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LES PARTIS
POLITIQUES ET LEUR RÔLE DANS UN ÉTAT DÉMOCRATIQUE
CONFERENCE-DEBAT
ET D’INFORMATION
(14
DECEMBRE 2002)
Par :
Honorable Jean-Marie SINDAYIGAYA
(Rue
Traversière 8, Bruxelles)
Organisateur :
Génération Afrique(ASBL/VZW)
« La
politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ;elle
exige par conséquence une action de contrainte ou d’illusion sur les
esprits…L’esprit politique finit toujours par être contraint de falsifier »
Paul
VALERY (L’obligation de mentir)
1.TERMINOLOGIE
1.1.politique
Etymologiquement
le mot « politique » vient de « polis » qui signifie
« cité » en grec. Ainsi megalopolis (qu’on devrait dire
normalement megapolis) signifie grande ville. Tout comme un megalomane
est celui qui a une trop grande gueule.
Ainsi
donc la politique est tout ce qui attrait à la vie collective dans la cité.
Quand quelqu’un va au marché acheter du poisson qu’il va cuire chez lui, il
ne fait pas de politique. Par contre quand tous les habitants d’un village ou
d’un quartier se réunissent régulièrement pour organiser la vie de la
collectivité ils font de la politique. C’est ainsi que les anciens
philosophes ont dit que l’homme « est un animal politique ».
Le
concept fondamental de base englobant notamment la politique est le moteur millénaire
de l’évolution humaine. L’être humain est un être social même s’il
n’est pas toujours sociable. Et quand bien même il ne choisirait pas de l’être
il le serait de par le fait que l’espèce humaine est la seule en prolifération
sur la planète Terre. L’être humain, par nécessité de survie et de progrès
hier et aujourd’hui par obligation, ne peut se déconnecter du reste de
l’espèce que ce soit au niveau de l’individu ou d’une entité humaine
quelle soit sa taille.
Aujourd’hui
tout citoyen de cette planète Terre fait de la politique qu’il le veuille ou
non. Quand on va élire et même si on vote blanc on fait de la politique
d’autant plus que dans certains pays aller aux urnes est une obligation
citoyenne inscrite dans la loi. Il y a des actes quotidiens qui sont des actes
politiques selon le sens que leur donne l’auteur. Payer les taxes et les impôts
est un acte hautement politique si l’auteur le perçoit comme une
participation à la gestion de la collectivité.
Dans
la Cité Grecque antique on se réunissait sur la place publique pour débattre
de diverses questions intéressant la collectivité. La politique, selon le
concept décrit en amont, est une activité humaine banale. La question est donc
de savoir comment ce vocable a pris la dimension actuelle selon laquelle faire
de la politique c’est se démarquer de l’être humain commun pour ne pas
dire de l’homme de la rue. En Afrique faire de la politique a même pris une
connotation péjorative. Est qualifié de politicien la personne qui tient un
langage non conventionnel. Les dictateurs traitent leurs opposants de
politiciens comme si eux ne faisaient pas de politique. Vous entendez alors des
intellectuels répéter à longueur de journée : « Moi je ne fais
pas de politique ». Uniquement pour ne pas s’attirer les foudres de
l’appareil dictatorial répressif. Pour les dictateurs et leurs acolytes
politicien et subversif sont deux synonymes.
1.2.Pensée
philosophique et idéologies politiques
Beaucoup
de philosophes ont marqué profondément l’humanité. De par le fait que leurs
idées donnaient des réponses à plusieurs des questions posées par un thème
donné elles ont été érigées en doctrines. Certaines de ces doctrines sont
dites doctrines politiques de par leur portée dans le domaine de
l’organisation des collectivités humaines de tailles variées et de leurs
relations[1].
Il est impossible de dresser une liste de tous ces philosophes. Cela est
d’ailleurs sans intérêt pour la simple raison que les Ecoles nées à la même
époque partaient d’un diagnostic presque similaire sur les lacunes des systèmes
existants mais divergeaient sur les origines de ces lacunes et par là les
concepts faussés dans leur perception et la manière de les remettre à leur
place dans les nouveaux systèmes préconisés.
Dans
un deuxième temps ces doctrines ont été utilisées en réduction par les
conquérants du pouvoir politique qui en ont tiré des fast food que sont
les idéologies politiques. Sachant bien le contexte qu’est celui de
l’exercice de la politique telle que l’appréhende Paul Valéry que nous
avons cité à la une de cet exposé. Ainsi des théories dialectiques ont été
désossées pour donner lieu aux idéologies qu’on reconnaît à leur
écriture se terminent par le fameux « isme ».
