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PUTSCH - Nettoyage au sein de l'armée_
Burundi: militaires de premier plan
limogés
21 AOÛT
1996
ECHO
Depuis sa prise de.
pouvoir le 25 juillet dernier, le major Buyoya multiplie les actions tendant à
prouver à l'opinion internationale que son arrivée à la tête de l'Etat
burundais était la seule solution pour mettre fin à des mois de guerre civile.
Face à l'embargo décrété par les pays voisins du Burundi et à la condamnation du
coup d'Etat ' plus ou moins nettement exprimée par les capitales occidentales,
le major tente de convaincre. Hier, il a en tout cas pris une décision
spectaculaire et hautement symbolique. Il a en effet limogé trois hauts
responsables militaires. Pour être précis: les principaux responsables
militaires du pays.
Le porte-parole de Buyoya a annoncé la révocation du chef d'état-major de
l'armée, le tout-puissant colonel Jean Bikomagu, du patron de la gendarmerie, le
colonel Pascal Simbanduko, et du chef de la sécurité présidentielle, le colonel
Gédéon Fyiroko.
Ils sont remplacés respectivement par les lieutenants-colonels Vincent Niyungeko,
Georges Muhorako et Alfred Ngurunziza, tous tutsis comme leurs prédécesseurs.
«Compte tenu de la situation nouvelle, le Président a le droit de choisir ses
proches collaborateurs. Ce n'est pas une question de compétence ou
d'incompétence. Ces nominations montrent simplement que le chef de l'Etat a la
situation bien en mains», a expliqué le porte-parole, Jean-Luc Ndizeye.
Le limogeage de ces trois officiers apparaît comme un signe de bonne volonté de
Buyoya en direction des Etats de la région, qui ont décrété un embargo
commercial contre le Burundi pour protester contre le coup d'Etat du 25 juillet.
Les noms du colonel Jean Bikomagu ainsi que de plusieurs autres officiers
supérieurs sont cités dans un rapport des Nations unies sur l'assassinat en
octobre 1993 par l'armée, à dominante tutsie, du président Melchior Ndadaye,
Hutu et premier chef de l'Etat burundais démocratiquement
élu.
Selon des diplomates occidentaux. l'ancien chef d'état-major de l'armée a joué
un rôle central non seulement dans le coup d'Etat manqué d'octobre 1993, mais
aussi dans celui qui a ramené Pierre Buyoya
au pouvoir.
@AGNews
2003
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