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Plus de 6000 personnes BURUNDI
tuées, depuis le coup d'Etat, d'après Amnesty
Le Peuple, 23
Août 1996
Amnesty International /
Le Peuple
Plus de 6.000 personnes ont été tuées au
Burundi depuis le 'putsch du 25 juillet qui a porté au pouvoir l'ancien
prési-dent Pierre Buyoya, a affirmé jeudi l'organisation de défense des droits
de l'Homme Amnesty International.. Des
informations détaillées sur de graves abus des droits de l'Hom me montrent que
les promesses des nouveaux leaders de mettre fin à la violence n'ont pas été
tenues», écrit Amnesty dans un communiqué.
Selon Amnesty, au moins 4.050 civils anonymes ont été enterrés après avoir été
exécutés sans jugement entre le 27 juillet et le 10 août par les forces
gouvernementales à Giheta, dans la province de Gitega. La plupart de ces
personnes ont été tuées «après que l'armée soit arrivée dans leurs villages,
ostensiblement pour obtenir des informations sur les déplacements des rebelles».
«Les soldats les rassemblaient ensuite et leur tiraient dessus, apparemment
après qu'ils aient nié avoir connaissance de l'endroit où se trouvaient les
rebelles», écrit l'organisation,
précisant que ce nombre de 4.050 ne comprend pas ceux qui ont été abattus ou se
sont noyés dans la rivière alors qu'ils tentaient de fuir.
Le même scénario s'est déroulé dans d'autres parties du pays, écrit Amnesty qui
affirme également que les forces gouvernementales ont perpétré des «massacres»
dans la capitale Bujumbura, ainsi que dans les provinces de Muramvya, Kayanza et
Cibitoke. L'organisation affirme que des exécutions extrajudiciaires ont aussi
fait 39 morts, dont 25 riziculteurs, à Carama et Tenga, tandis qu'à Rutegama,
des soldats et des étudiants ont tué plus de 200 personnes.. Au moins six
prisonniers attendant leur exécution dans la prison de Mpiniba, à Bujumbura, ont
été mis à l'isolement depuis le 9 août et «ils risquent d'être soumis à la
torture, et à d'autres formes de traitements cruels, inhumains et dégradants ou
d'être exécutés ces prochains jours», selon l'organisation qui se dit «également
inquiète d'informations selon lesquelles les deux forces armées du conflit
exécutent quasiment tous les combattants capturés». Amnesty cite encore le cas
d'un homme d'affaires hutu exécuté avec six membres de sa famille et d'une
trentaine de paysans qui ont «disparu» près de Bujumbura.
De plus « Les rapatriations forcées ont reprises». «Les forces gouvernementales
du Burundi utilisent torture et exécutions extra-judiciaires pour intimider les
réfugiés rwandais vivant dans les camps et les forcer à retourner au Rwanda»,
comme cela est arrivé dans le camp de Magara, selon Amnesty. «Le gouverneur de
la province de Kirundo aurait affirmé que le camp de réfugiés de Rukuramigabo,
où vivent 12.000 réfugiés.. serait «vidé» par l'armée d'ici le 22 ou 23 août»,
selon Amnesty.
@AGNews
2003
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