Ainsi
on a : le Platonisme, le Machiavélisme ; le capitalisme
et le Marxisme ; le Libéralisme, l’anarchisme, le fascisme
et le nazisme et des approches plus élitistes et moins connues du grand
public comme le fonctionnalisme, le systémisme, le structuralisme
et bien d’autres. Dernièrement on a vu surgir une nouvelle girafe dans ce décor :
le clérocratisme.
2.SYSTEMES
POLITIQUES : DE PLATON A NOS JOURS
Platon
(-427 à –347)
Né
d’une famille aristocratique à Athènes vers 427 avant Jésus Christ. Il a
rencontré Socrate en –407 et l’a côtoyé durant 8 ans jusqu’à la mort
du dernier, condamné pour impiété.
Platon
a fondé l’Académie en –397 où il enseigna durant près de 40 ans
jusqu’à sa mort vers –347. Ceux qui portent des grades académiques les
doivent donc à Platon.
Platon
est aussi le père de la République
(que les gouvernants burundais ignorent 2000 ans après) à laquelle il a
consacré toute une collection, le Livre VII, le plus connu, qui parle du fameux
mythe de la caverne. Dans
ce livre Platon tient un discours sur le gouvernement
des humains qui doit reposer sur la
vertu qu’il entreprend alors à décrire. Quand on a bien lu ce mythe
de la caverne on tire soi-même la
conclusion que : « La
connaissance est rationnelle autant que l’opinion est irrationnelle ».
Machiavel Niccolo
Machiavelli (1469-1527)
Homme
politique, diplomate, penseur et écrivain italien né à Florence. Il fut Secrétaire
de la République de Florence.
Il
est présenté par bon nombre comme le fondateur de la raison d’Etat en
politique. Il s’est attelé à établir les connexions entre les différentes
sollicitations qui habitent l’être humain. Il a établi que l’acquisition
et la conservation du pouvoir répondent d’une dimension qui dépasse la
doctrine politique. Que donc l’action doit partir de l’identification
objective des faits portés par les événements et que c’est le seul fruit de
cette analyse qui doit commander l’action et non les observations brutes ou
encore les règles d’une doctrine politique fusse-t-elle la plus élaborée
qui soit. Machiavel exclut la morale comme critère de jugement.
C’est
ce qui fait que celui qui, en politique ou dans d’autres cadres de décision,
agit en ne retenant des faits et des principes que ce qui sert ses objectifs est
traité de machiavélique ou fait du machiavélisme. Une politique
machiavélique est celle qui fait abstraction de toute morale. Il est
inutile de dire à quel point les théories de Machiavel
ont encore de l’avenir.
Son
ouvrage le plus célèbre est Le Prince écrit en 1513 mais publié en
1532. La raison qu’il ait attendu de ne plus être aux affaires pour écrire
ces théories (République de Florence renversée par les Médicis en 1513) est
de toute évidence.
Thomas
More (1478-1535)
Nommé
Chancelier du Royaume d’Angleterre par Henri VIII en 1529. Fut disgracié en
1532 et exécuté en 1535 pour avoir désavoué Henri VIII pour son divorce qui
sonna la réforme.
Il
a écrit un ouvrage célèbre Utopia (l’utopie)
en 1516.
Est
dit utopiste (qui fait de l’utopisme) celui qui projette une société
répondant à un idéal total dont la rigueur est imaginaire et demeure
inaccessible. Les utopistes sont des rêveurs.
Les
autres utopistes sont notamment : Saint-Simon, Fourrier, Huxley. Leur ancêtre
est bien entendu Platon. La référence est sentimentale par opposition au
scientifique tel que le prônera le socialisme scientifique, qui en réalité
n’était lui-même qu’utopique et n’était scientifique que pour ses
inventeurs.
NB :
Comme par hasard Machiavel et Thomas More
sont aussi contemporains que situés aux antipodes en ce qui concerne leur
conception de la politique. Alors que Machiavel ne fait aucun cas de la morale
et du sentiment Thomas More et les autres utopistes mettent les deux valeurs en
avant. On trouvera, quelques siècles plus tard, des doctrines contemporaines et
aussi positionnées aux antipodes les unes des autres.
