  C'est un premier grand pas !

Le  gouvernement doit pouvoir, sous forme de lois de "discrimination positive", encourager  la population burundaise "meurtrie" ou "silencieuse"  à s'organiser en associations, afin qu'elle puisse "dire" ou "s'exprimer".  Un budget conséquent du gouvernement doit aider à l'essor  réel d'une société civile au Burundi.

 

AGNEWS 2006

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