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NOUVELLES DES REFUGIES BARUNDI (suite du
n°5)
Solidarité Burundi
Organe de presse de l'ASBL
Comité Solidarité Burundi
Rue des Platanes, 23
1040 Bruxelles
N°
6 NOVEMBRE 1977
TABARA a donc décidé depuis
1973 de déclencher un vaste mouvement de soutien et de solidarité Burundi pour
informer l'opinion nationale,africaine et internationale des problèmes
concernant le Burundi et son peuple.
Comme le disait M.Sadruddin Aga
Khan,Haut Commissaire des Nations-Unies
pour les Réfugiés en décembre 1973,il faut detruire le mythe selon
lequel il suffit aux gouverner cents de
s'en remettre au HCR ou l'ONU lorsqu'ils
se trouvent dans des situations embarrassantes lorsqu'ils ont ont des problèmes
de minorités ou des difficultés de politique intérieure ou extérieure."
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Les problèmes des réfugiés se
rapportant à des conflits internes au Burundi ont commencé à se faire sentir
il y a plus de 15 ans.
Le premier exode burundais date
de 1961 juste après l'assassinat du Prince Louis Rwagasore.L'exode devient
de plus en plus massif et mono-ethnique à partir de l'année suivante,avec
l'assassinat des syndicalistes chrétiens à Bujumbura,puis en 1965,après la
révolte des Hutu contre le Roi Mwambutsa IV.
Le dernier exode Hutu,dont
tout le monde se souvient encore,est celui de mai 1972.
Au printemps 1972, on a
tué.On a tué tous ceux qui auraient voulu lever la tête,on tué dans les
Universités, dans les écoles jusqu'au niveau de l'enseignement primaire. On
a tué dans l'administration du Ministre au petit employé." ( extrait du
dossier-Naufrage au Burundi-de la Ligue Belge pour
la Défense dés Droits de l'Homme,septembre 1972)
Ces massacres organisés et faits sous la
responsabilité des autorités judiciaires, militaires et politiques du
Burundi,ont causé la mort à plus de 150.000 personnes ( Hutu et Tutsi) et
l'exode de plus de 90.000 citoyens Barundi
vers les pays voisins du Burundi.
Ces événements n'ont amené à me rendre en
Tanzanie,au Rwanda et au Zaire pour y visiter less réfugiés Barundi.
Citant les différents facteurs qui
justifient la réticence de réfugiés pour ne pas reprendre le chemin du
Burundi, j'ai oublié de mentionner l'inquiétante déclaration du
représentant du Burundi faite à Genèse en 1973 au Comité exécutif du HCR.
Il a fait savoir au HCR que. son gouvernement
invitait les réfugiés à retourner au Burundi à condition de "vivre
en paix." Il a aussi remercié le HCR et les pays
d"asile qui ont transféré les réfugiés loin des frontières
burundaises... Les réfugiés aimeraient savoir ce qu'entendent par là les
autorites actuelles du Burundi que signifie vivre en paix?
Actuellement,la phase
d'urgence a passé.
Les réfugiés Barundi ont reçu de la part des
Gouvernements Rwandais, Zairois et Tanzaniens des terres fertiles, pour bâtir
et pour cultiver ? Cependant,les réfugiés sont désireux d'apléliorer leurs
conditions de vie. Ils se proposent de réaliser certaines choses pour
lesquelles ils m'ont demandé d'être leur interprète auprès des
comités de
soutien et de solidarité,des organisations politiques et organismes d'aide
internationale. Avant de proposer des projets concrets pouvant apporter une
amélioration des conditions de vie des réfugiés Barundi,voyons d' abord
comment ils vivent, comment ils sont installés et comment ils sont organisés.