Thomas
Hobbes (1588-1679)
Philosophe
anglais qui prônait que l’homme deux réalités essentielles habitent l’être
humain : les passions et la crainte. Et comme la plus grande crainte de
l’homme est la peur de la mort qu’exploiteraient les religions, il préconise
d’asservir la théologie à la politique.
De
plus il préconise que pour le bien de tous chacun doit céder son droit de
gouverner à un pouvoir pouvant être absolu. Tant et si bien qu’il trouve que
c’est dans l’ordre des choses que l’Etat puisse apparaître comme un
monstre et que l’homme soit un loup pour l’homme.
Quand
alors on parle de la société hobbesienne il s’agit pratiquement du règne de
la jungle, d’une matsyanyanya comme on l’appelle en Inde.
NB :
Les anarchistes prendront exactement le contrepied quelques siècles plus
tard
John
Locke : (1632-1704)
Médecin
et philosophe anglais. Il s’érige à la fois contre les idées de Hobbes
(pouvoir pouvant être absolu) et celles de Descartes (idées innées). A la
place des idées innées (Descartes) il place l’empirisme de l’expérience
ou du vécu. A la place du pouvoir absolu réduisant les êtres humains en
sujets (Hobbes) il dit que le souverain doit obéir à des lois faute de quoi le
peuple se révolte et avec raison.
John
Locke est considéré comme le père du Libéralisme. Ses
principaux ouvrages sont : Lettres sur la tolérance(1689) ; Essai
sur l’entendement humain (1690) ; Traité sur le gouvernement civil
(1690).
Pour
John Locke l’Etat n’a de raison d’être que pour garantir la propriété
et des valeurs comme la liberté et l’égalité. Il ne vient pas de Dieu mais
des hommes. De sorte que tout absolutisme est intolérable qu’il vienne du Roi
ou des hommes.
NB :
Moins de deux siècles plus tard d’autres penseurs viendront prôner
pratiquement la Dictature du prolétariat. L’Internationale dira :
« Nous ne sommes rien et soyons tout ».
Montesquieu (1689-1755)
Charles
de Secondat, Baron de la Brède et de Montesquieu, juriste, philosophe et homme
politique français. Il a écrit beaucoup d’ouvrages mais le seul qui devint
très célèbre est L’esprit des lois (1748). Et c’est ce texte, écrit
par un originaire de l’aristocratie français qui inspira la Constitution de
1791. Qui l’eut cru ?
On
retiendra deux choses de l’esprit des lois : les lois doivent
incarner des rapports nécessaires ; l’esprit des lois repose sur le fait
que la société est un tout et les lois doivent toujours tenir compte de cette
dimension ; seul un pouvoir peut contrebalancer un pouvoir de sorte que
Montesquieu préconisa la séparation des pouvoirs.
Tocqueville
(1805-1859)
Charles
Alexis Clérel de Tocqueville, juriste, historien et homme politique français.
C’est cet originaire de l’aristocratie qui professa que la démocratisation
était irréversible, qui prôna l’omnipotence de la
majorité et qui souligna le rôle de la presse et des
associations de citoyens. Ses principaux ouvrages sont : De la démocratie
en Amérique(1835-1840) ; L’ancien régime et la Révolution(1856).
Le premier ouvrage devint la référence des théoriciens du libéralisme
politique.
Marx
(1813-1883)
Philosophe
et économiste allemand qui étudia aussi le droit. Il a recouru à la
dialectique de Hegel pour réfuter les thèses philosophiques hégéliennes. Ses
ouvrages et son action lui valurent rapidement d’être expulsé de l’Allemagne,
son pays natal et de la France. Et c’est en Angleterre qu’il s’installa définitivement.
Ses
ouvrages célèbres sont : Misère de la philosophie (1847) ; Manifeste
du parti communiste (1848) ; Critique de l’économie politique (1859)
et last but not the least Le capital (1867)
Pour
Karl Marx dont la doctrine est le matérialisme historique (scientifique), l’histoire
humaine et son moteur est uniquement la lutte des classes et les rapports de
production ; l’économie est donc la seule réalité première ; le
reste est la superstructure (lois, religions, politique…) qui n’a aucune
autonomie d’existence par rapport à l’économie. L’objectif ultime de sa
doctrine est donc l’abolition des classes et de l’exploitation que la lutte
qui les oppose sous-tend. De sorte qu’une fois que ces classes auront disparu
l’Etat lui-même disparaîtra car n’ayant plus de raison d’être.
