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Pourquoi Edgar Mbanza en veut-il à Monseigneur NTAMWANA ?

 

Réaction/témoignage

 

18 Octobre 2002, AGNews


Le site Internet « in-burundi » a publié récemment un éditorial intitulé : « Simon NTAMWANA Jusqu’ où ira le prélat rebelle ? » Ce texte apparaît comme une menace à l ‘endroit de l’archevêque de Gitega Monseigneur Simon NTAMWANA . Il aurait mérité cela uniquement pour avoir dénoncé le massacre d’Itaba et l’avoir attribué à l’armée.

 

Pourtant le massacre d’ Itaba était connu de toutes les autorités militaires et civils comme beaucoup d’autres que commet l’armée de Buyoya en ce moment.  Mais personne n’ose élever la voie. Et pour cause, celui qui dénonce les crimes de guerre et de génocide de Buyoya et de son armée est gênant pour ce pouvoir. On ne peut plus énumérer les témoins gênants qui ont déjà été assassiné par l’armée de Buyoya . Même en son sein, les colonels Sibomana Lambert et Nzeyimana Dieudonné entre autres ont payé de leur vie le risque qu’ils représentaient de témoigner un jour sur l’assassinat du président Ndadaye et leur attitude de refus à cautionner cet acte de l’armée et les autres massacres que l’armée continuaient à opérer.

 

Il y a donc lieu de se poser des questions sur les motivations de notre confrère Edgar Mbanza en consacrant son temps et son énergie sur un tel éditorial. Que ceux qui en ont la réponse nous expliquent, cela nous permettra de comprendre le rôle de la presse dans cette guerre.

 

Nous pensons qu’il faut encourager Monseigneur Ntamwana et tous ceux qui peuvent faire entendre leur voix. Car l’armée burundaise qui massacre la population burundaise ; cela est une tradition du pays . Seulement les gens n’osent plus parler. Voyez comment on ose évoquer seulement maintenant les massacres de Kiganda et Rutegama du mois de juillet 2002. Quelle autorité du Burundi n’a pas été au courant la semaine même de ces massacres ? Il y a lieu de penser que toutes les autorités connaissaient presque en temps réel le cas des dizaines de pauvres citoyens rassemblés à Rutegama par l’armée soit disant pour organiser la vigilance et leur sécurité et qui ont été ensuite tous mitraillé sur ordre d’un officier qui commandait les opérations.  Sa décision aurait été motivé par la perte de beaucoup de ses éléments tombés dans une embuscade non loin de Mageyo le même jour. A ce moment on parlait de cinq cents rebelles tués par l’armée. Quelle étonnante confusion fait-on toujours entre les civils et les « rebelles »

 

Comment bien traiter une armée qui combat son peuple ? (A propos des articles de Simon Kururu : CRIMES DE GUERRE , CRIMES CONTRE L’HUMANITE AU BURUNDI : UNE INDIGNATION TARDIVE etITABA : CRIME PARTAGE Simon KURURU )

 

Dans son article Simon Kururu prête à l’armée Burundaise des qualités que justement nous ne lui reconnaissons pas, tels que le respect de la vie des civils et de leurs biens.  Quand j’ai demandé à quelqu’un dans Gitega rural quel était le moral de la population après ces évènements, il m’a répondu ce qui suit : « Même les personnes qui ont été nommée pour enquêter n’ont pas eu accès au site d’Itaba parce que l’armée le lui refuse. On nous dit qu’il faut fuir les rebelles quant ils passent chez nous, et quant on le fait, les militaires attendent que les rebelles s’éloignent, ensuite les militaires se livrent au pillage de nos biens, tu sais qu’ils ont des camions pour les charger ! Et quand nous voyons les convoies des militaires qui s’en vont avec nos biens ; alors nous pouvons rentrer chez nous pour mourir de faim et repartir à zéro, car ils prennent tout, jusqu’aux cahiers des élèves. Mais on se félicite de survivre ; car me dit-il la liste des gens tués par les militaires en dehors des combats et d’une manière la plus atroce est trop longue ; et de me rappeler l’histoire de Sophie. Sophie était en train de planter des patates dans la vallée avec ses filles quant les militaires sont passés par la route voisine en rentrant d’une bataille dans la commune de l’autre côté de la rivière. La population occupée aux champs a détallé en voyant les militaires. Ceux-ci ont débarqué des camions pour les poursuivre. Sophie en courant est tombé dans un faussé et les militaires l’ont rattrapé et fracassé le crane à l’aide de sa propre houe ! Il m’a aussi dit que pour éviter les affrontements avec les rebelles, les miliaires ont installés plusieurs jours sur la colline de Mweya  et lancé des dizaines de bombes dans la commune de Nyabiraba ; et d’ajouter que personne n’en parle comme si dans cette commune il n’y a pas de population civile, alors que quand les rebelles ont lancé des bombes sur Bujumbura tous le monde a crié au massacre?  Et pourquoi l’armée n’a pas demandé à la population urbaine de quitter Bujumbura  puisque la ville est régulièrement visitée par des rebelles ! »

 

Des milliers, des dizaines de milliers de gens qui ne sont pas des rebelles ont vu cette armée  burundaise à l’œuvre, ont vu ou vécu leurs exactions tuant en masse leurs proches , brûlant en masse des centaines de maisons de pauvres paysans et cela ne datte pas seulement de cette guerre. C’est pour cela que les rebelles existent aujourd’hui, et c’est pour cela que la population les soutient . Méritent-ils pour autant d’être massacrée comme cela se fait et se dit par l’armée et ses porte paroles ?

 

Effectivement comme le dit Simon Kururu «  L’armée burundaise opère sur un théâtre d’opération miné par la spécificité du conflit actuel » ; mais il aurait fallu clarifier cette spécificité qui est celle d’une guerre que mène une armée état contre son peuple.

 

Je voudrais pour terminer, renseigner Simon KURURU et ceux qui nous lisent, qu’en tant que militant du CNDD-FDD, la nouvelle direction du mouvement nous demande régulièrement de les renseigner chaque fois que nous prenons connaissance de mauvais comportement de notre armée envers le peuple afin d’enquêter et de sanctionner. Ils tiennent à ce que notre combat soit celui du peuple pour le peuple. Et la plupart des exactions que la presse comme In-burundi attribue à nos combattants en reprenant le discours de l’armée de Buyoya, se révèlent en fin d’enquêtes entièrement imputables à l’armée, et aux civils armées par elle. Avant donc de reprendre en écho les récits de votre armée, prenez le temps de les mettre en doute et de les vérifier. Demandez surtout aux victimes ; car les victimes eux, se trompent rarement sur l’identité de leurs bourreaux.

 

 

 

@AGNews 2002