Comme son nom l'indique " TABARA "
est un lieu d' étude,d' échanges d'idées
et constitue un moyen pour aider le Burundi et son peuple. Pour ce faire TABARA donnera,par l'intermeaiaire de son Comité National,des directives,des
manuels techniques qui manquent aux militant s;.établira des relations entre
ses différentes unités organiques-cellules, sections
et régions;fera connaître ses buts et les réalisations de ses différentes
unités organiques;fera apprécier sa lutte et sera l'instrument indispensable
pour chacun de ses militants. Il désire le plus rapidement possible arriver au
jour où tous les paysans cultivateurs et éleveurs de
bétails,ouvriers,étudiants et intellectuels qui composent son parti se posent
sérieusement cette question: ...
ACCUEIL ET INSTALLATION DES REFUGIES BARUNDI
TANZANIE:
Parmi les trois pays d'asile,la Tanzanie a
accueilli le plus grand nombre des réfugiés
La zone d'installation offerte par le
Gouvernement tanzanien en août 1972 est ULYANKULU ,situé à 75 Km au nord-ouest
de TABORA. A l'origine,Ulyankulu était prévu pour recevoir 16.000 personnes.
Finalement il a accueilli 33.000. habitants barundi venant du centre de KIBIRIZI,centre de transit situé dans la région de Kigoma prés
de la frontière burundaise.
La mise en oeuvre du projet d'implantation
rurale des réfugiés Barundi fut confiée au Service Chrétien
tanganyikais pour les réfugiés.
La première tâche fut l'amélioration de
l'état de la route qui relie Ulyankulu à
Tabora.C'est par cette route que le centre sera approvisionné en vivres et en
matériel.
Dès son installation,chaque famille reçoit 3
ha et demi de terre.La zone l'installatïon comprend 45 villages (Les 45 villages sont habités par des
réfugiés Barundi et des Tanzaniens.)dont la
population varie de 200 à 2.000 personnes selon la disponibilité de la terre
arable. Ulyankuiu est devenu la cinquième communauté de Tanzanie.
Au point de vue infrstructure,le centre
VUlyankulu possède un centre médical équipé,2 écoles en matériiau durable
accueillent 360 éléves du niveau primaire.
Les instituteurs sont tous des réfugiés
Barundi qui ont accompagné les paysans dans leur exode. Les cours se donnent en
SWAHILI,langue nationale de Tanzanie.Ces instituteurs sont intégrés dans les
cadres tanzaniens de l'éducation.
Ulyankulu n'étant pas assez grand pour
contenir tous les réfugiés Barundi il fut décidé en juillet 1973 d'ouvrir
une nouvelle zone d'installation pour 12.000 nouveaux réfugiés à KATUMBA.
Ktumba est situé à 27 Km au nord-est de
Mpanda,chef-lieu de district compris dans la région de Tahora,Ce dernier centre
a l'avantage de se situer sur une ligne de chemin de fer.
Après la phase d'urgence qui s'est achevée le
30 septembre 1973,le gouvernement tanzanien,le Haut Commissariat pour les
réfugiés .le Service Choëtien Tanganyikais pour les réfugiés et le
Programme Alimentaire Mondial ,se sont employés à développer À Katumba une
communauté agricole., Les M fugiés,maintenat,ne sont plus tributaires des
aides ou des rations fournies par ces organismes d'aide humanitairm ont ils
déjà leur récolte de manioc,de haricots,de nais et de sorghos.
ZAIRE:
Il n'y a pas eu d'accroissement sensible du
nombre de réfugiés Barundi au Zaire en 1973. Ceux qui étaient
arrivés dans la province du Kivu en 1972, ont trouvé provisoirement des
lopins de terre mis à leur disposition par les paysans locaux.
Les semences et les instruments
qu'utilisaient ces réfugiés provenaient du Catholic Relief Service.
La Croix Rouge n'est jam ais intervenus peur
des problèmes de certaines famillesClest ce qui explique peut-être pourquoi
la quantité des rations alimentaires reçues a étéiàiîlo dans cette
région où dès octobre 73 les distributions de vivres ont cessé.Et les
réfugiés ont été abandonné à leur propre sort.,
.Les organismes d'aide humanitaire estimaient
que,depuis les événements de mai 1972, la phase d'urgence était tait
dépassée et que chaque réfugié aurait
dû obtenir,de la part des autorités une
terre pour s'installer dêfinitivement.Cependant le Gouvement zairois
n'avait pas encore décidé du sort à réserver à ces
réfugiés venant du Burundi.