NB1:
Cinq ans après la mort de Karl Marx, un certain Russe nommé Vladimir Ilitch
Oulianov alias Lénine, embrassait les théories de Marx qui lui occasionnèrent
une déportation en Sibérie. C’est en 1902 qu’il écrivit « Que
faire ? »où il prôna la mise en place du pouvoir révolutionnaire
centralisé. Et prétendant
appliquer les thèses de Marx qui projetait à long terme la disparition de l’Etat,
les marxistes ont plutôt créé l’Etat omniprésent et omnipuissant :
les systèmes dits totalitaires.
Les
marxistes n’ont rien compris aux théories de Marx qui étaient loin d’être
à la portée des simples autodidactes et des illettrés. Et quand bien même
ils auraient compris, ils auraient été pris au piège du fait que ce matérialisme
que Marx disait scientifique était plutôt utopique quant aux changements
sociaux escomptés.
NB2 :
Récupéré par les capitalistes, le libéralisme politique initié par John
Locke et d’autres donna lieu au libéralisme économique. Lequel, bien entendu
à des fins différentes du marxisme, prônait la réduction au silence de l’Etat
mais pas totalement mais en le réduisant à quelques tâches strictement nécessaires.
Aujourd’hui
nous assistons à un véritable paradoxe : Poussé à l’extrême, le libéralisme
économique qui est devenu le capitalisme de l’intégrisme des marchés[2]
et donc une véritable jungle a abouti à la Globalisation économique, le règne
sans partage de la finance.
Ainsi
et contre toute attente le libéralisme économique est en train de réaliser
la tâche que s’était fixé son frère ennemi, la disparition de l’Etat
bien entendu non pas au profit de l’autonomie des ouvriers et autres
travailleurs mais pour la suprématie de la finance et des multinationales qui
sont en train d’effacer les frontières des Etats.
La
fin des doctrines : Après
plus de deux siècles de compétition entre le marxisme et le libéralisme économique,
le plus terre à terre et moins utopique a gagné et le marxisme a disparu de la
scène.
Aujourd’hui
les étiquettes des partis ne sont plus que pure affiche électorale. Aux
Etats-Unis, un candidat à la Maison Blanche n’a aucune chance d’être élu
sans qu’il ait reçu le soutien des hauts barons de la finance. Ce qui
explique notamment que le régime Clinton a eu une politique africaine d’une
agressivité qu’on avait jamais connu durant les pouvoir républicains réputés
plus conservateurs.
Le
travailliste Blair n’y est pas allé par quatre chemins et déclara qu’il
faut adopter ce qui donne des résultats. Après l’arrivée des Socialistes
aux affaires en France on reprocha, chiffres à l’appui, au gouvernement
Jospin de n’être de gauche que par le nom et d’avoir privatisé plus que
les deux gouvernements de droite précédents. En Italie Berlusconi a littéralement
privatisé l’Etat.
Aujourd’hui
c’est l’avènement du règne de la finance et la fin des idéologies. Il
n’y a pas longtemps on a assisté à une première mondiale. Les barons de la
finance ont directement conduit un coup de force au Venezuela pour s’emparer
du pouvoir par un putsch. Autrefois la finance se plaçait derrière les
putschistes. Aujourd’hui elle se place devant et à visage découvert.
La
question est maintenant de savoir ce que seront les partis politiques demain et
que restera-t-il de la démocratie.
3.
PARTIS POLITIQUES ET DEMOCRATIE
3.
1. Qu’est-ce qu’un parti politique ?
Dans
l’accession contemporaine( nous avions défini l’accession étymologique) la
politiques est tout ce qui attrait aux affaires de l’Etat. Dès lors un parti
politique est un rassemblement autour d’un programme visant l’accession à
la gestion des affaires de l’Etat.
Dans
les pays démocratiques le sens étymologique a quelque peu été conservé. On
fait la politique aussi naturellement qu’on pratique d’autres activités. De
sorte que dans ces pays un parti politiques est une association comme une autre.
Mais dans les dictatures ou les pseudo démocraties d’Afrique et d’ailleurs
le parti politique est finalement placé en dehors de ce qu’il est censé être :
un cadre d’épanouissement de ceux qui y mènent le débat.
Comme
le mot l’indique adhérer à un parti politique c’est « prendre parti »
pour son programme ou son projet. Ainsi donc, les partis uniques qu’on a
connus en Afrique et ailleurs dans les dictatures et dont on faisait partie de
naissance ( les partis-Etats) n’étaient pas en réalité des partis.
Par
ailleurs dans un parti unique ce sont les membres qui concourent à l’intérieur
pour prendre les commandes du parti et par là celles de l’Etat. Ainsi, le
parti lui en tant que tel ne concourt pas et n’a donc pas besoin de programme
politique.
3.2.
Les pa3.2. Les partis politiques dans un système démocratique
Dans
un système démocratique où le pouvoir est exercé par des élus du peuple se
prononçant lors d’un suffrage universel libre, le parti politiques se définit
alors comme une organisation dotée d’un programme et concourant à la gestion
de l’Etat par le biais du suffrage universel.
Ainsi,
au Burundi actuellement, et conformément à ces définitions, il n’y a pas à
proprement parler de partis politiques au Burundi dans la mesure où la gestion
des affaires de l’Etat ne passe pas par le suffrage universel pour les raisons
que l’on connaît et que visiblement ce qui préoccupe les acteurs politiques
est uniquement d’être associés au pouvoir sans demander quel programme de
gouvernement on va exécuter et avec qui comme partenaire.
Je
préviens tout de suite que la situation de guerre ne peut servir de prétexte.
Il s’agit d’une occasion particulière où se manifeste l’absence de
foi en l’alternative démocratique qui fonde le suffrage universel. Le
parti qui gagne les élections une fois s’installe au pouvoir pour l’éternité
et va jusqu’à frauder les élections ou provoquer la guerre pour conserver le
pouvoir.
C’est
une perversion qui existe là où la culture démocratique n’est pas profondément
enracinée. En Côte d’Ivoire, quand le Général Guéye et les autres
putschistes ont pris le pouvoir le Secrétaire Général du PDCI (Parti Démocratique
de Côte d’Ivoire) a été interrogé par la presse si son parti était prêt
à entrer au gouvernement des putschistes. Il a répondu : « Bien
sûr, le PDCI est un parti de gouvernement ».
Et
si tous les cadres du PDCI pensaient ainsi, cette organisation ne serait pas
digne d’être appelé parti politique et encore moins démocratique. Car tout
se passe alors comme si le programme politique se trouve accroché dans les
enceintes du gouvernement et que les partis y vont pour l’exécuter. Alors que
ce sont les partis qui doivent venir avec leur programme u gouvernement après
qu’il ait reçu l’aval de l’électeur.
Au
Burundi je connais des membres de la mouvance présidentielle décapitée qui étaient
prêts à entrer au pouvoir des putschistes du 21 octobre 1993. Dans la matinée
du 21 octobre 1993, une dame a demandé, devant des voisins, à son mari ce
qu’ils allaient recevoir comme postes.
4.
LE DEBAT DU 14 DECEMBRE 2002
Il
s’agit de mettre sur le tapis quelques questions :
1.La
survie de la démocratie face à l’avènement du pouvoir absolu des
multinationales et de leurs agences
-
Quelle est, dans l’avenir, la portée du suffrage universel ?
-
Quelles sont les raisons de l’essoufflement de la démocratie dans les
pays avancés ? Y a-t-il encore suffrage universel dans ces pays ? Au
deuxième tour des suffrages ce sont les indécis constituant quelques pour
cents qui détiennent la clé de l’issue des votes ? Est-ce parce que ces
pays ont atteint un degré très élevé de richesses qu’il s’installe un
certain atavisme ?
2.Pays
pauvres et émergents
-
Face à la globalisation (mondialisation) quelle autonomie de
gouvernement restera entre les mains des gouvernements locaux ? Lesquels étaient
déjà peu respectueux des intérêts de la population.
-
Quelles sont les ingrédients d’une culture démocratique véritable
qui ne sont pas encore à l’œuvre dans les pays sous-développés comme le
Burundi ?
-
Quand le Burundi sortira de la guerre quelle sera la reconfiguration
politique incontournable pour un redressement durable du pays ? Devra-t-on
pérenniser une arène politique de genre partis alimentaires ?
-
Comment construire une société civile qui ne soit pas l’actuelle
succursale des partis politiques ?
[1]
IVO Rens : Histoire des doctrines politiques, cours dispensé à l’Université
de Genève 1998-1999
[2]
George Soros : La crise du capitalisme mondial, l’intégrisme des marchés,
Ed. Plon 1998
@AGNews
2002
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