Le Gouvernement zairois répondait qu'il "
étudiait la possibilité d'incorporer les projets en faveur des réfugiés dans
ses plans de développement de la région du Kivu.
Mais en réalité,il ne s'agissait
pas de cela.
Les autorités zairoises n' entendaient pas d'une bonne oreille
l'idée de venir au secours aux "rebelles" congolais et aux Hutu
pourchassés du Burundi par l' armée
nationale appuyee par une compagnie
zairoise et par des pilotes d'hélicoptères français.
Pour justifier le fondement
de sa demande à MOBUTU d'intervenir directement au Burundi, Micombero
accusait les lex-mulelistes congolais d'avoir participé à la révolte des Hutu le 29 avril 1972:
"Ce serait trahir votre pays
et notre amitié que de "lui cacher la vérité.il
y a eu intervention de zairois 'Iqui ne sont peut-être plus recensés chez
vous;mais ils "ont été vus sur le champ de bataille et leur partici nte
1°pation est incostable,Vous savez que le Burundi abrite "plus de 50.000
zairois et que l'échange de populations entre nos deux pays
est considérable,particulière:ment "à travers le lac Tanganyika.Vous
êtes sans oublier non "plus qu'après leur défaite les troupes de Soumialot et de
Mulelé se sont fixés soit au Burundi ou en Tanzanie.
Croyez-vous que ces bandits ont depuis lors changé le "fusil d'épaule
pour devenir des citoyens honnêtes et
travailleurs.Croyez-vous qu'ils ont pu échapper aux "puissances qui
avaient armé leur bras contre votre pays ?"
Il a falu beaucoup de patience et de diplomatie
de la part du Haut Commissariat pour les réfugiés pour convaincre les a t
ri'e's zairoises de permettre a ces réfugiés Barundi au nombre de
35.000,ainsi qu'aux 20.000 nationaux
de s'installer.
RWANDA :
A la fin de 1972,4.000 Barundi se trouvaient au
Rwanda,pays où la terre est rare avec
une densité moyenne de 150 habitants au kilomètre carré.
RILIMA,site choisi par le Gouvernement
Rwandais à l'est de
Bugesera n' a pas pu absorber les 6000 nouveaux réfugiés arrivés
en mai 1973. D'autre part pour des raisons de sécurité,
le gouvernement Rwandais décidé de déplacer les réfugiés dans le nord est
du pays. Cette mesure faisait suite à
la demande du Gouvernement du Burundi et du HCR qui souhaitaient
l'installation des réfugiés à une grande distance de la frontière,
burundaise. L'action que la Croix Rouge avait entamée en faveur de ces réfugiés
fut suspendue.
Le partenaire opérationnel du HCR pour
l'installation des réfugiés Barundi dans le nouveau site de MUTAPA, est
l'AIDR, (Association Internationale pour le
Développement Rural). Son action avait pour but d'installer en République du
Rwanda, dans la région de MUTARA,en Préfecture de Byumba les
réfugiés déplacés de Rilima.Chaque semaine,par groupe de cinq cents
personnes, les réfugiés étaient transportés en camion jusqtat lieu de leur
nouvelle résidence. La phase d'établissement des réfugiés,phase supervisée
par l'AILR s'est terminée le 30 juin 1975.
A la requête du HCR, l'AIDR a également
retenu dans ce projet certaines actions, jugées viables par elle,actions
pouvant être incorporées dans la vie rwandaise,économiquerient justifiées et
n'engendrant pas,après le 30 juin 1975, de charge récurente trop lourde pour
le pays notamment une école primaire,un
dispensaire et une diffusion d'un élevage" basse cour.'
@AGNews
2003
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